P COMME POLITIQUE

Quand les cinéastes s’attaquent aux dirigeants de leur pays, quel poids politique peut avoir leur film ?

Deux exemples : Michael Moore contre Bush et Sabrina Guzzanti contre Beslusconi

La méthode Michael Moore (Farhenheit 9/11, 2004).

Pour Moore il s’agit de démasquer les hommes politiques, leurs mensonges, leurs contradictions, en un mot leur malhonnêteté. Et donc rétablir la vérité contre les versions officielles et celles des médias qui ne valent pas mieux.

Intervenant dans la campagne électorale, son projet est explicitement d’empêcher la réélection de G W Bush. Pour cela il entreprend, à partir d’images d’actualité de montrer l’incompétence du Président sortant. Les images des vacances pendant l’été 2001 montrant Bush jouant au golf, sur son bateau ou « jouant au cowboy » dans son ranch au Texas, parlent d’elles-mêmes. Et surtout les images du 11 septembre, lorsque Bush en visite dans une école apprend les attentats sans réagir. Pour Moore ces images montrent clairement qu’il ne comprend pas immédiatement l’ampleur de l’évènement.

De sa première élection contestée jusqu’à la guerre en Irak en passant par la protection dont jouit la famille Ben Laden après les attentats du 11 septembre, le Patriot act, la guerre en Afghanistan, la « grande coalition » contre l’Irak et les bombardements de Bagdad, c’est toute le premier mandat de Bush qui est passé au crible de la critique. Et le Président ne peut en  sortir indemne.

La méthode Sabrina Guzzanti (Draquila, L’Italie qui tremble, 2010).

Berlusconi ? Un pantin gesticulant devant les caméras, ne pensant qu’à sa propre image et à son enrichissement personnel ou celui de ses amis. Sa « gestion », en tant que président du conseil, des conséquences du tremblement de terre qui frappa les Abruzzes en 2009 et détruit presque totalement la ville d’Aquila en est la démonstration éclatante. Le séisme aurait-il être prévu, la population alertée en vue de minimiser les dégâts ? En fait, le gouvernement de Silvio Berlusconi, avaient alors d’autres chats à fouetter, la réunion prochaine du G8 devant se tenir en Italie. Une occasion rêvée par le Président du Conseil de pouvoir faire son numéro favori de star au milieu des grands de ce monde. Les pouvoirs publics viennent-ils en aide aux sinistrés ? Berlusconi donne les pleins pouvoirs à la « Protection civile » dirigée par un de ses amis et qui peut dès lors agir en dehors de toute référence aux lois. Puis il fait évacuer totalement le centre de la ville et annonce le lancement d’un programme de construction d’immeubles neufs dans un quartier nouveau. En attendant, les sinistrés sont hébergés dans des hôtels ou dans un village de toile. Une occasion comme une autre de gagner de l’argent dans une opération immobilière de grande envergure tout en valorisation l’action gouvernementale et ce Président toujours sur le terrain, aux côtés des citoyens. Pourtant Tout au long du film, les révélations de scandales se multiplient. La justice ne manque pas de travail. Draquila, Berlusconi dans le rôle du vampire et l’Italie dans celui de la victime.

Ces deux films ont-ils été efficaces sur le terrain politique ? G W Bush a été réélu et Berlusconi n’a pas été à cette époque traduit en justice. Mais l’image que retiendra l’histoire de ces deux personnages de film ne devrait pas être particulièrement brillante.

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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