A COMME AMERINDIENS – Etats-Unis.

Seekers. Aurore Vullierme, France, 2019, 77 minutes.

Qu’une cinéaste française se penche sur les problèmes des amérindiens aux Etats-Unis, voila qui est significatif de la volonté des cinéastes de l’hexagonal, et en particulier des femmes documentaristes, de prendre position en faveur, et de défendre les droits des minorités partout dans le monde. Un souci qui n’est peut-être pas si présent dans le cinéma outre-Atlantique…

Dans Seekers, Aurore Vullierme fait le portrait d’un amérindien, Léon K. Reval, vivant dans la réserve des Apaches Jicarillas au Nouveau Mexique. Un portrait très intimiste, qui sonde les profondeurs de l’âme de Léon, et qui pénètre dans l’intimité de sa vie, familiale et public. Un portrait plein de sympathie. Mais avec un ton quelque peu désabusé, teinté de tristesse et de regret.

C’est que le film commence à un moment particulier de la vie de Léon : le soir des résultats des élections tribales. Léon n’est pas réélu. Il ne siègera plus au Conseil, auquel il avait consacré tant d’années de sa vie. Il se sent comme dépouillé de son être, de ce qui constituait le sens de sa vie. 

« La vie continue » dira-t-il plusieurs fois à ses amis. Mais on sent bien que ce sera difficile. D’autant plus qu’il n’a plus d’emploi et sa vie de famille ne l’occupera certainement pas à plein temps. Même si en bon père il donne beaucoup de soin – et d’amour – à ses trois enfants, dont un est handicapé – qu’il élève seul. Une longue séance le montre discuter au petit déjeuné avec sa fille ainée et lui donner des conseils pour pouvoir affronter l’avenir. Comme pour tous les membres de la communauté Jicarillas, rien ne semble assuré pour elle. L’intégration, quasiment forcée, dont ces enfants ont fait l’objet, est-elle une réussite ?

Au-delà de la situation de Léon et de sa famille, le film est une plongée au cœur de cette communauté Apache. Le rodéo, la chasse, la course de chevaux, le carnaval, la fête locale, des moments de vie traditionnels où la politique semble mise de côté. Pourtant, le discours de la « Miss Jicarillas » est un vibrant appel à la solidarité et à la mobilisation. Et ce n’est pas un hasard bien sûr si le film commence et finit par des images d’archives résumant parfaitement la situation des amérindiens. Au début, des enfants en blouse d’écoliers chantent une comptine en anglais. A la fin, une manifestation tourne à l’affrontement violent avec la police. Face à l’incertitude de l’avenir, le recours aux valeurs de la culture ancestrale n’est-il pas la seule possibilité de survie ?

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s