How to save a dead friend. Marusya Syroechkovskaya, Suède, Norvège, France, Allemagne, 2022, 104 minutes
Le film commence et se termine dans un cimetière. Lors d’un enterrement. Avec gros plan sur le cercueil. Celui de Kimi, le compagnon de Marusya. Les deux protagonistes du film.
Un film placé donc sous le signe de la mort. D’autant plus que Marusya Le jour de ses 16 ans avait annoncé que ce serait sa dernière année. Façon de convoquer. La vague de suicide qui décime la jeunesse dans la Russie de Poutine, dans cette année 2022 où le pays est sur le point d’envahir l’Ukraine.
Un film placé sous le signe de la mort. Donc de la tristesse. De la désespérance. Faire la fête pour donner le change. Mais faire la fête n’arrive pas vraiment à donner le change.
Marusya a vécu bien au-delà de ses 16 ans. Elle est cinéaste. Peut-on dire. Que c’est le cinéma qui l’a sauvé ? Ou son amour pour Kimi ? Pendant 12 ans, elleva filmer Kimi ? Et filmer son couple. Avec Kimi ? Un film qui ne pourra être achevé qu’avec la mort de Kimi.
Marusya filme aussi une manifestation contre le régime de Poutine. Façon de dire que son film est tout autant celui de l’histoire d’un pays qu’un film personnel. Le pays de la déprime, comme elle dit. No Future. Le mot d’ordre punk convient ici parfaitement. Tout le film en est imprégné. Le film peut-il être considéré comme une prémonition de ce que va devenir la Russie avec guerre en Ukraine. Ou plutôt comme la dernière manifestation de cette liberté. qui est en train d’être anéantie ? Cette jeunesse, si vivante, si créative, elle aussi est en train de disparaître.
Marusya pourra-t-elle faire un nouveau film ?

