G COMME GUERRE

Qui fait la guerre à Daesh ? Entre autres, les Kurdes du PKK. Et en particulier un groupes de femmes, un bataillon dirait-on en termes militaires. Elles sont jeunes, jolies, toujours souriantes. Et leur uniforme tout neuf leur va si bien. Elles manifestent une joie de vivre à toute épreuve. Même des les moments de combats. Car elles luttent pour leur survie, pour leur vie tout simplement. Une lutte pour la liberté bien sûr, pour leur libération, en tant que femmes.

Le film que la cinéaste d’origine kurde vivant au Québec où elle a fait ses études de cinéma, Zayne Akyol , leur consacre n’est pas un film idéologique. Il ne comporte pas de déclarations officielles, de justifications des positions prises ou de l’engagement des combattantes. Les montrer dans leur détermination suffit. Le film les montre de très près. La caméra est toujours placé au sein de leur groupe, elle en devient même le centre. Et la cinéaste en assume les risques. Mais l’on sent bien que cela n’est pas qu’une position de cinéaste ; c’est aussi une engagement de femme. Car si le film se fait en quelque sorte l’avocat de la lutte des Kurdes, il est beaucoup plus engagé au côté de la lutte de ces femmes, dans un contexte qui leur est on ne peut plus hostile. Et il réussit parfaitement à préserver leur féminité, jusque dans la dimension militaire de leur combat. Seule une cinéaste pouvait sans doute réussir cela aussi bien.

On passe ainsi de l’entraînement physique à l’apprentissage du maniement des armes, jusqu’au moment de tension dans l’observation la nuit des positions de l’ennemi. L’affrontement est imminent. Nous ne le verrons pas. Les combattantes préviennent la cinéaste et l’engagent à ne pas mettre sa vie en danger. De toute façon le projet du film n’est pas de devenir un film de guerre. Il est avant tout un cri d’espoir dans un avenir meilleur.

Il fallait beaucoup de courage et de détermination pour réaliser un tel film. Il fallait aussi avoir une vision parfaitement claire de ce qu’est un film documentaire et de ce qui le distingue du reportage télévisé. Car le risque était grand d’en rester à une vision superficielle du conflit ou de prétendre dégager d’un seul coup la vérité du problème kurde. Zayne Akyol évite ces écueils en centrant son propos sur la lutte des femmes. Par là, elle montre aussi que le cinéma documentaire ne peut pas mettre de côté l’émotion, qu’il doit même la susciter chez le spectateur pour le faire participer à son propos. Il n’y a sans doute pas de meilleurs moyens de comprendre une situation complexe que de la vivre de l’intérieur, et c’est cela que nous propose aujourd’hui bien des cinéastes qu’on peut alors qualifier d’engagés.

Gulistan, land of roses de Zayne Akyol, Canada, Allemagne, 2016, 86 minutes

Visions du réel, compétition internationale longs métrages

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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