G COMME GUERRE DU VIETNAM

Le 17e parallèle, Joris Ivens et Marceline Loridan, Viêtnam, 1967, 119 minutes.

Un des rares films sur la guerre du Viêtnam tourné du côté du Viêt-công par des occidentaux. Joris Ivens et Marceline Loridan ont vécu deux mois dans la zone dite démilitarisée, aux abords du 17e parallèle. Deux mois pour filmer la vie quotidienne d’un village en temps de guerre, la lutte pour la survie et la foi en la victoire. Deux mois passés sous les bombes américaines.

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Tourné en noir et blanc et en 16 mm, avec une équipe réduite, le film met en évidence le courage, et l’héroïsme, de ces femmes et de ces hommes, les femmes surtout, qui vivent dans les galeries creusées sous terre pour échapper au pilonnage de l’artillerie, terrestre et aérienne, qui essaie de les anéantir.

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Le 17e parallèle, une frontière artificielle qui sépare, depuis les accords de Genève en 1954, le Viêtnam en deux. Le film commence dans la zone dite démilitarisée, que l’armée du Sud tente de réduire à l’état de désert. Mais beaucoup de paysans veulent rester sur leur terre natale. D’autres passent au Nord où ils trouvent refuge. Ils vont y adopter ce mode de vie si particulier d’un peuple en guerre, une guerre présente dans chaque activité et dans chaque image du film.

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                Un commentaire dit par une voix féminine décrit ces conditions de vie, un travail quotidien, pour assurer la subsistance de la population en poursuivant la moisson, et la sécurité en se mettant à l’abri des bombes. Un bruit d’avions et d’explosions plus ou moins lointaines constitue la quasi-totalité de la bande son. Les images font se succéder le travail des champs avec des vues sur les villages détruits et les cratères de bombes qui défigurent le paysage. Beaucoup de gros plans sur les visages, surtout de jeunes femmes, montrent leur détermination.

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                La première partie du film est essentiellement constituée par cette omniprésence de la guerre dans la vie de tous les jours. Une guerre surtout de défense, où la sérénité de la population ne semble pas atteinte. Mais au fur et à mesure du déroulement du film, le ton devient plus guerrier, les images de destructions plus fréquentes. On assiste à l’entrainement des soldats et à la riposte de la défense anti-aérienne. La mobilisation de tous, même des enfants, est accentuée. « La seule vraie défense, c’est l’offensive » dit le commentaire et les avions abattus sont de plus en plus nombreux. Un plan montre un bombardier exploser en plein vol. Les pilotes sont éjectés en parachute. L’un d’eux s’enflamme et la caméra suit cette torche jusqu’à son contact avec le sol. Un Américain réussit à se poser indemne. Il est aussitôt fait prisonnier, et l’ensemble du village l’encercle en criant des slogans.17 parallèle 6.jpg

17eme parallèle est-il un film de propagande ? La question n’a pas vraiment de sens. Les réalisateurs sont clairement engagés du côté de la lutte du peuple qu’ils filment. Le film donne la parole à ses représentants. Le langage du commentaire est leur. Mais il ne construit pas pour autant une théorie politique. Il dénonce certes l’impérialisme américain. Mais ce sur quoi il insiste surtout, c’est sur l’horreur de la guerre et sur le fait, confirmé par l’issue du conflit, qu’un peuple déterminé à gagner son indépendance ne peut pas être vaincu, même par la première superpuissance du monde.

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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