Alice au pays des colons. Yanis Mhamdi, France, 2025, 105 minutes
Un film de dénonciation. Dénonciation de l’occupation israélienne de la Palestine. Une occupation violente, brutale. Dénonciation des agissements des colons israéliens. Qui cherchent, essentiellement par la force, à implanter de plus en plus de colonies dans cette Palestine dont ils essaient de chasser les habitants.
Un film de résistance. Résistance personnifiée par une jeune femme, Alice, qui n’accepte pas que des colons israéliens s’accaparent son terrain. Et même s’ils sont protégés par l’armée, elle essaie de les chasser de sa terre. Et pour cela elle mobilise les habitants de son village. Une résistance pacifique d’abord. Les villageois palestiniens ne sont pas armés. Mais leur terre, c’est leur vie. Les olives sont leur moyen de subsistance. Ils ne peuvent pas assister sans rien faire à l’incendie de leurs oliviers.
Un film d’affrontements incessants. Filmés dans le feu même de l’action. Une lutte inégale. Dont on fini par penser qu’elle est perdue d’avance. Les Palestiniens ont pourtant le droit pour eux. Les tentatives d’implantations israéliennes sont illégales. Mais la force est de leur côté. Des bulldozers détruisent les maisons. Celle des parents d’Alice entre autres. Leur restaurant a été incendié. Les Israéliens finiront-ils par réduire au silence toute revendication palestinienne ?
Le film de Yanis Mhamdi est le portrait de cette jeune femme, née en Palestine mais qui possède la nationalité israélienne. Le portrait d’un symbole. Par sa volonté de ne rien céder à l’occupant. Par sa force de vie qui lui permet de ne pas renoncer. Même si la paix, dans la situation politique du moment, parait de plus en plus lointaine, inaccessible. Le colonialisme qui s’est installé en Cisjordanie dure depuis tant d’années. Et le silence de la communauté internationale est assourdissant. Malgré quelques prises de position individuelles, comme cette députée britannique qui, de retour d’un voyage en Palestine, prend la parole au parlement.
Un soutien encore bien trop isolé. Même si le cinéma documentaire n’est jamais resté muet. Depuis Cinq caméras brisés d’Emad Burnat et Guy Davidi en 2011 et Les 54 Premières Années – Manuel abrégé d’occupation militaire d’Avi Mograbi en 2021, jusqu’à Coexistence, mon cul d’Amber Fares en 2025. Sans parler des films, nombreux, sur Gaza. Des films qui sont autant de cris de révolte, et des actes de résistance.
