La liberté ne meurt jamais. Chroniques Ukrainiennes. Damien Catera, France, 2024, 52 minutes.
Dès 2022, dès l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Poutine, le cinéma documentaire se devait d’aller sur les lieux, pas seulement pour rendre compte de l’avancée des troupes russes et des dégâts causées dans les villes par les bombardements, mais surtout pour rencontrer les Ukrainiennes et les Ukrainiens, pour rendre compte de leur souffrance, de leurs deuils, de leurs conditions de survie et de leur désir de paix , dans cette guerre qui ne faisait que commencer et qu’ils ne peuvent certes pas imaginer interminable.
C’est tout le sens de ces « chroniques ukrainiennes » dont le titre – magnifique – est un cri de révolte et d’espoir contre toutes les tyrannies. Des rencontres donc avec des habitants de ce pays meurtri, des femmes et des hommes simples qui ne font pas de grandes théories sur la géopolitique, mais dont la parole a une portée inestimable dans le contexte mondial de ce conflit dont ils sont tout simplement les victimes innocentes.
Nous rencontrons donc successivement :
- Un artiste de Galicie qui peint des icônes religieuses envoyées soldats sur le front, façon de montrer aussi l’importance du recours à la religion pour surmonter l’angoisse de la guerre ;
- Une professeure de piano qui enseigne la musique aux enfants traumatisés par la guerre, comme quoi l’art a un rôle important à jouer dans le soutien psychologique apporté à la population ;
- Un volontaire britannique enrôlé dans une unité de déminage et de neutralisation d’autres explosifs aux cotés de la police ukrainienne ;
- Une violoniste de Kharkiv qui interprète des sonates dans des immeubles en ruine pour surmonter la peur qui s’installe quotidiennement ;
- Un garde forestier qui, devant la barbarie des hommes, préfère risquer sa vie pour sauver des chiens. Les animaux blessés ont eux aussi besoin de soins, façon de souligner le réconfort qu’ils peuvent apporter aux hommes.
Toutes ces rencontres sont bien sûr chargées d’émotion, mais aucun de ces protagonistes ne se laisse submerger par la haine des assaillants. Ils ne sont pas non plus résignés à un sort si tragique. Une grande leçon d’humanité.

