B COMME BERGMAN Ingmar.

A la recherche d’Ingmar Bergman, Margarethe Von Trotta, Allemagne, 2018

Pour faire le portrait d’un cinéaste.

Présenter la vie et analyser l’œuvre d’un cinéaste, connu et reconnu, dont il pourra être dit que c’est incontestablement l’un des plus grands.

Margarethe Von Trotta a effectivement connu Bergman. L’enquête qu’elle nous propose (c’est le titre de son film qui nous dit qu’il s’agit d’une enquête), ne peut qu’être en même temps un hommage, chargé d’admiration. Un portrait donc où l’intime tiendra une bonne place. Un portrait personnel, même s’il utilise des ingrédients qu’utiliserait tout cinéaste se lançant dans ce type d’aventure. Des ingrédients attendus – convenus -, dont l’absence serait nécessairement perçue comme un manque – voire une faute.

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Quels sont donc les ingrédients qu’utilise Von Trotta dans ce portrait de Bergman ? En dresser la liste constitue en quelque sorte l’inventaire des ressources que le cinéma peut mobiliser pour parler du cinéma – avec des moyens cinématographiques.

Des images donc.

D’abord des photos. Bergman enfant, Bergman adolescent, Bergman jeune adulte, Bergman cinéaste, à ses débuts puis tout au long de sa carrière, jusqu’à la consécration. Et la vieillesse. Des photos de Bergman dramaturge aussi, auteur de pièces de théâtre et metteur en scène. Des images montrant donc l’homme, souvent en gros plans. Des images qui visent à faire connaître, physiquement, un homme qui n’est pas vraiment désigné – pas encore – comme étant un cinéaste.

Le cinéaste apparaît plutôt dans des images filmiques, archives issues ici le plus souvent des fonds de la télévision (il y a semble-t-il peu d’archives personnelles ou familiales de Bergman). Il s’agit presque exclusivement d’extraits d’interviews ou d’entretiens télévisés, où Le cinéaste parle d’un de ses films, ou d’un moment de sa carrière. Se dessine ainsi une sorte de puzzle de l’œuvre, dont le spectateur devra reconstituer la logique et l’unité. Tâche assurément peu aisée à effectuer, surtout pendant le visionnage du film.

Des images filmées sur les lieux où Bergman a vécu, ou séjourné, plus ou moins longtemps. Des images réalisées pour le besoin du film actuel. Des images où Bergman n’est pas présent. Des images où M Von Trotta peut par contre se mettre en scène elle-même, renforçant ainsi la proximité, voire la connivence avec le cinéaste,  qu’elle veut visiblement affirmer.

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Des extraits des films de Bergman (de tous ses films ?) Des extraits courts, identifiés par le titre du film dont ils sont issus (et l’année de sa réalisation), mais donnés comme significatifs de celui-ci. L’impression de puzzle est alors nettement renforcée. Certains de ces extraits sont commentés par M Von Trotta elle-même, comme c’est le cas pour la séquence inaugurale du Septième sceau, qu’elle décortique plan par plan.

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Des images filmiques de Bergman au travail. Sur un plateau de cinéma ou sur une scène de théâtre lors de répétition. Bergman dirigeant ses acteurs, surtout ses actrices. Dimension du travail du cinéaste sur lequel Von Trotta s’arrête beaucoup plus que sur ses interventions auprès de l’équipe technique.

Enfin, des rencontres-entretiens avec des cinéastes, suédois, allemands et français, des « spécialistes » de son œuvre, critiques ou universitaires, des femmes et des hommes qui ont connu Bergman, ses actrices favorites tout particulièrement. Tous se montrent admirateurs de l’œuvre de Bergman. Certains en font ressortir des aspects marquants, sa noirceur ou son pessimisme par exemple. Mais il faut bien reconnaître que l’analyse n’est pas vraiment traitée en profondeur. (Mais cela est-il possible dans un film ?)

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Le film se présente comme une enquête menée par Margarethe Von Trotta elle-même (très présente à l’écran). Il a donc une tournure très personnelle. Mais fait-elle de réelle découverte ? S’il ne revendique pas un statut théorique, il n’est pas vraiment non plus un travail historique.

Pour les plus jeunes spectateurs il y a là quand même une bonne occasion de découvrir un cinéaste important. Pour les autres resurgiront sans doute de vieux souvenirs de la découverte des premiers films d’Ingmar Bergman.

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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