S COMME SIVAN Eyal.

Cinéaste israélien (né en 1964)

Après avoir travaillé comme photographe à Tel Aviv, il quittera Israël pour la France en 1985. Sa carrière cinématographique revêt plusieurs facettes. Auteur et producteur de films documentaires, il participe à la création et ensuite dirige la société de production Memento, spécialisée dans les films politiques concernant essentiellement le Moyen-Orient. Il a été par ailleurs enseignant, successivement à La Sorbonne et à Lille 3, puis en Israël à l’Institut universitaire Sapir, à l’École arabe de cinéma de Nazareth et aussi à l’University of East London. En 1990, il est lauréat du Prix de Rome du ministère de la culture et réside un an à la Villa Médicis. Il est également essayiste, ayant corédigé plusieurs livres dont Éloge de la désobéissance, avec Rony Brauman et Un état commun, entre le Jourdain avec Eric Hazan, dont il tirera un film Etat commun. Conversation potentielle (2012).

Ses prises de position en faveur d’un Etat commun aux Palestiniens et aux Juifs le conduisent à développer des critiques de plus en plus virulentes contre la politique d’Israël, ce qui lui voudra d’ailleurs de recevoir en France des menaces de mort à la suite desquelles il quittera le pays. Par ailleurs il intenta en 1986 un procès en diffamation à Alain Finkielkraut qui l’avait accusé d’être un des acteurs actuels de « l’antisémitisme juif ». Il est aussi connu pour ses appels à la désobéissance civile et sa participation à la campagne de boycott des produits israéliens.

Sa filmographie comporte un certain nombre de film réalisé en collaboration. Un spécialiste, portrait d’un criminel moderne (1995), co-réalisé avec Rony Brauman revisite les images du procès Eichmann de 1961 à la lumière de l’ouvrage d’Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal. En 2003, Route 181. Fragments d’un voyage en Palestine-Israël, en collaboration avec le réalisateur palestinien Michel Khleifi avec qui il entreprend un long voyage, du sud au nord de leur pays commun. En 2004, Pour l’amour du peuple, coréalisé avec sa monteuse Audrey Maurion retrace la vie de Monsieur B, officier de la Stasi en Allemagne de l’Est jusqu’à la chute du mur de Berlin.

Ses documentaires personnels sont souvent un travail de mémoire sur la situation d’Israël et de la Palestine. En 1990, Izkor. Les esclaves de la mémoire. Trente jours de fêtes et de commémoration au printemps en Israël (Pessah, fête de la liberté, la “Pâque juive” qui marque la sortie d’Egypte des esclaves hébreux. La journée de commémoration de la Shoah et de l’Héroïsme, à la mémoire des juifs victimes du génocide. La journée de commémoration des soldats du Tsahal morts pour la patrie. Le Jour de l’Indépendance, fête nationale.) En 1993, il donne la parole au philosophe et scientifique juif Yeshayahou Leibowitz dans Itgaber, le triomphe sur soi. Il aborde le génocide Rwandais en 1997 dans Rwanda, un génocide plus tard. Et dans Jaffa. Mécanique de l’orange (2009), il retrace l’histoire d’Israël dans ses rapports avec les Palestiniens à travers l’étude du symbole de l’orange.

Jaffa, La mécanique de l’orange

Auteur : jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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