SHABU.

Shabu. Shamira Raphaëla, Pays Bas, 2022, 76 minutes.

Un film sur un adolescent, insouciant, passionné de musique – batterie et rap – et qui passe beaucoup de temps sur son smartphone. Des clichés inévitables. Sans parler des bêtises qu’il ne manque pas de faire. Comme d’avoir pris la voiture de sa grand-mère, à 14 ans, et de l’avoir quasiment détruite. Il devra donc passer ses vacances à essayer de gagner quelques sous pour rembourser la réparation.

Cette tâche occupe la majeure partie du film. D’abord Shabu va confectionner des glaces à l’eau – plutôt facile – et les vendre dans la cité où il réside avec sa famille – des immigrés venus du Surinam, ancienne colonie néerlandaise – ce qui se révèle très vite long et fastidieux. Alors il accepte de faire de la manutention dans une supérette – mais c’est bien trop fatiguant. Il est clair qu’il ne verra jamais la fin de son calvaire. Sauf qu’il a l’idée de génie : faire une fête musicale où tous les jeunes de son quartier – Peperklip, banlieue de Rotterdam – accepteront bien de payer quelques euros pour s’éclater en rythme. Shabu triomphe enfin. Et le héros d’un soir peut bien devenir le héros d’un film.

Le film en question est annoncé comme un documentaire. Il n’a pourtant surtout pas l’air d’en être un. Shabu y est omniprésent, filmé sous tous les angles, surtout en gros plan et toujours en mouvement et jouant de ses baguettes de batteur sur toutes les surfaces métalliques à sa portée. Des plans brefs. Un montage rapide. Nous sommes dans un film des plus colorés. Shabu s’habille souvent en rose et même les immeubles circulaires du quartier oublient d’être gris. Un teen movie en somme où tout se finit bien. Shabu se réconciliera avec sa grand-mère adorée et pourra pleurer tout son soul blotti dans ses bras.

On peut quand même voir dans le film une immersion dans cette famille d’immigrés qui semble parfaitement intégré, avec cette grand-mère véritable patriarche. Beaucoup de plans de coupe nous donnent aussi une bonne vision du quartier où les immeubles semblent plus récents les uns que les autres. Une banlieue exemplaire ? Et après tout, le couple formé par Shabu et son amoureuse et assez émouvant, lorsqu’ils sont blottis l’un contre l’autre en mangeant leurs sucettes.

On l’aura compris, ce film plaira surtout aux très jeunes spectateurs, à qui sans doute il est presque exclusivement destiné.

Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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