E comme Ecologie

Des films militants. Qui prennent positions. Qui dénoncent. Qui tirent la sonnette d’alarme. Qui dressent des réquisitoires sans appel contre les multinationales et les puissances de l’argent qui n’hésitent pas à détruire notre environnement et à remettre en cause notre santé. Des combats pour sauver l’avenir de la planète et de ses habitants. Des procès dont on espère qu’ils pourront infléchir les politiques mondiales.

 Au banc des accusés :

–     En tout premier lieu, Monsanto (Le Monde selon Monsanto, Marie-Monique Robin, 2008.), entreprise chimique fondée en 1901 avant de se lancer dans l’agroalimentaire pour devenir le numéro 1 mondial de la biotechnologie. L’histoire de Monsanto est jalonnée de scandales en tout genre. Monsanto est sans doute la multinationale le plus critiquée, la plus décriée, qui soit. Par exemple, un rapport secret montre que la firme connaissait les risques que le pyralène fait courir à la santé humaine bien avant que les scientifiques les révèlent. Mais il s’agissait de ne pas « perdre un dollar » ! Dans le cas du Roundup, l’herbicide utilisé tout autant à une échelle industrielle que dans les petits jardins des pavillons de banlieue, la mention « biodégradable » n’a été enlevé des étiquettes du produit que sur décision de justice. A propos des OGM c’est surtout la pratique commerciale de la firme qui est montrée du doigt à travers sa politique des brevets mettant en difficultés financières de nombreuses exploitations aux Etats Unis et conduisant nombre de paysans au suicide en Inde. Le monde selon Monsanto, un monde où toute l’agriculture, tous les produits que nous consommons seraient d’origine transgénique, c’est sans doute le rêve de Monsanto. Un moyen d’assoir un pouvoir sans limite sur le monde entier qui ne peut que nous effrayer.

– Le modèle américain de « la révolution verte », dominant depuis les années 50 (Nos enfants nous accuseront, Jean-Paul Jaud, 2008 ; Notre poison quotidien, Marie-Monique Robin, 2010 ; Les Moissons du futur, Marie-Monique Robin 2012). Un modèle qui implique le recourt aux machines agricoles et surtout l’utilisation intensive de produits chimiques, omniprésents dans les insecticides, fongicides et herbicides. Si l’on ajoute à cela le développement de l’agroalimentaire et l’usage d’additifs complémentaires dans toute l’alimentation, alors on comprend que la chimie est présente quotidiennement dans notre assiette. Le constat est alors sans appel : selon l’Organisation Mondiale de la Santé, il y a dans le monde 1 à 3 millions d’intoxications aiguës qui causent 200 000 morts. Les maladies chroniques et en particuliers les cancers qui se développent de plus en plus dans les pays riches, sont dus principalement à l’usage de produits chimiques dans l’agriculture et donc à leur présence dans ce que nous mangeons quotidiennement.

Le nucléaire. (Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre, Brigitte Chevet, 2008 ; Tous cobaye, Jean-Paul Jaud, 2012) La catastrophe de Fukushima ne pouvait évidemment qu’accroitre les craintes  et les angoisses concernant les dangers du nucléaire. Les infographies présentées dans le film de Jaud,  montrant les conséquences d’éventuelles explosions des centrales françaises sur l’environnement et la population, s’apparentent à un scénario catastrophe. Peut-on sortir du nucléaire en France ? Non seulement le problème des déchets est loin d’être résolu, mais le démantèlement d’un réacteur nucléaire, comme le montre le film sur Brennilis, est particulièrement couteuse, et surtout dangereuse. Personne au fond ne sait vraiment s’il est possible de la mener à bien. « Sortir du nucléaire » n’est donc pas si simple. En même temps, l’évocation des défaillances techniques et des revirements incessants des responsables, laisse à penser qu’EDF et ses ingénieurs ont joué les apprentis sorciers ne maîtrisant pas toujours, malgré les affirmations officielles, une situation dont il reste difficile de connaître toutes les implications.

Le gaz de schiste. (Gasland, Josh Fox, 2010 ; No gasaram, Doris Buttignol et Carole Menduni, 2014 ). Comment ignorer les risques de l’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydrolique, les énormes quantités d’eau nécessaire et le nombre impressionnant de substances chimiques, toutes polluantes, envoyées sous terre ? A Strasbourg, les députés européens dénoncent le lobbying intense effectué par les entreprises américaines qui ont investi dans la technologie d’extraction du gaz de schiste et qui en possèdent les brevets. Le gaz de schiste est ainsi au cœur d’un conflit intense, opposant les industriels aux écologistes, ceux qui n’utilisent qu’un langage économiste à ceux qui défendent l’environnement et qui s’inquiètent de l’avenir de la planète.

 

 

 

 

 

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

Une réflexion sur « E comme Ecologie »

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