ELLIS ISLAND

Récits d’Ellis Island. Rober Bober et Georges Pérec. 1980. 1 traces 57 minutes 2 Mémoires 60 minutes.

Ellis Island , un îlot dans le port de New York par lequel sont passé, pour pouvoir entrer aux États-Unis , des million d’immigrés venus de toute l’Europe, entre 1882 et 1924.

En 1980, le cinéaste Rober Bober et l’écrivain Georges Pérec se rendent à Ellis Island. Pour quelles raisons ? Avec quelle motivation ? Pour rendre compte de cet exil contraint par la misère et les persécutions, de tant de pauvres et de juifs.

Le film se compose de deux partie, distincte et complémentaire : 1 Traces, 2 Mémoires.

Dans la première partie, Robert Bober filme Ellis Island aujourd’hui, visite agrémentée de quelques images d’archives, surtout des photos, mais visiblement le cinéaste n’a pas pris la direction de réaliser un film d’archives.

Ellis Island aujourd’hui, c’est un bâtiment désaffecté, devenu un lieu de visites touristiques, ou plutôt de pèlerinage familial, dans la mesure où la majorité des visiteurs ont des parents proches qui sont arrivés en Amérique en passant par Ellis Island.

Nous faisons donc la visite en suivant un groupe piloté par un guide en tenue de scout. Il explique le circuit des différents examens médicaux que devaient suivre les arrivants, après un voyage épuisant. Un parcours vécu dans l’angoisse car planait sur les immigrés la menace du refoulement, qui pouvait être dû à une maladie contractée pendant ce voyage long et pénible, au fond de la cale pour les plus pauvres.

Ces images chargées de tant de souffrance sont accompagnées en voix off du texte écrit et dit par Georges Pérec. On reconnait le style de l’écrivain dans l’énumération du nombre d’immigrés originaires de chaque pays d’Europe, de la liste aussi du noms des bateaux qui faisaient la traversée et celle des ports de départ.

Pérec convoque des éléments de sa propre biographie, et celle de Bober, pour expliquer leur démarche, leur projet n’étant nullement dû au hasard.

Dans la deuxième partie, Pérec s’entretient avec certains de ces immigrés devenus citoyens américains, et qui évoquent à sa demande leur passage à Ellis Island. Un séjour souvent court, un ou deux jours, mais un séjour angoissant. Le surnom d’Ellis Island n’était-il pas d’ailleurs « l’île des larmes » ?

Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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