K COMME KRAMER Robert

Cinéaste américain (1939-1999)

Kramer est sans doute le plus français des cinéastes américains, si du moins on considère que l’esprit de contestation qui se développa sur les campus californiens dans les années 60 doit quelque chose dans son inspiration à l’esprit des révolutions françaises, depuis 1789 jusqu’en mai 68. Plus concrètement, on peut aussi évoquer le fait que Kramer a vécu en France à partir du début des années 80. Il y trouva des appuis pour faire des films, en particulier auprès des Films d’ici, la société de production de son ami, Richard Copans, sans lequel Route one/USA n’aurait jamais vu le jour.

Kramer est toujours présenté comme un des représentants de la contre-culture américaine et il y a effectivement dans sa vie et son cinéma un engagement politique du côté des radicaux, ceux qu’en France on appelle des gauchistes. Ses luttes sont celles de son époque, en faveur des droits civiques des Noirs, contre la guerre du Viêtnam (il se rendra plusieurs fois à Hanoï) et contre l’impérialisme américain dans les pays du tiers monde.

S’il fait du cinéma, fiction ou documentaire, c’est de façon entièrement indépendante, en dehors des circuits commerciaux. Il créa d’ailleurs en 1967 une maison de production et de distribution coopérative, Newsreel. Son premier documentaire, In the contry (1965), est un portrait d’un militant politique retiré à la campagne. The Edge (1968) entre dans l’intimité d’un groupe de militants dont un des membres, qu’il s’agit de dissuader, veut assassiner le président  des Etats-Unis, Lyndon Johnson. Ice (1968) imagine une guerre prochaine entre les Etats-Unis et le Mexique, et Milestones (1975), réalisé avec John Douglas, ouvre la possibilité d’une réflexion sur l’engagement politique après la fin de la guerre du Viêtnam. Des films longs (Milestones dure plus de trois heures) qui inventent des formes cinématographiques nouvelles, qui bousculent surtout les frontières entre documentaire et fiction, comme le fera Route one/USA (1989), son film le plus connu. Son dernier film, Cité de la plaine (2000) réalisé dans le nord de la France, se présente explicitement comme une fiction, avec un  scénario écrit et des acteurs tenant des rôles. Mais, dans ce récit de la vie d’un homme qui devient peu à peu aveugle, on retrouve les mêmes interrogations sur l’exil, la portée de l’engagement politique et le sens de la vie.

18 Kramer Robert - Route one USA

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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