D COMME DUO – suite

Ma requête à la Loupe a été particulièrement fructueuse. Ses membres ne seront jamais assez remerciés

Voici donc une deuxième filmographie de films réalisés par des duos.

J’ai mis de côté les films réalisés par plus de deux cinéastes, et les duos qui n’ont réalisés qu’un seul film ensemble (ils feront l’objet d’une prochaine publication).

Comme précédemment, je mentionne le dernier film réalisé par chaque duo.

Ici la présentation ne suit aucun ordre.

Chloé Mahieu et Lila Pinell

         Business club

Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi

         I Diari di Angela – Noi due cineasti

Anastasia Lapsui et Markku Lehmuskallio

         11 Images de l’homme

Margarida Cordeiro & António Reis

         Trás-os-Montes

Tizza Covi et Rainer Frimmel

         Aufzeichnungen aus der Unterwelt

Joana Hadjithomas et Khalil Joreige

         Ismyrne

Rob Epstein & Jeffrey Friedman

         Paragraphe 175

Albert & David Maysles

         The Gates

Chris Hegedus et D A Pennebacker

         Unlocking the Cage

Kaori Kinoshita & Alain Della Negra

Tsuma Musume Haha

Vincent Barré et Pierre Creton

         Petit traité de la marche en plaine

Nicole et Felix Le Garrec

Plogoff, des pierres contre des fusils

Nicole Le Garrec, René Vautier

         Quand tu disais Valery

Myriam Aziza & Sophie Bredie

         Séparées

Jean-Marie. Straub et Daniele Huillet

         Itinéraire de Jean Bricard

Nicolas Humbert et Werner Penzel

         Brother Yusef

Cedric Laty et Vincent Gérard

         L’Homme-Fumée, une aventure démocratique

Serge Avédikian et Jacques Kebadian

                Que sont mes camarades devenus ?

Sabrina Malek, Arnaud Soulier

         René Vautier, cinéaste franc-tireur

Caroline Caccavale, Joseph Césarini

         Anima

Bertrand de Solliers, Paule Muxel

         Qu’est-ce que je fais là ?

Martina Parenti, Massimo D’Anolfi

         Guerra e pace

João Miller Guerra, Filipa Reis

         Fora da vida

Patrick-Mario Bernard, Pierre Tridivic

         Ceci est une pipe (journal intime)

Jérome Prieur et Gérard Mordillat

         Fils de Marie

Youssef Essiyedali, Louisette-Marie Fareniaux

            Dessine-moi une carte de séjour – 4 portraits de sans-papiers

Marilyn Watelet, Simon Zaleski

         Ecole 27

Johann Feindt, Tamara Trampe

         Wiegenlieder

Sami Mermer, Hind Benchekroun

         Xalko

Jean Dubrel, Tiane Doan Na Champassak

         Jharia, une vie en enfer

Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin

         Letter to Jane

Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville

         Reportage amateur (Maquette expo)

Anne Schiltz, Charlotte Grégoire

         Ceux qui restent

C COMME CHRONIQUE D’UN ÉTÉ

Un film en images, Chronique d’un été, Jean Rouch et Edgar Morin, 1960, 86 minutes.

Le projet : le cinéma vérité

chronique été 7

chronique été 6

Le micro-trottoir : êtes-vous heureux ?

chronique été 4

Le travail en usine

 

chronique été 9

Mary Lou une italienne à Paris

chronique été 10

Marceline, ancienne déportée

chronique été 13.jpg

chronique été 14

chronique été 15

Angelo ouvrier dans l’automobile

chronique été 17

Landru

chronique été 25

Les vacances à Saint-Tropez

chronique été 20

Projection aux protagonistes du film

chronique été 22Discussion finale Rouch-Morin

chronique été 23

Sur Chronique d’un été lire : R COMME ROUCH Jean https://dicodoc.blog/2016/05/31/r-comme-rouch-jean/

M COMME MORIN Edgar

M COMME MORIN Edgar

Edgar Morin. Chronique d’un regard, de Céline Gailleurd et Olivier Bohler, 2014, 1H31.

Edgar Morin et le cinéma. Le cinéma dans sa vie, dans sa pensée, dans son travail intellectuel, dans ses livres. Dès son enfance il est passionné, assidu dans les salles noires. Cinéphage avant de devenir cinéphile, comme il dit. Et aussi : « le cinéma a été pour moi un refuge ». Voilà pour le côté biographique. Puis il est devenu sociologue. Comment un sociologue peut-il s’interroger sur le cinéma ? En fait ce n’est pas sous un angle sociologique qu’il l’aborde, malgré son travail sur la culture de masse. Ce qui l’intéressera toujours, c’est de comprendre le cinéma comme l’art le plus important du XX° siècle, et tout aussi bien du XXI°. Et de penser la spécificité de cet art. Ce qui nous vaut dans sa bouche une belle formule : le cinéma est l’art de la « rédemption ». Ce qu’il répètera à plusieurs reprises dans le film. Et qu’il concrétisera par bien des exemples.

Car Edgar Morin se veut connaisseur de l’histoire du cinéma. Tout au long du film on peut retirer de ses propos un itinéraire cinématographique. Son parcours, son cinéma. Depuis les origines jusque, disons, les années 1960. Car il n’évoque guère le cinéma contemporain. Apparemment les blockbusters américains ne l’intéressent pas. Ni le cinéma français d’après le Nouvelle Vague. On a l’impression (fausse sans doute) qu’il n’a plus fréquenté les salles de cinéma après son livre sur Les Stars (1957) ou celui sur L’Esprit du temps (1962). Il n’en reste pas moins que l’évocation de son parcours en cinéma ne manque pas d’intérêt. Il commence par le cinéma soviétique pour le côté épique de la révolution. Puis il insiste beaucoup sur ce qu’il appelle « l’âge d’or du cinéma allemand », citant les films de Pabst ou le Lang d’avant-guerre. D’ailleurs, une longue séquence le montre en voyage à Berlin. Plaisir de danser avec les jeunes musiciens qui font la fête dans les parcs.

S’il ne peut parler de tous les films qu’il aime (ne pas oublier Charlot quand même) le film de Céline Gailleurd et Olivier Bohler nous montre beaucoup d’images. Des extraits des films qu’il commente. Mais pas que. Beaucoup de séquences le montrent au milieu d’écrans, où sont projetés surtout des images de gros plans d’actrices et d’acteurs. Il est ainsi entouré, presque noyé, dans les images. Des images qui sont proposées même en surimpression sur des vues de ville. Et l’écran est même souvent divisé en deux pour juxtaposer sa propre image à celle des films.

La dernière partie du film, passionnante, est consacrée entièrement à « l’aventure » Chronique d’un été. Des images d’époque le montrent discutant avec Jean Rouch du projet, donnant des indications aux « personnages » du film sur le déroulement d’une séquence. Par exemple avec Marceline à propos de cette forme nouvelle d’interview qu’est le micro-trottoir. Et puis des rushes non montés dans le film nous en disent beaucoup sur ses interrogations sur le sens de l’entreprise (un cinéma non pas sociologique, mais dit-il, véritablement ethnologique), et sur sa collaboration avec Rouch. Sans oublier l’anticipation de la portée historique de ce qu’ils appellent alors le « cinéma vérité », perspective nouvelle qui sera plutôt désignée par la suite par l’expression « cinéma direct ».

Après Chronique d’un été, Morin sera sollicité pour écrire des scénarios. L’expérience ne fut pas concluante. Tant pis. Il avait sans doute mieux à faire. Reste que ses livres sur le cinéma, en particulier celui intitulé Le cinéma ou l’homme imaginaire (1956), restent tout à fait d’actualité. Preuve, les extraits qui en sont proposés ici, lus par Mathieu Almaric.

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