M COMME MARSEILLE

Une image, un film. Marseille contre Marseille, série de huit films de Jean-Louis Comolli et Michel Samson.

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Un journaliste, Michel Samson, qui mène un entretien lors d’une campagne électorale. Mais on voit tout de suite qu’il ne s’agit pas d’une interview comme on en voit à la télé. Mener un entretien c’est créer une situation de communication. Ici on a bien affaire à un journaliste qui pose des questions, mais on est à l’évidence plongé dans un contexte cinématographique.  Les deux interlocuteurs sont face à face, ou plutôt côte à côte. Le visage du journaliste est marqué par l’attention, la concentration avec laquelle il suit la réponse faite à sa question. Derrière eux, une salle où se déroule un loto. Des hommes et des femmes sont assis autour de longues tables, se faisant face, alignées jusqu’à l’estrade qu’on devine au fond. De façon courante, on parle alors de mise en scène. Mais ce terme issu du théâtre n’est pas vraiment adapté ici. Car c’est bien plutôt d’un travail cinématographique qu’il s’agit. Un travail de mise en image, de réalisation. Une mise en image qui bien sûr situe le cadre (effectivement dans un cadre) où se déroule l’entretien, mais surtout qui lui donne vie, qui lui donne sa couleur (c’est une image très colorée) ; une image qui possède une atmosphère (ce que souligne fortement les bouteilles de bière visibles au premier plan).

Dans le film, Michel Samson interroge les personnalités politiques de Marseille, souvent avec exigence, demandant des précisions, s’arrêtant sur les détails qui peuvent avoir de l’importance. Ses interlocuteurs, ces hommes qui font la vie politique de Marseille, il les connait bien. Il les rencontres parfois dans un contexte difficile, réunion ou déclarations publiques, mais le plus souvent chez eux, dans leur bureau ou leur appartement, dans leur intimité. Dans des situations variées donc, choisies en fonction de la relation que les auteurs du film, le cinéaste et le journaliste, peuvent entretenir avec leur interlocuteur. Il n’y a jamais d’hostilité dans ses questions. Du coup, en dehors du cas particulier du Front National, ils apparaissent souvent comme sympathiques, des hommes et des femmes de conviction, engagés dans des luttes intenses, mais par rapport auxquelles ils savent prendre une certaine distance. Les coups bas, les coups tordus, c’est toujours les autres, le camp adverse, qui en sont les auteurs. Et tous bien sûr n’ont qu’un mot à la bouche, le bonheur des marseillais.

 

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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