F COMME FRERES

Markus et Lukas ont une mère cinéaste. Une chance ? Pour nous certainement. Celle de découvrir un film qui traite des relations entre frères au sein de la famille, Pour eux c’est pas tout à fait la même chose. Être filmé constamment, dans les moindres faits et gestes de la vie de tous les jours, finit par être un peu étouffant. Mais que ne supporterai-on pas pour faire plaisir à sa mère.

Aslaug Holm a donc décidé dès la naissance de ses deux enfants de les filmer en continu (pendant huit ans en fait) et de faire un film de leur vie. La masse de rushs impose bien des choix drastiques. Le premier est bien évidemment le regard attendri de la mère sur la vie quotidienne, les petits événements de tous les jours qui resteront des souvenirs pour elle inoubliables. Les jours heureux en vacances par exemple, à la mer, dans la vieille maison où elle a elle-même passé une partie de sa jeunesse. Et puis aussi les moments charnière de l’enfance, ceux où l’on grandit, le passage à l’adolescence, les heurts entre les deux garçons et avec les parents. Des moment où bien des familles peuvent se reconnaître.

Les deux frères ne sont pas vraiment traités à égalité dans le film de leur mère. A l’évidence, le plus petit, Lukas, est privilégié, quantitativement s’entend. On le suit plus particulièrement à ses six ans, au moment où il entre à l’école. Un grand passage filmé avec tous les stéréotypes convenus. Le comportement de Lukas est alors bien particulier. Il se complaît à faire concurrence au Schtroumpf grognon. Il n’aime pas l’école, il n’aime pas sa maîtresse, il n’aime pas le football, il n’aime pas son entraîneur (son propre père), il n’aime pas son frère qui le commande sans arrêt, il n’aime pas sa mère qui n’arrête pas de le filmer. Sa litanie est interminable. Cela aurait pu mal tourner. Mais il n’en est rien. Dans l’enfance de Lukas, il ne s’agit que d’une crise d’adolescence avant l’âge. Tout rentrera dans l’ordre peu à peu. Et pour l’aîné, le seul problème qu’il semble rencontré est de savoir si son père finira par accepter sa nouvelle coupe de cheveux.

Au fond, ce film est rassurant. Dans un monde où la violence est omniprésente, jusque dans la cellule familiale, il existe encore des havres de paix. Le bonheur familial existe, dans certaine région du monde en tout cas.

Brothers, un film de Aslaug Holm, Norvège, 2015, 110 minutes.

Visions de réel 2016, Grand Angle.

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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