Les manies d’un père.

Retour avant 15 heures. Gaël Lépingle, France, 2026, 74 minutes

Fiche

Intention

L’évocation de son père décédé. Ses petites manies. Sa vie quotidienne. Ses habitudes, répétitives. Au point qu’on peut le qualifier de maniaque ou d’obsessionnel. Car il consigne tout, le moindre détail d’une vie banale, sans relief, sans imprévu.

Mise en œuvre.

 Ce père est personnalisé par un acteur. Le film propose quelques face à face entre le père et le fils, le cinéaste lui-même. Mais pour la plus grande partie des plans, il est seul à l’écran. Où il évoque (ou lit) ce qu’il a écrit de sa vie, de façon on ne peut plus précise. À telle heure, il était dans tel lieu. La promenade quotidienne, seul ou en compagnie de sa femme, a duré tant d’heures et de minutes. C’était où exactement et par quel type de temps ? Une sorte de registre météo.

Ce sont presque toujours les mêmes lieux qui sont filmés. De beaux plans au demeurant, sur la rivière. Un filmage banal, sans surprise, répétitif.

Évaluation.

La répétition des plans et surtout des indications de lieux, d’horaires et de temps (celui qu’il fait) court bien sûr le risque de susciter l’ennui chez le spectateur. Risque parfaitement conscient chez le cinéaste. Ne fait-il pas partie de cette vie, celle de son père qui, bien qu’ayant été un mathématicien universitaire de renom vit L’ennui de la retraite ? Une vie millimétrée comme du papier à musique, selon la formule courante.

Un film dont on ne gardera sans doute pas beaucoup de détails en tête. Sauf une impression générale. Au troisième âge, le temps (celui qui passe) ne peut que ralentir, voire s’arrêter tout à fait. N’est-ce pas le destin universel?

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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