I COMME IDENTITÉ.

Question d’identité, Denis Gheerbrant, 1986, 53 minutes.

Tourné en six mois en 1985, Question d’identité précède de presque 20 ans les émeutes qui enflammèrent les banlieues françaises dans les années 2000 et qui mirent de façon violente sur le devant de la scène médiatique et cinématographique les problèmes spécifiques des jeunes des cités. Centré comme son titre l’indique sur la question de l’identité des jeunes issus de l’immigration, le film de Denis Gheerbrant évoque bien les enjeux qui deviendront cruciaux par la suite – la réussite scolaire, le chômage et l’accès à l’emploi, l’insertion sociale et le racisme -, mais il le fait d’une façon que l’on peut qualifier de « soft ». Le portrait qu’il dresse de trois jeunes d’origine algérienne vivant en banlieue parisienne ne met pas en avant leur marginalité. Même s’ils sont conscients des difficultés particulières qui sont les leurs du fait de leur origine et de leur position sociale, ce ne sont pas des jeunes révoltés. Ils n’ont pas « la haine ». D’ailleurs le mot n’est pas prononcé dans le film et le langage qu’ils emploient n’a pas grand-chose à voir avec celui des héros du film de Mathieu Kassovitz (La Haine, 1995). Les Farid, Naqguib et Abdel de Gheerbrant n’ont pas l’intention d’entrer en guerre contre la société. Ils affirment seulement vouloir vivre leur vie et qu’on les laisse vivre leur vie. Ce n’est pas un hasard si la seule manifestation qu’ils évoquent dans le film est la « grande marche des beurs » de 1983, cette montée à Paris des jeunes de Marseille ou des Minguettes, qui cristallise cette revendication à l’existence. Des violentes confrontations avec la police qui existent déjà ça et là à cette époque il n’est pas question. Le film de Gheerbrant annonce-t-il l’explosion à venir ? L’affirmer serait sans doute une illusion rétrospective. Mais il n’en est pas moins évident qu’il contient en germe les éléments de cette problématique des banlieues qui deviendra centrale dans la vie sociale et politique du début du xxie siècle.

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Comment ces jeunes vivent-ils leur situation d’enfants d’immigrés ? Quelle est leur relation à leur culture d’origine ? Qu’en gardent-ils ? Que veulent-ils en garder ? Se sentent-ils encore algériens ? Le film de Gheerbrant présente globalement la diversité de leur situation administrative. L’un est français pour être né en France et il n’a jamais été en Algérie. Un autre a la double nationalité. Un troisième est de nationalité algérienne et n’a comme papier qu’une carte de résident valable uniquement dix ans. Une des originalités du film de Gheerbrant est de poser ces questions à l’occasion d’un voyage au « bled », en petite Kabylie, pour les vacances. Les réactions de ces jeunes sont particulièrement ambivalentes. D’un côté, ils sont émus par la beauté des paysages (l’un d’eux se sent devenir poète et déclame des vers de Victor Hugo). Ils sentent confusément la présence en eux de leurs racines. Mais, d’un autre côté, ils se sentent aussi étrangers à ce pays qui leur fait sentir qu’ils n’en font plus partie. C’est la possibilité même du retour, maintenant ou plus tard, qui est ainsi mise en question. La séquence du voyage en Kabylie se situe dans le film avant la fin de son premier quart d’heure. En fait, pour les jeunes, ce n’est qu’une parenthèse. L’essentiel se déroule en France. C’est là qu’ils ont presque toujours vécu. C’est là qu’ils continueront à vivre, même en s’affirmant Arabes et Kabyles.

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         « T’es trop curieux. Tu cherches à en savoir trop sur notre vie ». Dès le début de son film, Denis Gheerbrant s’interroge sur sa position de cinéaste face à ces jeunes des banlieues qui font partie d’un autre monde que le sien. Ses trois personnages vont, tout au long du film, lui renvoyer cette différence. S’ils ont quand même accepté de se laisser filmer, c’est parce qu’une certaine connivence s’est établie. « Tu as galéré six mois avec nous ». La différence reste fondamentale, même si elle est atténuée. « Quelle musique tu écoutes », demande le cinéaste. « Ça ne te regarde pas » lui est-il répondu. L’important, c’est de ne pas se laisser enfermer dans les stéréotypes.

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La dernière séquence du film résonne cependant comme un échec. « C’est pas évident de faire un film » Le cinéaste pose des questions. Il obtient des réponses. Mais ne sont-elles pas faites trop facilement ? Correspondent-elles véritablement à ce que l’on veut dire ? Un film, « ça casse l’intimité ». Beaucoup de cinéastes passeront outre cette vérité, avec plus ou moins de bonheur, sans parler des reportages télévisés. Gheerbrant interroge le regard qu’il pose sur la banlieue et ses jeunes. Par-là, il désigne l’enjeu fondamental du cinéma documentaire dans son approche de la réalité sociale.

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E COMME ENTRETIEN / Fanny Pernoud et Olivier Bonnet

Pouvez-vous, pour vous présenter, nous communiquer quelques éléments de votre biographie respective.

Fanny Pernoud: j’ai une formation de journaliste à l’IJBA (école de journalisme de Bordeaux) , après avoir travaillé  pour les journaux télévisés (France 3 19/20, Télématin) je me suis dirigé vers les magazines car je souhaitais travailler sur des formats plus longs puis ensuite vers des documentaires en format 52 minutes. En 2009, avec Olivier Bonnet nous réalisons “Ma vie à l’eau” un 26 minutes sur le handicap pour l’émission Thalassa et créons Improbable production.

Olivier Bonnet : J’ai étudié à L’Institut d’Études Politiques de Grenoble puis souhaitant faire de l’image, j’ai commencé à travailler comme assistant opérateur à Paris, pour des reportages d’actualités pour les différentes chaînes de télévision. Très vite, l’émission « Une pêche d’enfer » m’a proposé de tourner des reportages comme cameraman et en 1992 nous avons tourné l’émission aux Jeux Olympiques d’Albertville. En 1993, j’ai commencé à tourner pour l’émission Thalassa. En 24 ans de collaboration avec l’émission Thalassa, j’ai effectué plusieurs centaines de reportages, tout autour du monde. En parallèle, j’ai travaillé pour d’autres émissions et documentaires. En 2009, avec Fanny Pernoud, nous réalisons “Ma vie à l’eau” un 26 minutes sur le handicap pour l’émission Thalassa et créons Improbable production.

Comment êtes-vous devenus cinéaste et producteur ?

C’est en 2009, que nous avons créé avec des amis, Improbable production, pour notre première production « Ma vie à l’eau ». Après avoir passé des années à travailler pour des sociétés de production, nous avions envie de contrôler nos films de A à Z et de garder notre liberté éditoriale.

Vous proposez dans Appellation d’origine immigrée une vision de l’immigration différente de celle qu’en donnent en général les médias. Comment  avez-vous eu cette idée ?

À l’origine c’est une idée d’Olivier. Pendant la campagne de 2012 les immigrés ont été la cible de vives attaques par les politiques. Nous avons eu envie de prendre le contre-pied et de montrer cet autre visage de l’immigration, une immigration qui crée de la richesse et qui rapporte énormément à la France. Une immigration qui représente une main d’œuvre extrêmement malléable. Il suffit de prendre le premier métro pour se rendre compte que la France qui se lève tôt est immigrée ou d’origine immigrée. Les médias et surtout les politiques véhiculent des chiffres et des idées qui ne reflètent pas la réalité.

Comment avez-vous choisi les protagonistes de votre film ? Avez-vous éliminé d’autres possibilités ? Est-ce que le côté surprenant (un africain boulanger à Paris) a été un critère ?

Bien sûr, nous avons joué le contre-pied à fond. À l’époque Djibril le boulanger du film venait d’obtenir le prix de la meilleure baguette de Paris pour la première fois. Il devenait de ce fait le boulanger de l’Elysée pour un an, il a donc été beaucoup médiatisé. C’est en lisant un article sur lui que nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de réunir les 3 produits phares de la gastronomie française, à savoir, le pain , le vin et le fromage. Trouver Abdou, le producteur de reblochon et Laetitia, la vigneronne a été beaucoup plus compliqué. Beaucoup d’immigrés travaillent dans les vignes, mais ils sont rarement patrons et dans le monde du fromage il y a très peu de personnes immigrées.

Pour Les Vies dansent aussi le choix des personnages est important. Comment l’avez-vous réalisé.

Les vies dansent est en quelque sorte la suite de « Ma vie à l’eau » un reportage réalisé pour Thalassa lors d’un stage de plongée pour des amputés, organisé par l’association « Bout de vie ». C’est là que nous avons rencontré Sandra, Priscille et Neeta parmi d’autres stagiaires. Outre l’aspect humain, puisqu’au fil du temps elles sont devenues des amies, nous les avons choisies elles car elles étaient à des moments différents de leur parcours de vie.

Sandra avait perdu sa jambe un an auparavant, elle terminait ses études et se posait beaucoup de questions sur sa vie future.

Neeta, elle, est née sans jambes et a donc moins peur du regard des autres. Lorsque nous l’avons rencontrée, elle allait rentrer dans l’adolescence. C’était la plus jeune des 3 mais elle avait déjà une grande expérience du handicap.

Enfin Priscille était déjà dans la vie active et avait un projet d’enfant, elle avait été amputée plusieurs années auparavant. Elle avait déjà “réorganisé” sa vie.

Ces deux films ont une dimension optimiste très marquée. Est-ce une orientation délibérée ?

Le leitmotiv de nos films c’est l’humain et nous pensons qu’un film touchant, où on laisse s’exprimer les gens est bien plus puissant qu’un discours polémiste, agressif ou alarmiste. Nous aimons montrer des personnages positifs pouvant être  exemplaires. Nous sommes d’ailleurs très fiers qu’après des projections, le public viennent nous voir en nous disant : « votre film m’a fait du bien, il a changé mon regard… »

Vos films prennent nettement position sur le problème du racisme et de  l’acceptation des différences. Pensez-vous que le cinéma puisse contribuer à faire évoluer les mentalités ?

L’autre jour après une projection de notre film “Les vies dansent” une femme nous a dit “maintenant quand je vais croiser une personne avec un handicap je me sentirai moins mal à l’aise”. Nous ne prétendons pas changer le monde avec nos films mais chaque petite graine plantée dans le coeur des spectateurs est déjà une victoire.

Avec Appellation d’origine immigrée, nous sommes allés pour des projections dans des endroits où il y a peu d’immigrés et les gens étaient surpris eux-mêmes de l’image qu’ils avaient de l’immigration, donnée par le journal télévisé. Ils se rendaient compte qu’autour d’eux beaucoup de métiers étaient effectués par des immigrés.

Quelles sont les activités de votre maison de production Improbable Production ?

Nous travaillons actuellement sur un projet de film sur un asile de « fous » très particulier où les résidents sont libres d’être comme ils sont…

Et qu’en est-il de la distribution de vos films ?

Nos films sont très mal distribués car nous n’avons pas encore de distributeurs. Nous nous en occupons nous-même…

immigration réussie

Comment voyez-vous la situation actuelle du cinéma documentaire et son évolution  dans les années prochaines ?

Fanny Pernoud: À vrai dire je suis assez pessimiste. Faire un film aujourd’hui est un combat. Pour avoir des aides du CNC, il faut trouver un diffuseur et les diffuseurs sont de plus en plus frileux envers le documentaire de création. Si votre film ne rentre pas dans les cases, ne traite pas d’un sujet porteur, n’est pas réalisé comme le diffuseur le souhaite ou si vous n’êtes pas connu votre film reste à l’état de dossier. « Trop long pour la télé, pas de commentaires, trouver un sujet plus concernant », des critiques récurrentes que nous avons entendues au fil des réalisations.

Pour « Les vies dansent » aucun diffuseur n’a voulu le prendre sur le papier, au stade du scénario, nous n’avons donc eu aucune aide si ce n’est un crowd-founding que nous avons organisé nous-même. Ce film a finalement été diffusé sur Public Sénat après avoir été refusé par tous les autres diffuseurs. “Nous ne savons pas dans quelle case le mettre”. Sans notre entêtement et la solidarité des amis du métier nous n’aurions jamais pu faire ce film.

Le milieu du documentaire est comme beaucoup fait de réseaux, là encore si vous n’êtes pas dans les petits papiers des responsables de chaînes, à moins d’être une star du documentaire vous aurez beaucoup de mal à placer un projet. Et avec un thème difficile, comme le handicap c’est presque mission impossible. Le développement est également de plus en plus long, les chaînes reçoivent certes énormément de projets mais il faut souvent attendre plus de 2 mois pour avoir une réponse et quand elle est négative c’est deux mois de perdus.

Olivier Bonnet : Les chaînes de télévisions n’ont qu’un seul critère de jugement, l’audience. Donc ce qui a marché en audience doit être reproduit, recopié. Et ainsi, tout se ressemble… Les décideurs des chaînes de télé savent mieux que personne ce qui marche et ils veulent des produits formatés respectant les critères qu’ils ont eux-mêmes définis… Mais on appelle encore cela des documentaires de création… Autrement le CNC ne les financerait plus !

Pour l’avenir, même si les formats longs ne sont pas très à la mode sur les réseaux sociaux , nous pensons qu’internet peut-être une nouvelle chance pour le documentaire, à condition que des financements en amont puissent se développer, mais la créativité et la liberté y sont bien plus fortes aujourd’hui que dans les autres médias.

Lien pour voir ou revoir Appellation d’Origine Immigrée gratuitement

https://youtu.be/pWXEYp4cwAE

Lire : Les Vies dansent

Appellation d’origine immigrée

D COMME DARK

Dark on dark de Lo Thivolle, France, 2017, 72 minutes.

Le portrait d’un homme. Dont il faudra attendre le générique de fin pour savoir qu’il s’appelle Boureïma Patrick. Un homme seul. Il est originaire d’Afrique. Il vit dans une ville du sud de la France où il a fait ses études. Il y a soutenu une thèse, un travail sur l’Afrique, la colonisation et la décolonisation. Il en parlera dans une des séquences du film. Cet homme vit dans cette ville où il n’a pas de domicile fixe. Il est donc qualifiable de SDF, même si le film s’en garde bien. Le réalisateur du film l’a connu, dans le temps. Leur rencontre actuelle se vit pour eux sur le mode des retrouvailles. Le cinéaste peut donc se filmer à côté de cet homme, qu’il suit dans cette ville, dans les rues la nuit, assis sur un banc le jour.  Une vie oisive, faite d’attente. Attendre que le temps passe.

La rencontre des deux hommes renvoie au passé. Mais le film est au présent. C’est la vie actuelle de cet homme africain qui le constitue. Il ne nous est pas expliqué comment il en est arrivé à ce qu’il vit maintenant. A part sa thèse, nous ne savons pas grand-chose de lui, de ce qu’il a vécu, de ce qu’il est. Et pourtant son passé est bien présent dans le film.

Ce passé, en Afrique, nous le découvrons par le biais d’extraits de films, en particulier celui d’Eliane de Latour, Le Temps du pouvoir, qui montre les relations entre les blancs et les africains au moment de l’installation de la colonisation. Mais ce passé n’est pas vraiment le sien. C’est celui de son père, un « roi » en Afrique, que le film montre en compagnie des autorités des blancs lors de cérémonies, ou de manifestations festives, comme cette course cycliste où le vainqueur de l’épreuve repart sur un cheval qui était le prix offert au gagnant. S’instaure ainsi dans le film actuel, un va et vient entre le présent et le passé, l’Europe et l’Afrique, le père et son fils, les séquences muettes et les commentaires « off » des images. Mais il ne s’agit pas vraiment d’instaurer une problématique de mise en abime, de film dans le film. Ce passé africain reste coupé du présent, trop lointain pour donner une signification au présent.

Un film qui évoque le passé colonial de l’Afrique et le présent des immigrés en France. Sans donner d’interprétation ou développer de théorie. Un film qui se contente de filmer une vie. Une vie de déchéance sans doute, mais qui reste riche de pensée et de sensations.

Visions du réel, 2017.

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I COMME IMMIGRATION REUSSIE

Appellation d’origine immigrée, de Fanny Pernoud et Olivier Bonnet.

Oui, les exemples d’immigration réussie ne sont pas si rares que l’opinion publique aurait tendance à le croire. Bien sûr il est nécessaire de parler des drames fréquents en Méditerranée, des difficultés de toutes sortes rencontrées pour pénétrer en Europe et franchir des frontières qui deviennent de plus en plus des murs qui se veulent infranchissables, des conditions de survie plus que précaires que connaissent ceux qui arrivent tant bien que mal sur les côtes du Pas-de-Calais, à deux encablures de cette Angleterre qu’ils considèrent comme la terre promise. Les médias se doivent d’en rendre compte de ce qu’il est convenu d’appeler « la crise des réfugiés ». Le cinéma documentaire de son côté contribue depuis plusieurs années à sensibiliser les spectateurs, et à les faire réfléchir à ces situations qui ne devraient laisser personne indifférents. Mais il est tout aussi utile de montrer que la vie en France des femmes et des hommes d’origine étrangère n’est pas toujours marquée par le chômage et la misère. Que ce n’est pas parce qu’on est noir de peau ou qu’on porte un nom arabe qu’on est destiné à être enfermé dans le ghetto des banlieues. Que leur intégration est une chose possible, dans une France multiculturelle.

Le film de de Fanny Pernoud et Olivier Bonnet nous propose trois exemples d’intégration réussie. Laetitia, Gjibril et Alderrahim sont Français. Qu’ils soient nés en France ou en Afrique n’a pas d’importance. Ce qui compte, et que nous montre le film, c’est leur mode de vie en France, leur travail, leurs relations sociales et la façon dont ils ont obtenu une véritable reconnaissance, professionnelle, mais aussi personnelle. Car si le film choisit de montrer principalement leurs compétences professionnelles – chacun dans un domaine particulier, à priori surprenant – il met aussi en évidence leurs qualités humaines, leur dynamisme et leur optimisme fondamental.

Trois portraits, contrastés, même si au fond ils nous disent la même chose. Ils sont tous les trois passionnés par leur travail. Tous se sentent  français, mais gardent aussi en eux la marque de leur origine.

Laetitia, métis d’origine camerounaise, est vigneronne dans l’Hérault. Nous la suivons aux côtés de son mari dans toutes les épates de son métier, de la culture de la vigne, à la mise en bouteille et à la vente en passant par les vendanges et la vinification. Sa mère n’a qu’un regret, c’est de ne pas lui avoir appris la langue de son ethnie.

Alderrahim est, depuis 14 ans, fromager en Haute-Savoie et son reblochon artisanal est couvert de médailles. A la fin du film il retourne au Maroc pour créer de toutes pièces une fromagerie. Dans ses adieux, au maire ou  au curé, tous disent le regretter.

Gjibril est boulanger à Paris, du côté de Montmartre. La longue file d’attente sur le trottoir devant sa boutique en dit long sur sa réussite. D’ailleurs sa baguette a obtenu le premier prix de la baguette parisienne et à ce titre est servie pendant une année aux petits déjeunés de l’Elysée ! Le film nous montre son voyage au Sénégal où les retrouvailles avec sa famine sont particulièrement émouvantes.

Un film destiné en priorité à la télévision, mais qui peut surtout prendre place dans des rencontres-débats autour de l’immigration. Une occasion de dépasser les stéréotypes et les préjugés.