C COMME COUPLES INOUBLIABLES – Liste

Malgré les vicissitudes de la vie, malgré les séparations et leur souffrance, malgré la haine parfois qui peut aller jusqu’à occuper le premier plan, c’est toujours d’amour qu’il s’agit. L’amour toujours, donc universel.

Astride et Boris dans Une histoire d’amour d’Astrid Adverbe et Boris Lehman

L’amour, c’est faire un film ensemble. Pour des cinéastes du moins. Astrid et Boris font un film ensemble. Un film sur eux, sur leur amour, sur leur histoire. Une histoire d’amour donc.

Christiane et Gabriel dans Tous nos vœux de bonheur de Céline Dréan

Les photos d’un album les montrent, lui en soutane et elle en robe de religieuse. Ils sont en effet rentrés dans les ordres, confiant leur vie à leur religion. Une vie qui se devait d’être une vie de célibataires. Mais l’amour a été le plus fort. Même s’il leur a fallu se battre, lutter pour imposer leur rupture d’avec la religion, s’opposer à la hiérarchie religieuse, aux qu’en dira-t-on de leur entourage. Et s’opposer – ce fut le plus dur – à leurs propres parents.

Enzo et Mary dans La bocca del lupo de Pietro Marcello

un couple hors normes. Enzo a passé la plus grande partie de sa vie en prison. Mary est travestie, toxicomane. Depuis plus de vingt ans, ils s’aiment. Ils vivent ensemble lorsqu’ils ne sont pas derrière les barreaux. Une fois même, ils ont été incarcérés en même temps, dans deux cellules se faisant face. Il pouvait la protéger. Quand il est dedans et elle dehors, il sait qu’elle l’attend. C’est ce qui le fait tenir, savoir qu’il la retrouvera, qu’ils poursuivront leur vie commune.

Federico et Rima dans Une histoire d’amour sous l’occupation italienne de Audrey Gordon.

Lui est officier dans l’armée italienne, elle une jeune réfugiée juive. Le film alors nous fait entendre deux voix. Une voix masculine avec un fort accent italien. C’est celle de Federico, le texte étant celui d’une lettre qu’il adresse à la fin de la guerre, au fils qu’il a eu avec Rima. Elle raconte donc l’histoire de leur amour. Puis une voix féminine (qui n’est pas présentée comme celle de Rima), qui elle raconte l’histoire de la guerre.

Françoise et Alain dans La Rencontre d’Alain cavalier

Leur vie commune, au quotidien, filmée à travers les petits riens de ce quotidien, des objets surtout, ou quelques photographies souvenirs, où des vues des lieux qu’ils ont fréquentés, ensemble ou séparément, ce qui ne veut pas dire dans la solitude, car la pensée de l’autre, l’attente de son retour, est toujours présente. Un film à deux, c’est cette présence commune dans chaque plan, dans tous les plans. Chaque image est une image du bonheur.

Genesis et Jaye dans The Ballad of Genesis and lady Jaye de Marie Losier.

Que leur rencontre dans les années 2000 soit un coup de foudre, c’est peu dire. Ils se marient aussitôt et là où d’autres concrétisent leur union dans des enfants, ils vont imaginer un projet inouï, totalement stupéfiant : se transformer dans leur corps pour devenir chacun identique à l’autre. Le film retrace cette aventure à deux où, à coup de multiples opérations de chirurgie esthétique, ils vivent cette « pandrogynie », concept qu’ils ont inventé, mais qui ne reste pas une pure abstraction.

Grand-mère et Grand-père dans Leur Algérie de Lina Soualem.

Les grands parents de la cinéaste. Après 62 ans de mariage, ils décident de se séparer. Ils vont vivre chacun de leur côté, mais dans deux immeubles qui se font face.

Le grand-père est taciturne, peu bavard. Il répond aux questions de sa petite fille par quelques mots seulement et passe ses journées dans une galerie marchande d’un hyper-marché.

La grand-mère par contre est particulièrement dynamique. Elle part souvent de grands éclats de rire, auxquels se mêlent parfois quelques pleurs à l’évocation de   certains épisodes de sa vie. Contrairement à son mari, elle a beaucoup d’amies que sa nouvelle vie lui permet de rencontrer quand elle le désire. On a l’impression qu’elle a enfin conquis sa liberté.

Paul Celan et Ingeborg Bachmann dans Rêveurs rêvés de Ruth Beckermann.

Nous ne les rencontrons qu’à travers leur correspondance amoureuse. Des lettres d’amour entre ces deux écrivains, le poète juif autrichien et la femme de lettres. Des lettres de passion. Mais aussi des lettres de séparation, d’éloignement. Séparation dans l’espace, lui à Paris, elle à Vienne, pour la majeure partie de cette correspondance. Mais aussi éloignement de leur vie, qui chacune suit son cours particulier.

Radi et Mounira dans Hatawati, les derniers conteurs de Julien Gaertner.

Ils ont dépassé 65 ans, l’âge qui pourrait être celui de leur retraite. Depuis des décennies, ils parcourent la Palestine à bord de leur camionnette pour proposer dans les villages un spectacle de marionnettes qui émerveillent les enfants. Une vie entièrement consacrée à leur art. Un art qui, ici plus qu’ailleurs, est un acte de résistance.

Silvana et Béatrice dans Silvana de Christina Tsiobanelis, Mika Gustafson et Olivia Kastebring,

Silvana est jeune, belle, blonde, dynamique, enfant d’immigrés et elle chante du Rap. Ses chansons dénoncent le racisme et le patriarcat, l’homophobie et le sexisme. Elle est lesbienne et ne s’en cache pas. Elle revendique sa liberté et son droit au bonheur. Elle a un énorme succès en Suède, son pays d’adoption. Sa relation amoureuse avec Béatrice Eli – une chanteuse pop bien connue en Suède – est un phénomène médiatique Les photos du couple s’affichent même sur les bus de ville. Leur célébrité dépasse largement le cercle des fans de leur musique.

Sophie et Greg dans No sex last night de Greg Shephard et Sophie Calle

Lui, c’est Greg, américain, photographe, artiste. Elle, c’est Sophie, française, artiste. Ses installations et ses performances sont célèbres. Elle s’est fait un nom dans le monde de l’art contemporain. Le film est celui d’un couple qui joue un drôle jeu de couple : se marier, ne pas se marier ? Chacun filme l’autre. C’est facile, ils sont dans la même voiture. Ils font le même voyage, une traversée des États-Unis depuis new York jusqu’à la Californie. En passant par Las Vegas. Peut-être se marieront-ils à Las Vegas…

Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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