L COMME LETTRES D’AMOUR.

Bella. Thelyia Petraki, Grèce, 2020, 25 minutes.

Un film épistolaire. Du moins dans la bande son. Une femme écrit à son mari. Plusieurs lettres qui nous sont données en voix off. La voix de la femme. Comme si elle était en train de les écrire. Une voix qui dit tout ce qu’elle peut ressentir, ses sentiments, ses attentes, ses espoirs, ses désirs, ses doutes, ses craintes et ses préoccupations matérielles. Car ces lettres sont ancrées dans la vie quotidienne, sa vie et celle de sa famille. Une vie où les problèmes économiques deviennent de plus en plus importants. Une vie où les questions d’argent sont omniprésentes. Où l’inquiétude de savoir comment joindre les deux bouts devient vite de l’angoisse.

Pourtant ces lettres sont aussi des lettres d’amour. Elles sont écrites dans le cours d’une histoire d’amour. Une histoire évoquée par bribes. Mais qui tend à prendre peu à peu la première place. Une histoire vécue à distance, puisque le couple est séparé, lui étant parti en URSS (pour son travail ?), elle étant restée en Grèce.  Une histoire dont nous verrons quelques images, dans une chambre d’hôtel, des images reconstituées, jouées, des images de fiction.

Pour le reste du film on pourrait presque dire que les images vivent leur vie à part. A part de la bande son. Bien sûr on voit souvent l’auteure des lettres. On la voie dans sa vie familiale, où il semble que ce soit le fils ainé qui filme. Nous suivons d’ailleurs ainsi, dans ces archives familiales, les péripéties de la vie de la famille, des enfants en particulier. Mais aussi de la vie sociale, des rencontres avec les amis. Mais cers images qui renvoient directement à la bande son, sont systématiquement mélangées avec des images qui ont une dimension générale, des images d’actualité issues de la télé par exemple, ou des images quasi touristiques., ou des images à dimension historique, Tchernobyl ou le mur de Berlin, Reagan ou Gorbatchev. L’histoire personnelle, dans ce pays en crise qu’est la Grèce, ne peut avoir de sens que resituée dans l’histoire mondiale.

Vision du réel 2020.

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s