Maladie incurable.

De la poussière dans les yeux. Anne Lorrière. France, 2023, 78 minutes.

Comment filmer la maladie ? Une maladie incurable, la sclérose en plaques, une maladie invalidante. Qui ne laisse aucun espoir d’amélioration. Elle ne peut que déboucher sur la mort.

Anne laurière filme cette maladie avec beaucoup de sensibilité, et de retenue. Sans tomber dans la désespérance ou dans la plainte. Pour cette mère et ses filles, nulle trace de renoncement. Et pourtant, la souffrance, en fin de compte, devient insupportable. Au point d’ouvrir la possibilité de la seule issue possible, mettre fin à la vie.

De la poussière dans les yeux est un film de famille, une mère et 3 filles. La famille de la cinéaste. Sa mère et ses 2 sœurs sont atteintes de sclérose en plaques. Une famille soudée autour de la mère, une famille qui ne peut qu’être unie devant la maladie. Pourtant, chaque cas est unique. Chacune a ses particularités. La cinéaste leur donne la parole tour à tour, nous les fait rencontrer avec autant d’amour pour chacune. La famille ici est la valeur suprême.

Nous sommes immergés dans cette vie de famille. Une vie quotidienne sans aspérité malgré la maladie. Le film débute par une consultation médicale. Les médecins font partie de la vie des malades, comme les médicaments. Pourtant, la médecine n’est aucunement sacralisée. En fin de compte chacune de ces malades se doit de rester maître de son destin.

La mère, plus âgée évidemment, évoque longuement la possibilité d’avoir recours au suicide assisté. Et d’aller en Suisse pour cela, car la France n’a pas légiféré dans ce sens. Le film peut alors être vu comme un soutien à ceux qui militent pour que chacun et chacune puisse choisir librement les conditions de sa fin de vie dans la dignité.

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Par jean pierre Carrier

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE éditions Vendémiaire mars 2016. jpcag.carrier@wanadoo.fr 06 40 13 87 83

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