V COMME VARDA – DEMY / voir et revoir

Agnès Varda est une des cinéastes dont l’œuvre est la plus diversifiée, au point qu’essayer d’en faire l’inventaire, au risque d’en oublier, revient à dresser un tableau quasi complet des possibilités du cinéma contemporain : fictions, documentaires ; courts, moyens, longs métrages ; noir et blanc, couleur : enquêtes, portraits, reportages ; films en première personne, récit autobiographique ; citations de ses propres films, retour sur l’œuvre de Jacques Demy ; animation d’images fixes, montage de photographies ; films engagés, militants, touristiques, commandes de télévision, séries…

Compagne de Jacques Demy,  mère de Mathieu Demy (acteur et cinéaste) et de Rosalie (costumière, actrice et productrice), le cinéma est pour elle bien plus qu’une affaire de famille : le sens de toute une vie, une vie de cinéma dont elle a su faire des films.

Outre 20 longs métrages et seize courts, elle est auteur d’une multitude de « boni », mot qu’elle n’a pas inventé, car chaque latiniste sait bien qu’un pluriel n’a pas la même terminaison qu’un singulier, mais qu’elle est la seule à employer. Ils figurent sur les DVD de ses films édités par sa propre société, Ciné-Tamaris, une société familiale dont le site officiel permet d’appréhender les multiples facettes de son œuvre, qui d’ailleurs ne se limite pas au cinéma.  À plus de 80 ans, elle continue de tourner et est même devenue « artiste plasticienne » réalisant des installations artistiques, en Chine, à Venise, à l’île d’Oléron, ou Aix-en-Provence à l’occasion de l’année européenne de la culture « Marseille-Provence 2013 ».

La sortie d’un nouveau film, en l’occurrence Visages, Villages, réalisé en collaboration avec l’artiste plasticien JR,  est alors l’occasion d’un retour sur certains aspects de son œuvre, pour en souligner l’originalité, et pour donner envie de voir et de revoir ces films dont on ne se lasse jamais.

Arrêtons-nous pour l’instant sur le regard qu’elle porte sur l’œuvre cinématographique de Jacques Demy.

 En 1991 elle réalise Jacquot de Nantes, une reconstitution, cette autre forme de documentaire, de l’enfance de Demy. Et en 1993, L’Univers de Jacques Demy, une présentation, par ordre chronologique, de l’ensemble de l’œuvre du cinéaste. Elle présente toutes sortes d’images de Jacques, des photos personnelles ou professionnelles, des archives des tournages de ses films où on le voit dirigeant les acteurs ou réglant un détail du décor (son légendaire perfectionnisme), des extraits d’entretiens où il évoque les conditions de mise en œuvre de ses projets (commandes ou point de départ plus personnel). Et puis elle choisit des extraits de ses films, alternant avec des déclarations de ses actrices et acteurs (Anouk Aimée, Catherine Deneuve…), ses producteurs (Mag Bodard), ses collaborateurs (Michel Legrand, pour son rôle fondamental dans les comédies musicales du cinéaste). Les interventions d’Agnès mettent en évidence ses succès (Les Parapluie de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort), mais aussi ses hésitations et les difficultés de sa carrière, en particulier lors de son séjour à Hollywood. Côté documents rares, les essais d’Harrison Ford, pressenti tout jeune acteur par Demy pour jouer le rôle principal de Model Shop mais refusé par la production. Quelques années plus tard, devenu célèbre, il évoque pour Agnès cette expérience. Le film débute par la lecture d’une lettre au cinéaste d’une de ses admiratrices. Cette lecture, inachevée dans l’incipit du film, est reprise dans son épilogue. La lettre n’a pas été envoyée avant la disparition de Demy. Agnès trouve dans ce détour un moyen particulièrement fort de rendre un dernier hommage posthume (ce qu’est au fond le film dans son ensemble) au cinéaste.

En 1992 elle consacre un film à la célébration par la ville de Rochefort de l’anniversaire du tournage du film qui l’a rendue célèbre : Les Demoiselles ont 25 ans. C’est pour la ville l’occasion d’une grande fête réunissant le plus possible de ceux qui ont participé à ce tournage, des vedettes (Catherine Deneuve, Michel Legrand) aux techniciens et aux figurants. Et pour Agnès une occasion idéale de réaliser un film sur un film, ces Demoiselles qui de l’avis de bien des habitants de la ville ont marqué le début d’une nouvelle vie et qui symbolise pour les cinéphiles depuis 1966 la comédie musicale française à l’américaine.

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Voir sur le blog : D COMME DEMOISELLES (de Rochefort)

Agnès Varda sur Internet :

Ciné-tamaris « la société qui a un nom de plante, qui s’occupe et fait vivre les films d’Agnès Varda et les films de Jacques Demy » http://www.cine-tamaris.fr

Ciné-Tamaris 88 rue Daguerre 75014 Paris France Tel + 33 (0)1 43 22 66 00 – mail : cine-tamaris@wanadoo.fr

La page Facebook d’Agnès : https://www.facebook.com/agnesvardaofficiel?ref=hl

Celle de Jacques Demy : https://www.facebook.com/Jacques-Demy-Officiel-259508954176612/

 

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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