P COMME PRINCE.

Un jour mon prince viendra, Marta Bergman, Luxembourg, Belgique, 1997, 76 minutes.

La solitude. Une solitude insoutenable. Une solitude qui brise une vie. Une solitude qui est un vide d’amour, de sentiment.

Le film donne la parole à trois femmes qui, depuis leur séparation et leur divorce, sont seules – se vivent seules – et ne supportent plus cette solitude. Pourtant elles ont un emploi, une famille, des enfants. Mais elles sont seules, sans mari, sans homme pour les aimer.

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Pourtant, elles font des efforts pour trouver celui qui sera répondre à leur attente. Oh, pas dans leur entourage. Elles n’envisagent pas non plus le coup de foudre dans la rue. Le Prince qui doit venir, s’il vient, viendra de loin, d’un autre monde, d’un monde totalement différent de celui dans lequel elles vivent. Nous sommes en Roumanie, après la chute du bloc soviétique. L’Occident a toujours fait rêver et représenté le monde meilleur. Maintenant il devient accessible. Le rêve serait-il à portée de main ? Elles sont prêtes à partir en Italie, ou en Belgique. Dans un de ces pays riches où il fait bon vivre, à n’en pas douter.

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Elles vont donc écumer les petites annonces et fréquenter les agences matrimoniales. Elles consultent d’épais dossiers, choisissent des photos, écrivent des lettres et attendent des réponses. Si elles en reçoivent, s’engage une correspondance plus ou moins longue. Parfois le choix est difficile. Entre un architecte et un homme d’affaire, qui choisir ? Mais aucun des deux ne poursuit la correspondance. Amère désillusion.

Car le film est d’un pessimisme désespérant. Aucune des trois femmes ne trouve le Prince attendu. Elles finissent même par se décourager, par prendre leur solitude en patience, et se voient vieillir dans cette petite vie étriquée qui n’a vraiment rien de jouissif. Comme quoi le bonheur n’est pas offert à tout le monde.

Plus de 20 ans après ce documentaire, Marta Bergman réalise un second film sur le même thème, une fiction cette fois, Seule à mon mariage. Ici l’héroïne quitte la Roumanie pour venir en Belgique où l’attend un mariage qui ne peut que la combler. Et pourtant la désillusion est là aussi au rendez-vous. Est-ce à dire que le bonheur est inaccessible pour ces femmes qui se bercent d’illusions en croyant que les princes existent dans notre monde.

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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