P COMME PÊCHE – Afrique

Poisson d’or, poisson Africain. Thomas Grand et Moussa Diop, Sénégal, 2018, 60 minutes.

Du poisson. Beaucoup de poisson. Des montagnes de poissons. Comme si la côte, le port, la ville étaient ensevelis sous le poisson. Toute une région qui ne vit que par le poisson, pour le poisson.

Nous sommes à Kafountine, en Casamance au sud du Sénégal, un port dont la prospérité attire les travailleurs des quatre coins de l’Afrique. Ils viennent de Guinée, du Burkina, du Mali, de Côte d’Ivoire…Même s’ils savent que le travail est dur et qu’ils ne pourront sans doute pas rester là indéfiniment. Mais ils peuvent gagner là de quoi envoyer de l’argent à leur famille. Alors ils ne se plaignent pas.

Le film de Thomas Grand et Moussa Diop nous plonge au cœur de ce monde, de cette région où le drame n’est jamais loin. Ils décrivent la situation des pêcheurs avec une grande précision, mais sans pathos. Ils filment ce travail, auquel ils s’accrochent sans se laisser aller au désespoir. Un cri silencieux qui n’en est que plus percutant.

Les images sont saisissantes, même si les cinéastes ne recherchent pas le spectaculaire à tout prix. Dans les pirogues où les pêcheurs, chantant en chœur, déploient toute leur force pour hisser les lourds filets à bord et déverser les poissons. Au port, sur la plage, lorsque les immenses vagues soulèvent les pirogues et les porteurs qui viennent prendre le poisson dans les caisses qu’ils portent sur leur tête. Dans la ville elle-même où ces mêmes porteurs acheminent leur charge au petit trop. Une agitation filmée comme une chorégraphie où aucun des acteurs ne semble fatigué. Ce qui n’est bien sûr qu’une illusion. Et puis Ils filment les fours construits pour fumer le poisson, et l’écran est envahi de fumée au point qu’on a du mal à respirer. La déforestation sauvage – pour trouver le bois nécessaire aux fours – laisse dans la brousse des espaces dénudés avec quelques souches des arbres coupés. Les femmes sont obligées de venir très tôt le matin pour espérer trouver une place dans le décorticage du poisson. Peu nombreux sont ceux ou celles qui parviennent à s’enrichir quelque peu. Mais tous travaillent sans répit, sans repos.

Il est rare de voir un film d’une telle puissance d’évocation. Si des entretiens nous permettent de nous rapprocher des cas particuliers, c’est bien plutôt une vision collective qui domine. Tous ces hommes et toutes ces femmes, pour différentes que soient leur origine et leur histoire, vivent la même domination de ce poisson et du travail qu’il impose.

Et l’avenir ? Un épilogue décrit la catastrophe tant redoutée. L’implantation à Kafountine d’usines de farine de poisson, modifie radicalement le contexte économique de la région. Ce sont des milliers de travailleurs qui se retrouvent sans ressources. C’est toute une partie de l’Afrique qui se voient privée d’une partie de leur alimentation, les poissons transformés (fumés ou séchés…) Car les farine sont expédiées en Asie, en Europe et même en Amérique. Les africains ne retirent plus de bénéfice du poisson qu’ils pêchent.

Les images du film ont perdu leur éclat. La ville n’offre plus qu’un spectacle de désolation.

B COMME BIOFILMOGRAPHIE Thomas Grand

THOMAS GRAND / Gérant de ZIDEOPROD
BP13A NGUEKHOKH, SENEGAL
(+221) 77 458 65 13
zideoprod@yahoo.fr
https://www.zideoprod.com
Né le 14 avril 1976 à PARIS, Titulaire du Permis B, Nationalité Française
Gérant de Zideoprod, Producteur, Réalisateur, Cadreur, Monteur
Anglais et Wolof lus et parlés
Notions d’Allemand
DIPLOMES
1994 Bac B
1997 Deug de Gestion-Economie Appliquée à l’Université Paris 9 Dauphine
2000 Diplôme de réalisation audiovisuelle à l’ESRA PARIS
(Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle)


FILMOGRAPHIE
2018-2020
Production et Réalisation d’un film documentaire de 60’ « Poisson d’or, poisson africain » sur les
problématiques de pêche artisanale et de transformation, de sécurité alimentaire et de migrations en
Casamance
Partenaires : MUNDUS MARIS, Fondation ROSA LUXEMBURG
Sélectionné dans 190 festivals internationaux, primé à 62 reprises.
Diffusions TV5 Monde, TV5 Afrique, Canal+ Afrique
2020
Réalisation d’un film d’anthropologie visuelle « L’enfant au cœur des soins » sur la prise en charge de
la douleur des enfants dans les services de maladies chroniques au Sénégal
Clients : Ambassade de France, Principauté de Monaco
2019
Réalisation d’un film sur le portrait de Khoudia Sow, Prix de Recherche de la Fondation Croix-Rouge
Client : Fondation Croix-Rouge
Réalisation de 5 films sur les 50 ans de l’UNFPA
(Films sur la santé de la reproduction, l’accompagnement des adolescents, les violences basées sur le
genre, dividende démographique)
Client : UNFPA
2018
Réalisation d’une fiction-documentaire « L’impatience de vivre » sur les grossesses adolescentes au
Bénin, programme CORARE.
Clients : AFD, CNRS
2017
Réalisation d’un film sur le programme ENSPEDIA
(Enfance et soins en pédiatrie en Afrique de l’Ouest)
Client : CNRS, UNICEF, Principauté de Monaco
2016
Réalisation d’un spot promotionnel du secteur artisanal au Sénégal
Client : La KORA-PRD / Frères des Hommes / AFD
Réalisation de 3 films programme COMFISH (Gestion concertée pour une pêche durable au Sénégal)
Client : USAID (Agence Américaine de Coopération Internationale)
Premier Prix d’Excellence au Concours Women in the SeaFood Industry (WSI) 2019
Tournage dans des écoles maternelles et des maternités – régions de Kaolack et de Thiès –
Client : Racines d’Enfance (France)
2015
Production déléguée et régie d’un court-métrage tourné au Sénégal « L’histoire de Saré Bafé »
Client : LECODE (France)
Production et Réalisation d’un film documentaire de 26’ « Diogué, une île de pêche menacée » sur les
problématiques d’érosion côtière et ses conséquences sur la pêche artisanale
Partenaires : MUNDUS MARIS, Fondation ROSA LUXEMBURG
Diffusions RTBF/ TV5 Monde (Reflets Sud) 2018
2014
Tournage d’un reportage sur un projet d’électrification en zone rurale ENERDYNAMIC –Fondation
Servir le Sénégal (région de Matam, Sénégal)
Client: Bloomberg TV-21th Century Business-MMP (USA)
Réalisation d’un film bilan de format 13’ sur un séminaire
« Transition Humanitaire et réflexions éthiques au Sénégal »
Client : Fonds Croix Rouge Française
Co-Production et réalisation d’un film de format 20’ sur les innovations paysannes (Thiès, Sénégal)
Clients : CTA-ONG Agrécol Afrique
2013
Réalisation d’un film de format 26’ autour du projet COGEPAS (Cogestion des pêcheries artisanales du
Sénégal)
Client : JICA (Agence Japonaise de Coopération Internationale)
2012
Réalisation d’un film de format 26’ « Des Aires Marines pour protéger la pêche : Réflexions en Afrique
de l’Ouest »
Client : CSRP (Commission Sous Régionale des Pêches)
2011
Réalisation d’un film de vulgarisation de format 26’ autour du programme P.D.R.D (Programme de
Développement Rural Durable)
Client : JICA (Agence Japonaise de Coopération Internationale)
2010
Réalisation d’un reportage de format 20’ sur une visite d’échange à Joal entre les représentants des
différentes Aires Marines Protégées du Sénégal
Client : UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature)
Réalisation d’un film de sensibilisation de format 26’ « Le défi de la cogestion des pêcheries artisanales
au Sénégal » Programme COGEPAS
Client : JICA (Agence Japonaise de Coopération Internationale)
2008/2009
Production et réalisation d’un film documentaire de format 52’
« Kayar, l’enfance prise aux filets »
Film subventionné par le Ministère des Affaires Etrangères du Royaume d’Espagne et par l’AECID
(Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement)
Diffusions TV5 et CFI
Prix du Meilleur Documentaire Festival Image et Vie 2010 (Dakar, Sénégal)
Sélectionné au Festival Pêcheurs du Monde 2010 (Lorient, France)
Mission de conseil et de formation en audiovisuel au Niger et au Sénégal autour du projet « Réflexivité
et Créativité dans l’éducation au développement »,
Client : Plan International
2006
Mission de Conseil pour le Ministère de la Présidence du Royaume d’Espagne et le Bureau Technique
de Coopération de l’Ambassade d’Espagne à Dakar dans le cadre d’une campagne de sensibilisation au
Sénégal sur le thème de l’immigration clandestine
Client : AECID (Agence Espagnole de Coopération Espagnole pour le Développement)
Production et Réalisation d’un film documentaire « Benn Lannu » sur une résidence d’artistes
danseurs à l’Espace Sobo Badé, Toubab Dialaw (UNESCO-ASCHBERG « Bourses pour Artistes »)
2005
Réalisation d’un reportage de 60’ « Les Aires Marines Protégées du Sénégal, un pari pour l’avenir »
Client: WWF (World Wide Fund For Nature)
2004
Réalisation de films de danse pour la compagnie Jant-Bi, Germaine Acogny
2002/2003
Technicien d’exploitation, responsable post-production et assistant monteur
Big Mama Post-Production (Paris), Tetra Media (Paris)

POISSON D’OR, POISSON AFRICAIN – Sélections festivals, nominations et prix –
Thomas Grand & Moussa Diop, Sénégal, 2018
Production : ZideoProd
Avec le soutien de : Fondation Rosa Luxemburg et Mundus Maris
10ème Festival Pêcheurs du Monde
(Lorient, France, mars 2018)
Prix du Public
Mention Spéciale Jury Professionnel
Mention Spéciale Jury Jeunes
22ème Festival Ecrans Noirs (Yaoundé, Cameroun, juillet 2018)
Ecran du Documentaire International
Prix TV5 Monde
3ème Toukountchi Festival de Cinéma du Niger (Niamey, Niger, octobre 2018)
Prix du Meilleur Documentaire Moyen & Long Métrage
5ème Festival International de Films sur les Droits de l’Homme FIFIDHO (Niger, novembre 2018)
Prix de la Meilleure Réalisation (Prix Djingarey Maïga)
6ème Festival du Film de Masuku Nature & Environnement (Masuku, Gabon, décembre 2018)
Prix Etudiant du Festival de Film de Masuku
10ème Festival International du Film Documentaire de Khouribga (Khouribga, Maroc, décembre 2018)
Grand Prix
Prix de la Critique
6ème Green Image Film Festival (Tokyo, Japon, février 2019)
Grand Prix
Prix Green Image
30ème Festival des Rencontres Cinéma-Nature (Dompierre sur Besbre, France, avril 2019)
Grand Prix
Prix du Public
16ème Festival de Films pour l’Environnement – FFPE (St Casimir de Portneuf, Canada, avril 2019)
Prix du Meilleur Film Etranger
1er Festival International du Film de Mer « Les Ecrans de la Mer » (Sables d’Olonne, France, mai 2019)
Prix de l’Ecriture
8ème Deauville Green Awards (Deauville, France, juin 2019)
Trophée d’or
8ème Festival International du Documentaire des Droits de l’Homme (Rabat, Maroc, juin 2019)
Prix du Jury
3ème Migranti Film Festival (Bra/Turin, Italie, juin 2019)
Prix du Meilleur Documentaire
4ème The African Film Festival-TAFF (Dallas, Texas, USA, juin 2019)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
1er Festival de Cinéma Euro-Africain Cinéma de Souss Massa (Tiznit, Maroc, juin 2019)
Mention Spéciale avec Félicitations du Jury
1er Tulum World Environment Film Festival (Tulum, Mexique, juillet 2019)
Prix du Meilleur Film Long Métrage
1er Indo-Global International Film Festival (Mumbai, Maharashtra, Inde, juillet 2019)
Prix du Meilleur Réalisateur
1er Sea & Beach Film Festival (Alicante, Espagne, juillet 2019)
Prix du Meilleur Film Long Métrage
5ème Green Montenegro International Film Fest (Podgorica, Monténégro, août 2019)
Grand Prix
6ème Food Film Fest (Bergame, Italie, août 2019)
Prix du Meilleur Documentaire
5ème Festival Corti di Mare (Modica, Italie, septembre 2019)
Prix du Meilleur Documentaire
6ème Festival des à côtés (Lyons la Forêt, France, octobre 2019)
Prix du Jury
10ème Cabo Verde International Film Festival (Sal, Cap Vert, octobre 2019)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
13ème Festival International du Cinéma des Peuples Ânûû-rû Âboro
(Pwêêdi Wiimîâ, Nouvelle Calédonie, octobre 2019)
Prix Ânûû-rû Âboro du Meilleur Moyen Métrage de la Compétition Internationale
19ème Festival Lumières d’Afrique (Besançon, France, novembre 2019)
Prix du Public (Documentaires Long Format)
8ème Festival International du Film des Lacs et Lagunes FESTILAG
(Abidjan, Grand-Bassam, Côté d’Ivoire, novembre 2019)
Prix du Meilleur Documentaire
2ème Festival International Sahélien du Film FISFI (Maroua, Cameroun, novembre 2019)
Prix du Meilleur Documentaire
2ème Festival CinémaTerre (Metz, France, novembre 2019)
Prix Spécial du Jury
38ème Grand Prix International URTI du Documentaire d’Auteur (Paris, France, mars 2020)
Grand Prix
32ème Fête Européenne de l’Image Sous-Marine et de l’Environnement (Strasbourg, France, mars 2020)
Prix de l’Environnement
1er Retro Avant Garde Film Festival NYC (New York, USA, mai 2020)
Prix des Droits Humains
2ème Kiarostami Film Festival (Istambul, Turquie, mai 2020)
Prix du Meilleur Documentaire
2ème Retro Avant Garde Film Festival Cairo (Le Caire, Egypte, mai 2020)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
3ème Mena Film Festival (La Haye, Pays Bas, juin 2020)
Prix du Meilleur Réalisateur Documentaire Long Métrage
12ème SiciliAmbiente Film Festival (San Vito La Capo, Italie, août 2020)
Prix Greenpeace Italia
2ème Prix du Concours Documentaire
10ème Festival de Cine Verde de Barichara FESTIVER (Barichara, Santander, Colombie, septembre 2020)
Mention d’Honneur de la Compétition Internationale Long Métrage
2ème Festival des Mémoires de la Mer (Rochefort, France, septembre 2020)
Prix du Film « Les Mémoires de la Mer 2020 »
11ème Silicon Valley African Film Festival (San José, Californie, USA, octobre 2020)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
14ème Terra di Tutti Film Festival (Bologne, Italie, octobre 2020)
Mention Spéciale du Jury Benedetto Senni
5ème Lake International Panfafrican Film Festival (Nairobi, Kenya, novembre 2020)
Prix du Meilleur Documentaire
2ème Festival « Les Rimbaud du Cinéma » (Charleville-Mézières, France, novembre 2020)
Rimbaud du Film Documentaire
15ème Festival de Peliculas Nativas Arica Nativa (Arica, Chili, novembre 2020)
Prix du Meilleur Film Catégorie Afrique Long métrage
3ème GeoFilm Festival (Cittadella, Italie, novembre 2020)
Prix International du Film « The Golden Earth »
4ème Fiorenzo Serra Film Festival (Sassari, Italie, novembre 2020)
1er Prix Fiorenzo Serra (Catégorie Principale Long Métrages)
1er Festival TarapacaFic – Festival International de Cine de Tarapaca – (Iquique, Chili, novembre 2020)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
9ème Festival Lagunimages (Cotonou, Bénin, décembre 2020)
Nokoué d’or – Grand Prix –
1er Kukastream Online African Film Festival (Festival en ligne, Afrique du Sud, décembre 2020)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
1er Village Arts & Film Festival VILLAFEST (Owerri, Imo, Nigéria, décembre 2020)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage
2ème Festival Natourale (Wiesbaden, Allemagne, décembre 2020)
Lion Rouge de Hesse – Prix du Développement Durable –
12ème Festival International du Film Court et du Documentaire de Casablanca (Casablanca, Maroc, décembre 2020)
Prix de la Meilleure Réalisation (Concours Documentaire)
Impact DOC Awards 2021 (La Jolla, Californie, USA, janvier 2021)
Prix de Reconnaissance
1er Festival Internacional de Cine Documental de Santa Teresa – Pampa DocFest –
(La Pampa, Patagonie, Argentine, mars 2021)
Prix du Meilleur Documentaire Long Métrage International
Prix du Secrétariat à la Culture de La Pampa

2èmes Teranga Movies Awards (Dakar, Sénégal, juillet 2021)
Prix du Meilleur Long-métrage Documentaire
3ème L’œil du Kwatt – Festival International du Film de Quartier (Atok, Cameroun, août 2021)
Le Kwatt d’Or – Prix du Meilleur Film –
15ème GREEN SCREEN – Internationales Naturfilmfestival Eckernfôrde –
(Eckernförde, Allemagne, septembre 2021)
Prix de la Meilleure Production Indépendante
Finaliste aux Etoiles de la Scam 2019 (France, juin 2019)
Nominé aux Green Film Network Awards 2019 (Seia, Portugal, octobre 2019)
Nominé aux African Movie Academy Awards 2019 (Lagos, Nigeria, octobre 2019)
Nominé aux 8èmes Kisima Music & Film Awards (Nairobi, Kenya, décembre 2020)
Nominé aux 7 èmes WAMMA Awards « West African Music & Movie Awards » (Niamey, Niger, juin 2021)
Finaliste au 4ème Roma Cinema Doc 2020 (Doc International) (Rome, Italie, mai 2020)
Finaliste au 11ème Fist Up Film festival (Oakland, Californie, USA, mai 2020)
Sélectionné au 1er Festival International Sahélien du Film FISFI
(Maroua, Cameroun, septembre 2018)
Sélectionné au 18ème Festival de Cinéma Image & Vie
(Dakar, Sénégal, octobre 2018)
Sélectionné au 10ème Festival Alimenterre Belgique
(Bruxelles, Belgique, octobre 2018)
Sélectionné au 5ème Festival International de Cinéma de Kinshasa FICKIN
(Kinshasa, RDC, octobre 2018)
Sélectionné au 16ème Festival des Cinémas d’Afrique du pays d’Apt FCAPA
(Apt, France, novembre 2018)
Sélectionné au 1er Festival des Identités Culturelles FESTIC
(Ouagadougou, Burkina Faso, novembre 2018)
Sélectionné au 32ème Festival International du Cinéma Francophone en Acadie FICFA
(Nouveau Brunswick, Canada, novembre 2018)
Sélectionné au 3ème Festival International du Film sur la Migration-OIM GMFF2018
(Genève, Suisse, novembre/décembre 2018, projections dans le monde entier)
Sélectionné au 5ème Festival Afrikabok
(Sine Saloum, Sénégal, novembre 2018)
Sélectionné au 5ème Out of Africa International Festival OAIFF
(Nairobi, Kenya, novembre 2018)
Sélectionné aux Rencontres Cinématographiques Internationales de Dakar RECIDAK 2018
(Dakar, Sénégal, novembre 2018)
Sélectionné au Festival Ciné Droit Libre de Dakar
(Dakar, Sénégal, novembre 2018)
Sélectionné au Festival des Solidarités FESTISOL
(Bretagne, France, novembre 2018)
Sélectionné au 5ème Festival International du Cinéma Numérique de Cotonou FICNC
(Cotonou, Bénin, décembre 2018)
Sélectionné au 16ème Festival International du Film des Droits Humains de Paris FIFDH
(Paris, France, décembre 2018)
Sélectionné au 20ème Black Movie-Geneva International Independant Film Festival
(Genève, Suisse, janvier 2019)
Sélectionné au 6ème West African Film Festival
(Houston, Texas, USA, février 2019)
Sélectionné au 9ème Festival Ecran d’Afrique
(Mordelles, France, mars 2019)
Sélectionné au 4ème Rapid Lion – The South African Film Festival
(Johannesburg, Afrique du Sud, mars 2019)
Sélectionné au 11ème Festival Pêcheurs du Monde (Escales du Festival)
(Lorient, France, mars 2019)
Sélectionné au 15ème Festival L’ici et L’ailleurs
(St Martin en Bresse, France, mars 2019)
Sélectionné au 40ème Festival Curieux Voyageurs
(Saint-Etienne, France, mars 2019)
Sélectionné au 8ème Luxor African Film Festival
(Luxor, Egypte, mars 2019)
Sélectionné au 9ème Eko – International Film Festival
(Lagos, Nigéria, avril 2019)
Sélectionné au 16ème Festival International du Film Panafricain de Cannes
(Cannes, France, avril 2019)
Sélectionné au 6ème Festival Koudougou Doc
(Koudougou, Burkina Faso, avril 2019)
Sélectionné au 24ème Afrika Film Festival
(Leuven, Belgique, avril-mai 2019)
Sélectionné au 12ème African World Documentary Film Festival
(San Diego, Californie, USA, avril/août 2019)
Sélectionné à la Semaine Africaine de l’UNESCO
(Paris, France, mai 2019)
Programmé dans le cadre des Ciné-Rencontres sur les Droits Humains de l’Association Pierre Chaussin
(Sainte-Savine, France, mai 2019)
Sélectionné au 18ème Festival de Lasalle-DOC Cévennes
(Lasalle, France, mai-juin 2019)
Sélectionné au 4ème Festival Résonances
(Bruxelles, Belgique, mai-juin 2019)
Sélectionné au 1er Festival Espelhos d’Africa
(Salvador de Bahia, Brésil, mai-juin 2019)
Sélectionné au 3ème Festival CinemAmbulante
(Calabre, Italie, juin 2019)
Sélectionné au 3ème African Diaspora Cinema Festival
(Florence, Italie, juin 2019)
Sélectionné au 5ème Festival Eurafriclap
(Paris, France, juin 2019)
Sélectionné au 10ème Festival International des Films d’Environnement de Chefchaouen
(Chefchaouen, Maroc, juin 2019)
Sélectionné au 3ème The Buddha International Film Festival
(Pune, Maharashtra, Inde, juin 2019)
Sélectionné au 3ème Festival International de Cinéma Environnemental de Gabès -FICEG-
(Gabès, Tunisie, juillet 2019)
Programmé à l’Exposition Mer XXL
(Nantes, France, juillet 2019)
Sélectionné au 6ème Festival Africlap
(Toulouse, France, août 2019)
Sélectionné au 2ème Kracow International Green Film Festival
(Cracovie, Pologne, août 2019)
Sélectionné au 2ème Motion Pictures International Film Festival
(Salt Lake City, Utah, USA, août 2019)
Sélectionné au 17ème Afrika Film Festival Köln
(Cologne, Allemagne, septembre 2019)
Sélectionné au 9ème San Francisco Green Film Festival
(San Francisco, Californie, USA, septembre 2019)
Sélectionné au 6ème Festival Cinéma et la Mer
(Sidi Ifni, Maroc, septembre 2019)
Sélectionné au 10ème Silicon Valley African Film Festival
(San Jose, Californie, USA, octobre 2019)
Sélectionné au 6ème BIFED- Bozcaada International Festival of Ecological Documentary (Section Panorama)
(Bozcaada, Turquie, octobre 2019)
Sélectionné au 8ème Jozi Film Festival
(Johannesburg, Soweto, Afrique du Sud, octobre 2019)
Sélectionné au Festival Alimenterre 2019
(Projections en France, au Canada et en Afrique, octobre/novembre 2019)
Sélectionné au 8ème SunChild International Environmental Festival
(Yerevan, Arménie, octobre 2019)
Sélectionné au 8ème Festival Augen Blicke Afrika
(Hambourg, Allemagne, novembre 2019)
Sélectionné au 2ème Online African Film Festival (OAFF)
(Festival en ligne, novembre 2019)
Programmé au Colloque International « Vulnérabilité des sociétés et des milieux côtiers et estuariens d’Afrique de
l’Ouest » PATEO
(Université Assane Seck de Ziguinchor, Sénégal, novembre 2019)
Sélectionné au 20ème Festival « Aux Ecrans du Réel »
(Le Mans, France, décembre 2019)
Sélectionné au 10ème Festival du Film Documentaire de St Louis
(St Louis, Sénégal, décembre 2019)
Sélectionné au International Film Festival on Organic Farming
(Université de Musashi, Japon, décembre 2019)
Sélectionné au 17ème Festival International du Film des Droits Humains de Paris FIFDH
(Paris, France, décembre 2019)
Sélectionné au 9ème IntimaLente Film Festival
(Caserta, Italie, décembre 2019)
Programmé au 6ème Rendez-vous du Cinéma Africain
(La Flèche, France, janvier 2020)
Programmé au Café Kultu / Cinécyclub /Cinécyclo
(Dijon, France, février 2020)
Sélectionné au 3ème Nepal International Film Festival-NIFF
(Kathmandou, Népal, février 2020)
Sélectionné au 7ème Darbhanga International Film Festival
(Darbhanga, Bihar, Inde, février 2020)
Programmé au 4ème Festival Film Femme Afrique (Focus Sénégal)
(Dakar, Sénégal, février 2020)
Sélectionné au 7ème Festival Amnesty International « Au Cinéma pour les Droits Humains »
(France, mars 2020)
Sélectionné au 8ème Festival International du Film Indépendant de Bafoussam
(Bafoussam, Cameroun, mars 2020)
Programmé au Printemps Africlap
(Toulouse, France, mars 2020)
Sélectionné au 2ème Malabo International Music & Film Festival
(Malabo, Guinée Equatoriale, avril 2020)
Programmé au 31ème Festival des Rencontres Cinéma-Nature
(Dompierre sur Besbre, France, avril 2020)
Sélectionné au 2ème Festival AfroCine
(Popayán, Colombie, mai 2020)
Programmé au Festival Africadelic
(Amsterdam, Pays Bas, mai 2020)
Sélectionné au 1er Lockdown Film Festival
(Festival en ligne, Royaume Uni, juin 2020)
Sélectionné au 13ème Smaragdni Eco Film Festival – SEFF
(Zagreb, Croatie, juin 2020)
Sélectionné au 11ème Liberation Docfest Bangladesh
(Agargaon, Bangladesh, juin 2020)
Sélectionné au 6ème International Nature Film Festival Gödöllő
(Gödöllő, Hongrie, septembre 2020)
Sélectionné au 17ème Water Sea Oceans Internatonal Film Festival
(Hluboka Nad Vtlavou, République Tchèque, septembre 2020)
Sélectionné au 14ème Jahorina Film Festival
(Pale, Bosnie Herzégovine, septembre 2020)
Sélectionné au 10ème Wildlife Conservation Film Festival
(New York, Miami, Los Angeles, USA, octobre 2020)
Sélectionné au 1er International Environmental Documentary Film Festival
(Kerala, Inde, octobre 2020)
Sélectionné au 5ème Working Title Film Festival
(Vicence, Italie, octobre 2020)
Sélectionné au 1er Ontario International Film Festival
(Toronto, Canada, octobre 2020)
Sélectionné au 6ème Another Way Film Festival
(Madrid, Espagne, octobre 2020)
Sélectionné au 21ème Bergen International Film Festival
(Bergen, Norvège, octobre 2020)
Sélectionné au 13ème Zózimo Bulbul Black Film Festival – Brazil, Africa, Caribbean and Other Diasporas
(Rio de Janeiro, Brésil, octobre 2020)
Sélectionné au 6ème Festival des Sciences de Noirmoutier
(Noirmoutier, France, octobre 2020)
Sélectionné au 24ème International Ecological Festival « TO SAVE AND PRESERVE « 
(Ugra, Fédération de Russie, octobre 2020)
Sélectionné au 4ème Festival Nouvelles Vues Haïti
(Port-au Prince, Haïti, novembre 2020)
Sélectionné au 1er Festival « Bangui fait son Cinéma »
(Bangui, République centrafricaine, novembre 2020)
Sélectionné au 7ème Festival Mente Locale – Visioni sul Territorio
(Vignola, Italie, novembre 2020)
Sélectionné au 4ème Singapore Eco Film Festival
(Singapour, novembre 2020)
Sélectionné au 1er Rising Sun International Film Festival
(Kitakyushu City, Fukuoka, Japon, novembre 2020)
Programmé au 8ème Festival du Film de Masuku -Edition Spéciale-
(Masuku, Gabon, décembre 2020)
Sélectionné au 2ème Festival « L’Afrique fait son Cinéma »
(Paris, France, décembre 2020)
Sélectionné aux 1ères Rencontres Cinématographiques des Techniciens -Panorama-
(Kpalime, Togo, décembre 2020)
Sélectionné au 27ème New York African Film Festival
(New York, USA, mars 2021)
Sélectionné au 1er Biophilic Film Festival
(Nairobi, Kenya, mars-avril 2021)
Sélectionné au 9ème Nepal Africa Film Festival Guaporé
(Kathmandou, Népal, avril 2021)
Sélectionné au 1er Guaporé Festival Internacional de Cinema Ambiental
(Porto Velho, Brésil, avril 2021)
Programmé au Festival Afrikabok -Edition Spéciale –
(Festival en ligne, Sénégal, avril 2021)
Sélectionné au 7ème Festival Internacional de Cine en La Isla
(Isla Fuerte, Certagena de Indias, Colombie, mai 2021)
Sélectionné au 7ème Zambia Short Film Festival
(Lusaka, Zambie, mai 2021)
Programmé au Festival Africadelic
(Amsterdam, Pays Bas, mai 2021)
Sélectionné au 8ème Construir Cine – Festival Internacional de Cine Sobre El Trabajo
(Buenos Aires, Argentine, mai 2021)
Sélectionné au 12ème FESTICAB -Festival International du Cinéma et de l’Audiovisuel du Burundi
(Bujumbura, Burundi, mai-juin 2021)
Sélectionné au 5ème BCT – Festival Nazionale del Cinema e della Television di Benevento
(Benevento, Italie, juin 2021)
Sélectionné au 2ème Festival International des Courts Métrages La Pointe Noire (FICOMP) -Panorama Spécial –
(Pointe-Noire, République du Congo, juin 2021)
Sélectionné au 1er Festival Téélméri Bop Kon
(Bargny, Sénégal, juin 2021)
Sélectionné au 10ème Festival Globale Mittelhessen
(Mittelhessen, Allemagne, juillet 2021)
Sélectionné au 1er KAMERAT – Festival selavskega filma –
(Hrastnik, Slovénie, juillet 2021)
Sélectionné au 3ème FESCILOM
(Lomé, Togo, juillet 2021)
Programmé au Festival EducAmbiente – Film de clôture –
(Baghiera, Italie, août 2021)
Sélectionné au 1er Festival Internacioanl de Cine – El Cine suma paz –
(Bogota, Colombie, septembre 2021)
Sélectionné au 3ème Quibdo Africa Film Festival
(Pointe-Noire, République du Congo, septembre 2021)
Sélectionné au 2ème Annual Social and Economic Justice Film Festival
(San Francisco, Californie, USA, septembre 2021)
Sélectionné au 4ème Paraná International Films Festival
(Paraná, Argentine, septembre 2021)
Sélectionné au 4ème LAN – Festival audiovisual obrero
(Bilbao, Espagne, septembre 2021)
Sélectionné au 8ème Festival Internacional de Cine De Puerto Madryn – MAFICI –
(Puerto Madryn, Argentine, septembre 2021)
Programmé à la 9ème RIAC – Rencontre Internationale d’Art Contemporain de Brazzaville –
(Brazzaville, République du Congo, septembre 2021)
Sélectionné aux 2èmes Job Film Days – Il Cinema Per I Dritti Di Chi Lavora –
(Turin, Italie, septembre 2021)
Sélectionné au 6ème Out of Africa International Film Festival
(Nairobi, Kenya, septembre 2021)
Sélectionné au 11ème Filmambiente Festival
(Rio de Janeiro, Brésil, octobre 2021)
Sélectionné au 13ème Festival Internacional de Cine Invisible “Film Sozialak”
(Bilbao, Espagne, octobre 2021)
Sélectionné au 17ème Globalisierungskritishes Filmfestival
(Leipzig, Allemagne, novembre 2021)
Sélectionné au 14ème Festival Internacional de Cinema Africano de Argentina
(Buenos Aires, Argentine, novembre 2021)
Sélectionné au 10ème Festival Cinematographico Internacional « El Ojo Cojo »
(Madrid, Espagne, novembre 2021)
Sélectionné au 8ème Festival Yarha – Semaine Internationale du 1er Film –
(Yaounde, Cameroun, novembre 2021)
Sélectionné au 14ème Festival Ciné Regards Africains
(Paris, France, novembre-décembre 2021)
Sélectionné aux 7èmes Trophées Francophones du Cinéma
(Kigali, Rwanda, décembre 2021)
Sélectionné au 3ème Festival International du Documentaire Maritime – FIDOM –
(Bordeaux, France, janvier 2022)
Sélectionné au 1er Social Impact Film & Arts Festival – SIFA Festival Awards
(Sainte-Geneviève, Canada, juin 2022)

E COMME ENTRETIEN Alphonse Ntep

1 Quelle est la genèse de votre film, Le Grand Ecran ? D’où vient l’idée première ? Quelles ont été les étapes de sa mise en œuvre ?

Alphonse Ntep : Il faut dire que l’idée de faire ce film date de trois ans.  Je m’en souviens comme si c’était hier. Les chiffres, je les connais par cœur parce qu’il s’agit de mon pays. En 2018, le Compte d’Affectation Spéciale pour le Soutien de la Politique Culturelle attribuait à la « CATEGORIE CINEMA ET AUDIOVISUEL » une enveloppe de 26.850.000XAF soit 40.000€ sur un total général de 221.900.000XAF soit 338.000€ destinée au secteur artistique et culturel de tout le triangle national. 32 projets avaient bénéficié de cette enveloppe. Des projets, qui, pour la plupart n’ont pas vu le jour ou du moins, ne verront « jamais » le jour.

 Dès lors, je me suis posé mille et une questions… : Quelle est la place de la culture en général et du cinéma en particulier dans un pays comme le nôtre ? Pourquoi ne pas produire avec cette enveloppe un film de qualité qui pourrait valablement représenter les couleurs de la nation de par le monde ?

Il est peut-être vrai que plusieurs pays d’Afrique francophone connaissent le même sort… Mais, des efforts sont faits. On peut voir avec le cas du Sénégal qui investit à l’heure actuelle 2 Milliards XOF par an dans ce secteur, soit 3 Millions €, le Burkina Faso et la Cote d’Ivoire ne sont pas en reste (1 Milliard XOF soit 1.5 Million € par an).

Dans ce désarroi, j’ai eu le plaisir de faire la rencontre d’une jeune compatriote, Carole Djoukam, qui, avait partagé avec moi l’idée de faire un film sur le Festival Ecrans Noirs. Ce n’est qu’à partir de là que je me suis formellement engagé à réaliser et produire ce film, qui, est une conjugaison d’idées.

Il faut dire que le titre a connu beaucoup de mutation de : « BLACK SCREENS, THE REVERSE », en passant par « L’ECRAN, AU CŒUR DU DEVELOPPEMENT… » pour aboutir à « LE GRAND ECRAN », ce fameux court métrage documentaire de 23’.

Cette autoproduction est un véritable plaidoyer qui devrait ouvrir des perspectives aux cinéastes camerounais (surtout les jeunes) mais aussi ceux d’autres pays d’Afrique francophone. Il devrait inciter les autorités publiques, les organismes à créer un véritable fonds non seulement pour la formation des métiers du cinéma mais aussi de « prendre en compte le cofinancement de la diffusion avec le secteur privé ».

Vous comprendrez donc que c’est un documentaire propagandiste qui vante les mérites du cinéma. C’est tout aussi un film d’information car il conserve toute sa valeur informative même si pour certain, il présenterait l’inconvénient de travestir l’information sur la réalité montrée en l’arrangeant selon mes convenances. 

Les étapes de sa mise en œuvre ont été très simples quoique cela nous ait pris trois années de notre vie, mon équipe et moi. Mais, il a été avant tout important :

  • De bien définir le sujet… au regard des multiples intentions ;
  • De faire une investigation et une recherche de documents relatifs au sujet ;
  • Ensuite, un inventaire des documents trouvés a été fait, repérages ;
  • Après, le tri, organisation et classification des documents trouvés par catégories et nature ;
  •  Ensuite, il a été question de faire le choix du contenu à aborder et de l’angle d’attaque (car on ne pouvait pas tout montrer. Il fallait choisir ce qui allait être montré ou dit sur le sujet). Elaboration de la trame et du canevas.
  • Place au développement (écriture du sujet). Il était question de rédiger la narration off qui devait accompagner les images. Cette narration faisait office de « scénario » ou plus exactement du conducteur (texte emplacement des interviews plus les prévisions images et sons de chaque segment). Une tâche qui a été effectué par Loris Clet Adiang et Carole Djoukam qui signent le scénario du film.
  • Nous avons par la suite enchainé avec les tournages sur les sites (prises de vues et sons, interviews…) pendant deux ans années successives 2019, 2020 sur une période de 7 jours par an car il fallait attendre chaque édition du festival Ecrans Noirs et avoir les accords de certains intervenants. Tous ne vivent pas au Cameroun. Les tournages ont donc été faits au Cameroun et en Belgique.
  • Ce n’est qu’en Juin 2021 que mon équipe et moi avons entamé les montages. Il est important de dire que ça nous a pris du temps avant de commencer à le monter car je recherchais une véritable aide à la post-production pour ce film que je n’ai malheureusement pas pu obtenir. Il m’a fallu tendre la main du côté de la société civile qui m’a été d’un très grand soutien pour la finition de ce projet.

Cette étape a connu : le tri et maquettage (montage brut), la fabrication des éléments d’habillage (graphiques, affiches,..),  post-production image et mixage son (Montage final, étalonnage et habillage). La version PAD est donc disponible depuis août 2021.

Par ailleurs, je ne dirais jamais assez merci aux membres de mon équipe, qui, pour la plupart ont travaillé sans « véritable salaire ».

Actuellement, nous en sommes à la phase de vente et de diffusion… Nous y travaillons et espérons qu’il soit largement diffusé dans le monde.

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2 Quelle est la place du documentaire dans le cinéma africain en général et celui du Cameroun en particulier ?

Alphonse Ntep : Je vais éviter de parler d’un « cinéma » dit africain car pour moi le cinéma est universel et nous partageons nos cultures, nos valeurs et nos connaissances à travers son langage.  Je dirais dès lors que le documentaire occupe une place importante dans le cinéma en Afrique comme partout ailleurs bien sûr. On peut le reconnaitre non seulement sur le plan quantitatif mais aussi qualitatif des productions du cinéma documentaire qui font la fierté du continent Africain de par le monde. Les exemples sont légion : « EN ROUTE POUR LE MILLIARD » de Dieudo Hamadi (RDC), « POISSON D’OR, POISSON AFRICAIN » de Thomas Grand et Moussa Diop (Sénégal) ou même « NUIT DEBOUT » de Nelson Makengo (RDC)… pour ne citer que ces films-là.

En ce qui concerne le Cameroun en particulier, autant dire avec franchise que c’est l’un des pays africains qui produit le moins de film documentaire sur une année… A quelques rares exceptions près avec les cinématographies des réalisateurs qui ont toujours fait bouger les lignes à savoir Jean Marie Teno, Mary-Noël Niba, Rosine Mbakam, François Woukoache… la liste est exhaustive.

Mais, il faut noter que depuis un certain temps, avec la nouvelle vague de cinéastes au Cameroun, on observe de plus en plus un grand intérêt pour le genre documentaire. D’ailleurs, au Cameroun, des initiatives collectives sous formes de programmes tels que Patrimoine-Héritage ou Yaoundé Lab Film accompagnent des jeunes auteurs et autrices dans l’écriture, le développement, la production et la coproduction des projets de films documentaires.

3 Quel type de public le cinéma a-t-il au Cameroun ?

Alphonse Ntep : Je pense qu’à l’heure actuelle, au Cameroun, le cinéma produit localement est en phase de réconciliation avec le grand public. Même s’il faut reconnaitre que le public jeune répond le plus présent. Mais, ce qui manque à la production locale, c’est la communication autour du produit (film) pour pouvoir atteindre la cible préétablie. Le grand public consomme davantage ce qui est vulgarisé. Mais, je pense que pour une industrialisation effective du secteur du cinéma au Cameroun l’on devrait concilier ces trois piliers : les films (qui se font de plus en plus rares, moins de 10 films produits par an), les salles (pratiquement toutes inexistantes et/ou fermées) et le public (de plus en plus exigeant et averti). 

4 Le festival Ecrans noirs occupe une grande place dans votre film. Pouvez-vous évoquer pour nous son histoire. Quel est son retentissement en Afrique ?

Alphonse Ntep : Tout à fait… Quoiqu’on dise, on ne saurait parler d’un rayonnement du cinéma en Afrique centrale sans évoquer le groupe nominal « ECRANS NOIRS ».

Le festival Ecrans Noirs a été créé par la société Les Films Terre Africaine  (du réalisateur camerounais Bassek Ba Kobhio)qui a financé ses premières  années d’existence avec le soutien de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique(ACCT), etc… Sa première édition s’est ténue en 1997… Son but étant de valoriser « les cinémas d’Afrique et Monde Noir ». Il devient en 2008 un festival compétitif mettant en exergue de nombreux prix et talents… Près de 10 ans après sa première édition, l’Association Ecrans Noirs verra le jour pour la bonne gestion du festival. De plus en plus, le festival écrans noirs a cessé d’être une affaire unipersonnelle pour devenir une affaire collective. C’est ainsi que s’est développé le festival et l’association Ecrans Noirs…

En décembre 2019, il est classé 7e parmi le TOP 10 des festivals de cinéma en Afrique par l’Association Royale de la Presse Nord Sud. Il devient donc l’évènement cinématographique le plus important d’Afrique Centrale.

5 Comment êtes-vous devenu cinéaste ? Quel est votre itinéraire personnel dans le cinéma ?

Alphonse Ntep : Il faut dire que je n’étais pas prédestiné à être cinéaste. Dès l’âge de 10 ans, je rêvais d’être écrivain. Des circonstances m’ont conduit à étudier les sciences humaines. Ce n’est qu’en 2015, lorsque j’entrais en 3e année géographie physique que j’ai véritablement commencé à m’intéresser aux métiers du cinéma. Passionné d’actorat, mais piètre comédien, je tournais dans les rues de Yaoundé quelques vidéos amateurs que l’on visionnait entre potes croyant faire du cinéma.

Ce n’est qu’en 2017 que j’ai la chance de participer à deux ateliers de formations notamment en scénario et réalisation cinéma… Sous l’encadrement de Mohamed Arious (Scénariste Marocain) et Serge Alain Noa (Scénariste et Réalisateur Camerounais).

Pour moi c’était déjà un bon départ… Jusqu’à ce que je fasse également la connaissance de Robert Lombaerts (Journaliste et Cinéaste Belge) qui décide de partager avec moi à distance son expérience. Je ne prétendrais donc pas avoir fait des études supérieures en cinéma ou autres… Je me considère avant tout comme un autodidacte.

La même année, je participe au projet de film court métrage « NYANGONO » de Marc Anda en qualité de premier assistant réalisateur.

L’an qui suivait, 2018, j’ai été pendant six mois, assistant réalisateur stagiaire à la société de production Les Films Terre Africaine.

Je réalise la même année mon premier court métrage « SURPRISE » qui a reçu un excellent accueil au Cameroun et en Europe ce qui m’a valu la reconnaissance de l’Etat du Cameroun en qualité d’artiste cinéaste.

Par la suite, je m’essaie à une pratique : la critique cinématographique. Essai qui s’est soldé par la parution de plusieurs articles sur le cinéma en Afrique lorsque j’étais Correspondant de l’Association Royale de la Presse Nord Sud pôle Afrique (Bureau de liaison Bruxelles), rubrique cinéma.

En 2020, durant sa 24e édition, je suis convoqué par l’Association Ecrans Noirs pour siéger au plus haut niveau dans le comité de visionnage et de sélection des films pour l’évènement cinématographique voire artistique le plus important d’Afrique Centrale, le festival Ecrans Noirs.

6 Quels sont vos projets actuels ? Avez-vous un film en préparation ou en cours de réalisation ?

Alphonse Ntep : J’ai un projet en développement sur lequel je consacre une partie de mon temps. La réécriture du scénario de mon projet de premier long métrage de fiction intitulé « KENGBA », une adaptation de mon ouvrage. En espérant trouver, les moyens et les bons collaborateurs pour sa réalisation… Mais bon, ça c’est pour plus tard…

Le court métrage, indispensable école dans le parcours des longs… J’ambitionne réaliser encore un ou deux courts en dehors des deux déjà réalisés.

Des scénarii existent déjà et pour certain avec une carrière à l’instar de mon projet de court métrage « CLAP » sélectionné à la résidence d’écriture scénaristique durant festival international des films de femmes de Salé au Maroc en 2017.

Donc, il serait possible que dans les prochains mois, je réalise un prochain court métrage de fiction.

7 Quels sont les cinéastes africains qui vous ont influencé ? Et dans le cinéma mondial, quels sont ceux que vous admirez ?

Alphonse Ntep : En parlant des cinéastes en Afrique qui m’ont d’une manière ou d’une autre influencé, il y’a le très célèbre écrivain et cinéaste sénégalais ; j’ai nommé Sembène Ousmane. Je n’ai peut-être pas eu la chance de le connaitre personnellement ou même de le rencontrer car il décède alors que je n’étais qu’un gamin en 2007 (je devais être en classe de 6e cette année-là). Mais, je m’intéressais fortement à la littérature… C’est comme ça je me suis frotté à la lecture de certains ouvrages tel que « O PAYS, DE MON BEAU PEUPLE », l’un de ses ouvrages(le vadémécum de mon feu grand père).

Naïvement, je ne savais pas qu’on pouvait être écrivain et faire autre chose, en occurrence le cinéma. Plus tard j’ai eu le privilège de découvrir pour la toute première fois un film en salle. C’était « MOOLAADE » de Sembene Ousmane… J’avais été captivé par l’une des thématiques qu’abordait le film (l’excision) car on en parlait déjà dans nos programmes scolaires à cette époque-là.

En dehors du grand Sembène, j’ai beaucoup été marqué par Fadil Chouika, réalisateur marocain pour son film « LA MAIN GAUCHE » et son excellent travail de direction photo. En toute honnêteté, c’est un court métrage que je peux visionner n fois sans me fatiguer pour l’originalité du sujet, l’accroche, sa technique mais également pour son excellente création musicale…

Pour ce qui est du cinéma mondial, j’ai beaucoup d’admiration pour James Cameron avec ses films tels que « TITANIC » et « ALITA : BATTLE ANGEL » pour lequel il est producteur et coscénariste. Mais aussi Luc Besson, waouh… pour son film « ANNA ».

8 Comment voyez-vous l’avenir du cinéma en Afrique ? Etes-vous optimiste ?

Alphonse Ntep : L’Afrique c’est l’avenir !!! Et le cinéma en Afrique a de beaux jours devant lui. Ce qui manque, c’est vraiment la professionnalisation dont-on a besoin pour assurer véritablement une production internationalement reconnue. Même si certains efforts sont faits, cela se voit à travers des films comme « LA NUIT DES ROIS » de Philippe Lacôte (Côte d’Ivoire), « BENDSKINS » de Narcisse Wandji (Cameroun)… Mais, il faut penser à pérenniser une telle mouvance… A travers la coproduction Sud-Sud, pas seulement pour la qualité des films mais aussi pour faire plus de films parce qu’il y a de moins en moins de guichets mais aussi la formation.

Des écoles existent, mais parlant des écoles professionnelles, pas beaucoup. On connait celles de l’Afrique du Sud, du Maroc, du Ghana, du Burkina Faso, du Bénin… Mais, des écoles un peu partout.

Au Cameroun en particulier, nous travaillons sur Création d’une Fédération des cinéastes. Au niveau de l’enseignement supérieur, on note la création des cycles licence et master professionnels en cinéma dans certains instituts privés sous la tutelle des universités d’Etat… En plus, depuis trois années, on a annoncé l’introduction de l’enseignement du cinéma dans les programmes du secondaire. On espère que cela sera effectif très bientôt.

A travers de telles initiatives, on peut se dire que les autorités s’engagent désormais dans la lutte pour le développement durable d’une culture cinématographique dans la sous-région Afrique Centrale. Il y a donc en réalité une compréhension des acteurs de l’image et des autorités sur la question essentielle : l’Afrique a besoin de ses propres images.

B COMME BIOFILMOGRAPHIE – Alphonse Ntep

Noms : NTEP  NTEP

Prénoms : Alphonse Magloire          

Date et lieu de naissance : 13-03-1996  à  Douala

Adresse : 2e arrondissement Douala

Téléphones : +237 696269890 / +237 656010003

Email : magloirelantepance@yahoo.com

        Connu sous le pseudonyme de Alphonse Ntep, Alphonse Magloire Ntep Ntep est un réalisateur camerounais de moins de trente ans. Titulaire d’une Maîtrise en Economie de Développement obtenue à l’Université d’Etat de Yaoundé 1, il fait ses classes de cinéma à l’Institut Spécialisé de formations aux métiers du Cinéma et de l’Audiovisuel d’Afrique Centrale (Scénario)… Et suit un atelier de formation en Réalisation Cinéma notamment à Yarha. Son premier court métrage de fiction « Surprise » le révèle au grand public en 2018… La même année, le jeune auteur verra son premier ouvrage « KENGBA » publié aux éditions de la Douzième Vague en France. Deux ans après, il siège en tant que membre du comité de visionnage et de sélection des films lors de la 24e édition du festival Ecrans Noirs. Sa collaboration avec l’Association Belge francophone ARPNS (Association Royale de Presse Nord Sud) lui a valu plusieurs articles sur le Cinéma Africain dont il est l’auteur… 

  • 2021, Réalisateur du film « LE GRAND ECRAN », genre Documentaire, format court métrage, 24’.
  • 2018,  Réalisateur du film « SURPRISE », genre Fiction, format court métrage, 06’. Palmarès du film :
  • 2018, 5e édition du Festival Panafricain du Film d’Ecole de Yaoundé,  catégorie Espoir (Cameroun).
  • 2018, 4e édition du Festival du Cinéma de Taverny, catégorie Ado/Adultes Professionnels : Prix du « Coup de cœur des internautes » (France).
  • 2018, 15e édition du Festival International du Film Ecole « FESTIMAJ  2018», catégorie Jeunes Réalisateurs (France).
  • 2018, 1ère édition de la journée du jeune cinéaste Camerounais (Cameroun)
  • 2018, 6ème édition du festival  International du court métrage Brèves d’Images, catégorie Initiés (France).
  • 2018, 3e édition du festival  International  du film du Quartier (Cameroun).
  • 2018, 1ère édition Festival International Sahélien du Film (Cameroun).
  • 2018, 15ème édition du Festival International du Cinéma et Migration d’Agadir (Maroc).
  • 2018, 5ème édition du Festival International du premier film dénommé YARHA (Cameroun).
  • 2018, 5ème édition du Festival International du Film des droits de l’homme de Niamey (Niger).
  • 2019, 5e édition du Festival Educatif Komane (Cameroun).
  • 2019, 5e édition du Festival Melong Movies Show (Cameroun).
  • 2019, 18e édition du Festival International du Cinéma et de l’Education de Fès (Maroc)
  • 2019, 7e édition du Festival International du Cinéma Indépendant de Bafoussam (Cameroun

C COMME CINEMA AFRICAIN – Cameroun

Le grand écran, Alphonse Ntep, Cameroun, 2021, 23 minutes.

Le cinéma africain existe. On peut le rencontrer – et l’admirer- en Afrique centrale, et plus particulièrement au Cameroun, où il est en passe de devenir un des premiers de tout le continent africain.

Cela bien sûr grâce aux cinéastes qui travaille là, mais aussi grâce à un festival annuel, Ecrans noirs, qui en vient, peu à peu, à concurrencer le célèbre Fespaco de Ouagadougou.

Le film que consacre Alphonse Ntep à cette cinématographie vise bien sûr à en faire la promotion, mais c’est aussi – et surtout- un vibrant hommage au cinéma dans son ensemble et un acte de foi dans sa capacité à jouer un rôle fondamental dans le développement du pays. Au niveau culturel bien sûr, mais aussi au niveau économique et social.

Ntep donne donc la parole aux principaux acteurs du domaine, le délégué général de l’association Ecrans noirs, Bassek Ba Kobhio , une historienne du cinéma, Marie Nadège Tsogo Momo, ou un réalisateur, Jean marc Anda. Tous insistent sur la portée que peut avoir le cinéma en Afrique. Au Cameroun, le cinéma demande qu’à se développer.

Pour cela, il est indispensable de ne pas douter de son pouvoir de transformation sociale et de ne pas en rester à une conception qui le réduit à n’être qu’un divertissement et donc un luxe réservé à une élite.

L’atout principal que le Cameroun peut offrir à l’avenir du cinéma, c’est l’existence d’un centre de formation permettant aux jeunes d’acquérir les compétences nécessaires à une carrière professionnelle.

Appuyé sur des extraits de films existants ou des images de leur tournage, ce Grand Ecran, devrait fortement contribuer à la connaissance du cinéma africain, et à la reconnaissance de son importance grandissante. Espérons qu’il puisse être diffusé largement en Europe.

E COMME EXPULSION

Vol spécial. Fernand Melgar, Suisse, 2011, 100 mn

Frambois est un centre de détention administrative à côté de Genève comme il en existe 27 autres en Suisse. Les étrangers en situation irrégulière y sont internés dans l’attente de l’exécution d’un jugement d’expulsion. La politique de contrôle des flux migratoires s’est fortement durci ces dernières années en Suisse, pays traditionnel de la neutralité et du droit d’asile. L’asile est de plus en plus difficile à obtenir, ce qui était le sujet du précédent film de Melgar (La Forteresse). Les expulsions vers le pays d’origine deviennent de plus en plus nombreuses.

Le séjour à Frambois est plus ou moins long et peut aller jusqu’à une bonne année. De longs mois d’incertitude vécus dans l’angoisse. Mais l’expulsion est inévitable pour presque tous ceux qui sont détenus là. La procédure « vol spécial » est obligatoirement employée lorsque l’expulsé refuse de regagner « librement » son pays dans le cadre d’une « procédure normale ». L’expulsé est conduit contre son gré dans un avion par la police. Jambes entravées et mains menottées il sera porté assis sur une chaise à laquelle il aura été attaché. Il sera « accompagné » tout au long du voyage jusqu’à destination. Le film de Melgar, restant à l’intérieur du centre de Fambois, ne filme pas la mise en œuvre totale de la procédure. Mais le cinéaste filme toutes les étapes de sa préparation. Le film se termine par l’annonce en ouverture du journal télévisé du soir de la mort par étouffement (on lui avait mis un masque et du sparadrap sur la bouche) d’un détenu d’un autre centre de détention. Ce jour-là, cinq des détenus de Frambois faisait partie du même vol spécial. Au centre, l’émotion est grande. La colère des détenus aussi.

Le film montre la vie quotidienne au centre. Le personnel a visiblement une grande expérience, ce qui n’empêche pas certain, comme Denis, d’entretenir des relations cordiales avec les détenus. Lors de la préparation des détenus au vol spécial, ils essaient tous, directeur en tête, de les réconforter, de leur manifester quelques marques de sympathie. Mais l’essentiel reste que tout se passe bien, sans complication.

Le film joue sur le contraste entre cette vision parfaitement lisse de la vie du centre où tout semble se passer sans la moindre anicroche et le vécu des détenus, leur angoisse, leurs peurs, leurs souffrances, leur ressentiment pour ce pays auquel ils sont venus demander de l’aide et qui les rejette sans grande considération en dehors des apparences. La procédure du vol spécial atteint un sommet d’inhumanité et ceux qui risquent fort d’y être soumis la dénoncent avec véhémence. Le directeur du centre et son personnel sont d’ailleurs particulièrement mal à l’aise à l’annonce de « l’accident ». L’événement révèle de façon éclatante l’hypocrisie générale de la politique officielle. Cette hypocrisie est particulièrement sensible dans les séances de parloir où les détenus ont le droit de voir, une dernière fois, leur femme et leurs enfants. Avant tout, il faut respecter le temps officiel qui leur est accordé.

On sait que ce film a suscité en Suisse un bon nombre de polémiques, l’accusant tour à tour de déformer les faits pour soutenir la cause des étrangers ou au contraire de complaisance envers une politique de plus en plus intolérante. Toujours est-il que ce film ne peut pas laisser indifférent. Son mérite est certainement de mettre les citoyens et les responsables politiques des pays riches face à leurs responsabilités et à leur conscience morale

A COMME ABECEDAIRE- Johanna Bedeau

Afrique

Bilakoro

Ariège

La Maison des cimes

Banlieue

Ma cité au féminin

Criminalité

Détenus, victimes : une rencontre

Ma cité au féminin

Vieillir à l’ombre

Dénonciation

Bilakoro

Ecole

La Maison des cimes

Excision

Bilakoro

Famille

La Maison des cimes

Femme

Ma cité au féminin

Bilakoro

Intégration

Ma cité au féminin

Justice

Détenus, victimes : une rencontre

Montagne

La Maison des cimes

Prison

Détenus, victimes : une rencontre

Vieillir à l’ombre

Réconciliation

Détenus, victimes : une rencontre

Sexualité

Bilakoro

Solidarité

La Maison des cimes

Tradition

Bilakoro

Vieillesse

Vieillir à l’ombre

E COMME EXCISION

Bilakoro. Johanna Bedeau, 2006, 52 minutes.

Au Mali, une femme qui n’est pas excisée est « Bilakoro », c’est-à-dire impure. Dans ce pays, 92% des femmes sont excisées, ce qui mesure le poids de la tradition. Dans le monde, deux millions de jeunes filles sont excisées chaque année. Ces chiffres, la cinéaste les rappelle froidement dans le pré-générique de son film. Un film qui date de 2006, mais rien ne laisse supposer que les chiffres actuels soient radicalement différents.

Le film de Johanna Bedeau s’élève contre la pratique de l’excision. Une condamnation précise, rigoureuse, sans jouer sur le pathétique. La cinéaste ne cherche pas à scandaliser. Elle vise simplement à alerter, s’attachant, sans ajouter de commentaire, aux conséquences vécues de l’excision, tant au niveau corporel et médical, qu’au niveau psychologique personnel.

Ce vécu c’est celui de trois femmes. Des femmes qui ont accepté de parler devant la caméra. Et si leur témoignage est d’abord personnel, il a bien sûr une portée universelle.

Deux de ces femmes ont été excisée. Mais pas la troisième. L’une vit en France, mais elle est née au Mali, comme les deux autres. Cette diversité de parcours ne donne que plus de poids à leurs propos. Toutes les trois ont bien des raisons de condamner l’excision.  Elles le font sans haine. En espérant simplement, mais fortement, un changement prochain des lois, et surtout des mentalités.

La première de ces femmes a six enfants, et ses filles ont toutes été excisées à son insu, dès leur plus jeune âge, sans donc qu’elle puisse s’y opposer. Mais elle est bien décider à le faire pour sa petite dernière. Elle-même a été excisée très jeune, et ne s’est rendu compte de rien jusqu’à sa première visite chez un gynécologue parisien. Ce fut pour elle un choc, le sentiment d’avoir été mutilée, d’être incomplète. Son itinéraire est particulièrement intéressant. Venue en France pour faire des études, elle va devenir mannequin, un métier où elle peut s’exprimer avec son corps. Et puis surtout, elle va découvrir une pratique chirurgicale qui peut « reconstitier » son clitoris. Elle vit l’opération comme une possibilité de retrouver son intégrité physique et morale, et en même temps de découvrir la plénitude du plaisir sexuel.

Une de ces femmes n’a pas été excisée, car elle appartient à une ethnie du nord du Mali qui ne la pratique pas. Mais elle a vu mourir une jeune fille des suites de son excision. Le choc fut pour elle un déclencheur. Créatrice d’une association, elle milite activement pour informer les femmes de son pays. Elle parcourt les villages du Sahel avec des photos et une maquette, expliquant les différentes formes d’excision et leurs conséquences. Ses propos sont mis en perspective dans le film avec les interventions d’un médecin énumérant les risques de l’excision, les hémorragies, les infections, les contaminations au sida ou à l’hépatite, sans oublier le traumatisme psychologique inévitable.

L’ensemble de ce constat est déjà largement éloquent, mais il reste une dernière pièce à verser au dossier, la plus forte sans doute : la parole d’une exciseuse. Elle fait partie de la caste des forgerons, la seule pouvant pratiquer l’excision. Elle a appris à le faire de sa mère, qui elle-même l’avait appris de sa mère, et ainsi de suite. On voit bien là la dimension traditionnelle de cette pratique. Elle essaie pourtant de trouver une justification. Elle explique : si on ne coupe pas le clitoris, il grandit et finit pas empêcher la fille de marcher. La cinéaste a bien compris qu’il n’y avait aucun commentaire à ajouter à cela.

Bilakoro est in film particulièrement utile dans la lutte mondiale contre les violences faites aux femmes.

A COMME ABECEDAIRE – Rosine Mbakam.

Née au Cameroun, elle vit et travaille en Belgique.

Belgique

Les Prières de Delphine

Chez jolie coiffure

Cameroun

Les Prières de Delphine

Les Deux Visages d’une femme bamiléké

Clandestinité

Chez jolie coiffure

Famille

Les Prières de Delphine

Les Deux Visages d’une femme bamiléké

Femme

Chez jolie coiffure

Les Deux Visages d’une femme bamiléké

Immigration

Les Prières de Delphine

Chez jolie coiffure

Maternité

Les Prières de Delphine

Portrait

Les Prières de Delphine

Chez jolie coiffure

Les Deux Visages d’une femme bamiléké

Tradition

Les Deux Visages d’une femme bamiléké

Travail

Chez jolie coiffure

Viol

Les Prières de Delphine

A lire I COMME IMMIGRATION – coiffure

P COMME PROSTITUTION – Afrique

Les prières de Delphine. Rosine Mbakam, Cameroun-Belgique, 2021, 90 minutes.

Elle est face à la caméra, presque immobile. Face à la cinéaste, son amie. Elle est presque allongée sur son lit, dans cette chambre dont on ne sortira jamais. Un cadrage qui ne changera pratiquement pas de tout le film. Sauf pour de rares regards sur une fenêtre ou sur le mur. Ce ne sont pourtant pas des plans de coupes. On ne doit pas quitter une seconde Delphine.

Delphine parle. Le film est fait de sa parole. Un film de parole, une cure presque comme dirait un psychanalyste. Delphine a besoin de parler. De parler de sa vie. De mettre sa vie en paroles. Elle s’adresse à Rosine, la cinéaste, qui l’écoute, qui est lè pour l’écouter, pour recueillir sa parole. Un monologue même si de temps en temps Rosine intervient, pose une question, jamais très longuement. Le film n’est pas un entretien. Mais il est essentiel qu’il y ait quelqu’un pour écouter la parole. C’est le sens de l’incipit, où Delphine s’adresse à Rosine pour lui demander de s’assoir, de ne pas rester debout, devant elle. Il faut une certaine intimité, une connivence, même s’il ne s’agit pas d’un échange. La cinéaste n’est pas une étrangère. Elle aussi vient du même pays d’Afrique. Elle aurait pu avoir la même vie que Delphine.

Le film est le récit de la vie de Delphine. Un récit qui pourtant ne couvre pas la totalité de sa vie. Delphine ne parle pratiquement que de l’Afrique. De sa jeunesse donc. De son enfance qui n’a pas été une enfance. De sa famille, de ses parents qui n’ont pas été des parents. Sa mère est morte lorsqu’elle était petite et son père ne s’est jamais occupé d’elle. Ses sœurs non plus d’ailleurs. Dans sa vie, elle n(a du compter que sur elle-même. Depuis qu’elle est arrivée en Europe, e, Belgique, elle est mariée et a des enfants. Mais de cette nouvelle vie elle ne parle pratiquement pas. Le récit de Delphine ne concerne que l’Afrique. Le film ne traite pas de l’immigration.

Rosine MbakamLe récit de la vie de Delphine est le récit du malheur. Un malheur qui semble prédestiné, auquel elle ne peut échapper. Violée à 13 ans, elle n’a d’autre moyen pour survivre – pour vivre tout simplement – que de se prostituer. Vendre son corps, comme elle dit, est le seul moyen à sa disposition pour gagner un peu d’argent, l’argent nécessaire pour faire soigner sa nièce, dont sa sœur ne s’occupe pas. La mort de cette nièce, plus que le viol peut-être, sera le point de bascule de toute sa vie. Le moment où elle fait l’expérience de l’injustice, de la haine dont est capable la société jusque dans sa famille.

Pourtant Delphine ne se laisse pas aller au désespoir. Jusqu’à la grande scène finale où elle craque, elle est plutôt souriante, enjouée, pleine d’humour et d’ironie. Elle s’affirme battante, prête à combattre. Pourtant elle finit par sombrer, comme si les efforts qui furent les siens tout au long de son récit pour raconter sa vie n’avaient subitement plus de sens. Ses pleurs, ses cris, sa violence, comment tout cela pourrait ne pas éclater enfin ? Car le film ne peut pas faire croire que les souffrances qu’a connues Delphine ne laissent pas de traces, qu’elles ne sont qu’un lointain souvenir qu’il serait possible d’oublier. La parole de Delphine n’est pas n’est pas un moyen pour se reconstruire. Ce n’est pas une thérapie. C’est une revendication, un appel à la justice, pour toutes les femmes, en Afrique et ailleurs, qui sont toujours victimes.

Si les femmes sont des victimes, c’est que les hommes sont des bourreaux.

Prix du jury jeunes, Cinéma du réel, 2021.

Sur le précédent film de Rosine Mbakam, on lira I COMME IMMIGRATION – coiffure

P COMME PYGMEES

Makongo. Elvis Sabin Ngaïbino, Centrafrique, Argentine, Italie, 2019, 72 minutes.

Les pygmées n’ont pas toujours une vie bien rose. Non seulement leurs conditions de vie dans la forêt sont particulièrement difficiles, mais en plus ils sont systématiquement l’objet de discriminations. Dès qu’ils se rendent en ville, il leur faut supporter quolibets, moqueries et autres insultes. D’une manière générale, ils ne sont pas considérés tout à fait comme des hommes.

C’est le grand mérite du film d’Elvis Sabin Ngaïbino de nous plonger dans la vie d’une communauté pygmée dans la forêt en Centrafrique. Il nous faire découvrir leur culture, leur choix de vivre en respectant leurs traditions, mais aussi, surtout pour les plus jeunes, leur volonté de s’ouvrir au monde, essentiellement par l’éducation.

Nous suivons plus particulièrement deux jeunes garçons, qui finissent leur scolarité en collège pour l’un et au lycée pour l’autre. Ils rêvent de pouvoir poursuivre des études. Mais il leur faudra pour cela aller vivre à la capitale, ce qui en soi est une épreuve difficile à affronter.

En attendant, le plus grand donne des leçons aux enfants. Dès leur plus jeune âge, il entreprend de leur apprendre à lire et à écrire, en commençant par la reconnaissance des lettres et des chiffres. Les enfants répètent en chœur et avec application le nom des voyelles, en français. Mais rien ici n’est facile. La craie coûte cher et il faut l’économiser le plus possible.

La grande affaire de la communauté, c’est la récolte des chenilles (Makongo = chenilles). Il faut d’abord être attentif au moment où elles seront prêtes pour la cueillette. Celle-ci mobilise toute la communauté, car c’est le seul moyen pour elle d’avoir quelques revenus. Après l’expédition en forêt pour la récolte, il faudra les faire griller, et aller les vendre à Bangui, ce qui n’est pas une mince affaire. L’hébergement sur lequel les deux jeunes futurs étudiants pensaient pouvoir compter leur est refusé et ils doivent dormir dans la rue. Au marché, il y a bien des acquéreuses de leurs chenilles (plat national apprend-on), mais toutes s’évertuent à faire baisser les prix. Une confrontation difficile avec les lois du marché.

Le film comporte deux séquences particulièrement émouvantes. En premier lieu l’enterrement d’un enfant nouveau-né et le discours que lui adresse son père. Puis en clôture du film la désignation des enfants qui vont pouvoir aller à la « vraie » école. La vente des chenilles a permis de réunir quelques fonds pour cela, mais pas suffisamment pour payer la scolarité de tous les enfants. Le choix se fait par tirage au sort. Les heureux élus ne manifestent pas leur joie, en pensant visiblement à ceux qui n’ont pas leur chance. La caméra essaie de capter en gros plan les visages de ces derniers où apparaissent des larmes, discrètes mais bien réelles. Un appel à l’aide, silencieux, mais qui n’en est que plus fort.

R COMME ROUCH Jean. – cinéaste et ethnographe.

Cinéaste français (1917 – 2004)

         Jean Rouch n’est pas devenu ethnologue parce qu’il était cinéaste, il est devenu cinéaste parce qu’il était ethnologue. Le cinéma, il le découvrit un peu par hasard, comme outil de l’ethnographie. Le premier film de Rouch (Au pays des mages noirs, 1946) fut donc un film ethnographique, comme certains de ceux qui suivront, en particulier Les Maîtres fous, le film auquel il doit d’être connu au-delà du cercle étroit des spécialistes de m’ethnologie. L’ethnographie, il ne l’abandonna pas vraiment après avoir découvert le cinéma. Ses compétences de spécialiste en ce domaine sont reconnues officiellement par l’obtention d’une thèse de doctorat sous la direction de Marcel Griaule. Mais découvrant le cinéma en Afrique, Rouch deviendra cinéaste, bien au-delà de la simple perspective du cinéma ethnographique. Les Maîtres fous, c’est d’abord et essentiellement un film, reposant sur un dispositif original et novateur, avant d’être de l’ethnographie.

         Rouch l’Africain blanc. Ce qualificatif affectueux dit tout de l’homme et du cinéaste. Il découvrit l’Afrique dès 1942 pour y revenir après-guerre. Il ne coupera jamais le lien extrêmement fort qu’il établit alors avec le continent et deux pays en particulier, le Mali et le Niger. Un des grands événements de sa vie fut sans doute la descente du fleuve Niger de la source à l’embouchure, avec ses amis Jean Sauvy et Pierre Ponty. Une aventure périlleuse à l’époque qui l’ancrera profondément dans la réalité africaine. Chargé de recherche au CNRS, il crée en 1953, avec des ethnologues aussi célèbres que André Leroi-Gourhan et Claude Lévi-Strauss, le comité du film ethnographique. L’Afrique, il ne la quittera jamais vraiment, même lorsqu’il fera des allers-retours avec la France, où sa carrière de cinéaste s’épanouira peu à peu pour culminer dans les années 60, et ne jamais tomber dans l’oubli par la suite.

         Le cinéma en France pour Rouch, c’est d’une part la Nouvelle vague, et de l’autre le cinéma-vérité expression qu’il propose avec Edgar Morin dans l’introduction du film phare qui deviendra une sorte de manifeste, ou du moins de référence, pour une grande majorité du cinéma documentaire, Chronique d’un été. Même si l’expression fut très vite remplacée par celle de cinéma direct proposée par Mario Ruspoli, et à laquelle Rouch se ralliera sans problème, la direction esthétique qu’elle sous-entend ne sera jamais abandonnée dans ses films ultérieurs. Pour reprendre la remarque de Gilles Deleuze, on peut dire que Rouch est un des cinéastes qui a le mieux compris, et le mieux fait comprendre, la vérité du cinéma.

         Rouch est généralement considéré comme un cinéaste documentariste. Et pourtant la fiction n’est jamais absente de son œuvre. Pas seulement parce qu’il réalisa quelque œuvre ouvertement non documentaire (en particulier l’épisode Gare du nord du film collectif Paris vu par…), mais surtout parce que la distinction entre documentaire et fiction n’a pour lui pas vraiment de sens. En fait, le cinéma de Rouch est essentiellement un cinéma expérimental, ce que mettra en évidence avec éclat Moi un noir (1958). Moi un noir, un film qui parle de l’Afrique comme un documentaire, mais aussi un film qui raconte des histoires d’Africains comme une fiction. Avec Rouch, il ne saurait être question de dire qu’il traite un contenu documentaire sous forme de fiction, ou l’inverse. La seule chose quoi compte, c’est qu’il s’agisse de cinéma.

S COMME SOUDAN – Camp

Au loin des villages. Olivier Zuchuat. France, 2008, 75 minutes

         Des femmes courbées en deux balaient le sol soulevant un nuage de poussière qui envahit l’écran. Nous sommes dans un camp de réfugiés. Un camp comme il en existe tant d’autres dans le monde, surtout en Afrique. Des populations déplacées à cause de la guerre. Des villages entiers qui fuient les massacres, les viols, les violences de toutes sortes, souvent loin, très loin de leurs habitations. Des habitations brulées, détruites, où ils ont tout laissé, où ils ont tout perdu.

         Au loin de villages est réalisé au Soudan, dans le camp de Gouroukoum, où se réfugient, parce qu’ils ne peuvent aller ailleurs, l’ethnie Dajo, victime du conflit du Darfour auquel ils sont pourtant totalement étrangers puisqu’ils sont tchadiens. Mais leurs villages ont été systématiquement attaqués par les Janjaweeds, comprenons des bandes armées qui font régner la terreur dans la région. Ils n’ont aucun moyen de se défendre. Ils ne peuvent que fuir. La situation politique de la région est complexe. Le film ne cherche pas à l’expliquer. Son propos est plutôt de montrer la vie d’une population déplacée dans un camp de réfugiés, un camp particulier mais qui renvoie à tous ceux qui existent dans le monde dans la mesure où la tragédie que vivent ces populations est partout la même.

         Le camp, nous ne le visitons pas de l’intérieur. La caméra ne pénètre pas dans les cases pour y filmer la vie matérielle, la cuisine, les conditions d’hygiène, l’éducation des enfants. Le cinéaste évite par là tout risque de voyeurisme. Le camp, il nous en propose une vue d’ensemble par un long travelling réalisé au-delà de la limite du camp matérialisé par une palissade en plante sèche. Se succèdent ainsi les cases, les tentes, les habitations de fortune, des espaces vides. Un camp qui est ainsi perçu dans son immensité. C’est la bande son qui prend en charge la vie du camp. Un brouhaha perçu en bruit de fond, lointain, où se détache parfois le chant d’un coq, ou âne ou le cri d’un enfant. La population, elle, est filmée en plans fixes, des déplacements à dos d’ânes, des groupes de femmes qui remplissent des sauts d’eau, une distribution de vivre. Des plans qui nous permettent de découvrir un paysage sec, aride, poussiéreux, qui semble n’offrir aucune ressource malgré l’existence d’un champ à proximité du camp.

         La parole de ces déracinés est recueillie dans des déclarations d’hommes et de femmes faisant le récit de leur malheur dans une prise de vue frontale, toujours la même. Ils sont assis face à la caméra, devant un fond neutre. Il n’y a pas de questions, il ne s’agit pas d’une interview ou d’un entretien. Ce ne sont pas non plus des cris de révolte ou des appels au secours explicites, même si bien sûr ces paroles nous interpellent fortement. Ces paroles prennent la forme de constats. Des femmes décrivent les massacres dont furent victimes leurs maris ; un homme fait le récit de l’attaque des villages et énumère dans une longue litanie le nom des victimes et leur village d’origine ; un autre raconte son arrivée dans le camp, comment ses agresseurs l’ont laissé pour mort après lui avoir crevé les yeux. Dans un autre plan, un enfant commente le dessin qu’il a réalisé d’une scène de guerre.

         Existe-t-il encore un avenir pour tous ces réfugiés ? Au début du film, un groupe de femmes pleurent les fils assassinés. Dans une des dernières séquences, des hommes discutent longuement de la possibilité de mariage d’une jeune fille. Tous n’ont qu’un espoir, revenir vivre paisiblement dans leurs villages.

Voir l’abécédaire d’Olivier Zuchuat

A COMME ABECEDAIRE – Olivier Zuchuat

Cinéaste et monteur suisse. Metteur en scène de théâtre. Enseignant à l’université Paris-Est Marne la Vallée, à la Fémis et à la Head-Genève.

Afrique

Le Périmètre de Kamsé

Au loin des villages

Djourou une corde à ton cou

Mah Damba, une griotte en exil

Agriculture

Le Périmètre de Kamsé

Artiste

Matthias Langhoff – Laisser la porte ouverte

Burkina Faso

Le Périmètre de Kamsé

Camp

Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit

Au loin des villages

Commerce

Dollar, Tobin, FMI, Nasdaq et les autres

Désertification

Le Périmètre de Kamsé

Dette

Djourou une corde à ton cou

Dictature

Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit

Economie

Djourou une corde à ton cou

Dollar, Tobin, FMI, Nasdaq et les autres

Femme

Le Périmètre de Kamsé

Mah Damba, une griotte en exil

Grèce

Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit

Griot

Mah Damba, une griotte en exil

Guerre

Au loin des villages

Mali

Djourou une corde à ton cou

Mah Damba, une griotte en exil

Mémoire

Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit

Mondialisation

Djourou une corde à ton cou

Dollar, Tobin, FMI, Nasdaq et les autres

Multinationales

Dollar, Tobin, FMI, Nasdaq et les autres

Poésie

Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit

Politique

Djourou une corde à ton cou

Portrait

Matthias Langhoff – Laisser la porte ouverte

Mah Damba, une griotte en exil

Réfugiés

Au loin des villages

Sécheresse

Le Périmètre de Kamsé

Spectacle

Matthias Langhoff – Laisser la porte ouverte

Tchad

Au loin des villages

Théâtre

Matthias Langhoff – Laisser la porte ouverte

Tradition

Mah Damba, une griotte en exil

Travail

Le Périmètre de Kamsé

A COMME AFRIQUE – Burkina Faso.

Le périmètre de Kamsé. Olivier Zuchuat, Suisse-France-Burkina Faso, 2020, 93 minutes

Le nord du Burkina Faso, une Afrique menacée par la désertification, par la famine. Une Afrique qui a soif et qui voit ses garçons les plus jeunes partir, en Côte d’Ivoire par exemple, en quette d’une vie meilleure. Comment peut-elle survivre.

L’histoire d’un village, Kamsé, qui va réagir, qui va s’organiser pour trouver une solution, pour prendre en main son avenir et qui, grâce au travail de tous, et en particulier des femmes, fera vaciller le socle de la fatalité.

Le film d’Olivier Zuchuat n’est qu’un exemple. Mais justement, il peut servir d’exemple. Parce qu’à Kamsé c’est la volonté collective qui prend en charge les destins individuels.

Dans un premier temps, il s’agit de réfléchir et de se renseigner sur les expériences qui ont fait leur preuve. Ainsi, les hommes vont se rendre en vélo et en moto, au village voisin, Goméa, qui a créé une ferme où l’eau est maitrisée grâce à des digues, où on utilise du compost et où, grâce à toutes ces techniques modernes, l’agriculture réussit à nourrir la population tout en protégeant l’environnement. Un exemple dont le village de Kamsé va s’inspirer.

Le film va suivre cette expérience pas à pas. Jusqu’au plan où les épis de mil remplissent tout l’écran.

Mais nous sommes en Afrique. Il n’est donc pas question de renoncer aux traditions, même si les techniques modernes mises en œuvre peuvent ouvrir des horizons nouveaux. Avant toute chose donc, on interrogera les anciens et on s’imprégnera de leur sagesse. Puis il s’agira de respecter le bosquet sacré, qui deviendra communautaire, mais qui restera interdit à la chasse et aux cultures. Et lorsqu’il ne pleut pas, on continuera à sacrifier des poulets.

Un mélange de modernisme et de traditionnel donc, où chacun semble trouver sa place. Le film, sans jamais se vouloir démonstratif ou explicatif, met bien en évidence cela à propos de la répartition des tâches entre hommes et femmes. Quant il s’agit, au début du film, de discuter, d’aller voir les voisins, de concevoir, de prendre des décisions, les femmes sont absente. La palabre est une affaire d’hommes. Mais lorsqu’il faut se mettre au travail de force, alors les femmes sont là et bien là, pioches à la main, et elles ne ménagent pas leur peine. Sans elles le projet n’avancerait pas. Mieux, il n’est possible que par leur travail. Un bel hommage aux africaines, en dehors de leur rôle de mère ou de cuisinière.

Un film optimiste. Mais pas totalement pourtant. La radio diffuse des informations alarmantes sur les attentats djihadistes dans le pays. L’Afrique peut-elle échapper à la douleur ?

E COMME ÉMIGRATION – Côte d’Ivoire.

Tidiane. Laure-Anne Bomati, 2019, 56 minutes.

Un portrait d’un africain en France, nous en avons déjà vu au cinéma. Par exemple, le récent Mallé en son exil, de Denis Gheerbrant qui filme un malien immigré en France depuis une vingtaine d’années. Il vit dans un foyer et travaille à Paris, dans des immeubles des « beaux quartiers » où il fait le ménage du hall et des couloirs et où une bonne partie de son temps est occupée à sortir et rentrer les poubelles. Tidiane, lui, est Ivoirien. Il a fui la guerre dans son pays et demande l’asile en France. Une demande qui tarde à aboutir et qu’il abandonnera lorsqu’il va obtenir une carte de séjour qui reste, d’année en année, temporaire.

La différence entre ces deux portraits, c’est que celui de Tidiane repose sur une relation beaucoup plus étroite – on pourrait même dire qu’il s’agit d’une relation d’amitié – entre le la cinéaste et son personnage. Alors que Gheerbrant prenait nettement ses distances par rapport aux positions culturelles de Mallé (à propos de la polygamie et de l’excision en particulier, Bomati aborde très peu avec Tidiane ses options culturelles et sa vie personnelle en Afrique. Nous savons seulement qu’il a laissé deux enfants et il garde contact avec sa famille par l’intermédiaire d’un frère.

Ce qui préoccupe essentiellement Tidiane – et on le comprend – ce sont les problèmes du logement et du travail. Il a d’abord résidé dans le squat de Cachan avant d’être expulsé avec le millier d’exilé qui vivait là. Depuis il a une chambre d’hôtel et se rend souvent au gymnase de Cachan soutenir les grévistes de la faim. Côté travail il lui faut d’abord obtenir un titre de séjour. Ce qui sera long, très long.

Tidiane finira par trouver un emploi. Il se mariera, aura des enfants, un grand appartement.  Beaucoup de chose pour être heureux, un bonheur bien mérité bien sûr, après toutes ces années de galère, que le film n’approfondit pas, mais qui reste très présentes jusqu’au plan final.

La cinéaste est très présente dans son film, du moins dans la bande son, en voix off ou au cours de dialogue avec son personnage. Un portrait participatif donc, qui n’apporte pas vraiment de révélations sur la vie des immigrés en France, mais qui a le mérite de nous faire partager l’intimité de l’un d’eux.

Z COMME ZAÏRE

Mobutu, roi du Zaïre. Thierry Michel. Belgique, 1999, 135 minutes.

         Le Zaïre, c’est le nom donné par Mobutu au Congo dès son arrivée au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat en 1965. Il changera de même son nom, supprimant le trop occidental Joseph-Désiré en Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga (ce qui peut se traduire par « Mobutu le guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne ne puisse l’arrêter ») Cela en dit déjà beaucoup sur la personnalité de ce dictateur qui régna quelques 25 ans sur un pays dont il accapara, pour lui et sa famille, l’essentiel des richesses.

         Le portrait que réalise Thierry Michel de ce dictateur retrace pas à pas sa carrière politique, de l’indépendance du Congo à sa mort à la suite d’un cancer, en passant par toutes les étapes de son accession au pouvoir dont l’assassinat de Lumumba qui l’avait nommé chef d’Etat-major de l’armée. C’est sur cette armée qu’il s’appuiera pour devenir le seul « chef » du pays. Le film dissèque tout autant l’idéologie de Mobutu (le chef doit imposer son autorité par tous les moyens, c’est comme cela qu’il sera aimé du peuple) que les différentes facettes de son exercice du pouvoir. Parmi les témoins interviewés, un militaire considère qu’il n’avait aucun sens de la stratégie guerrière. Un diplomate, par contre, le considère comme sachant utiliser pleinement ses alliances avec les puissances mondiales. On le voit ainsi successivement reçu par Nixon et Bush père qui ne se prive pas d’éloge à son égard, et par Giscard d’Estain, particulièrement fier d’être son ami. Un ensemble d’images d’archives appuie l’analyse de cette dictature proposée par un commentaire omniprésent. Le portrait devient ainsi un réquisitoire et les images de répression sanglante des manifestations sont autant de pièces à charge.

         Quelle image de Mobutu le film fait-il en définitive ressortir ? Un dictateur sanguinaire, certes, qui ne peut conserver le pouvoir aussi longtemps que par l’exercice de la terreur. Mais lorsqu’il est filmé dans l’intimité il devient un homme aimant l’argent, le luxe et les femmes. Sa famille est très présente dans ces images, comme dans cette longue séquence dramatisée à l’extrême lors de l’enterrement d’un de ses fils. Et puis, à la fin de sa vie, il apparaît souffrant de sa solitude, avouant alors sa lassitude du pouvoir. Des images qui ne sont pas vraiment en harmonie avec celles des manifestants piétinant ses portraits.

K COMME KATUMBI.

L’irrésistible ascension de Moïse Katumbi. Thierry Michel, Belgique, 2013, 83 minutes.

         Riche entrepreneur à la tête d’un véritable empire industriel, Moïse Katumbi entre en politique à l’occasion des premières élections libres organisées au Congo en 2006 et se fait élire Gouverneur du Katanga à la suite d’une campagne où il distribue autant de billet de banque qu’il fait de promesses. Son programme est simple. Il s’agit tout simplement de sauver la province et avec elle le pays. Pour cela il faut combattre la corruption et la misère en donnant du travail à tous grâce au développement de l’exploitation des ressources minières considérables. Et dans l’immédiat, aider les plus pauvres et les handicapés à coup  de dons, petites sommes d’argent de la main à la main ou signature de gros chèques à des associations et œuvres de charité. Un programme qui a du mal à cacher sa nature populiste. Le nouveau gouverneur s’engage personnellement sur tous les fronts, contrôlant lui-même le travail de la douane aux frontières ou discutant sur les chantiers avec les ouvriers en grève demandant des augmentations de salaires. Et puis il manage lui-même « son » club de foot, le « Tout-Puissant Mazembe » de Lubumbashi qui vole de succès en succès à l’échelle africaine et mondiale.

          Le film de Thierry Michel montre clairement comment Katumbi se construit cette image d’homme providentiel, omniprésent et tout puissant. Un messie auquel le peuple voue un véritable culte. Il le suit dans toutes ses actions publiques, au milieu d’ailleurs d’une foule de caméras, de photographes et de micros, car bien sûr chaque intervention publique doit être médiatisée à l’extrême. Mais il en dresse aussi un portrait plus intime, présent dans sa voiture ou son avion personnel et dans son bureau comme dans sa résidence personnelle. Moïse Katumbi apparaît alors comme un homme posé, séduisant, calme, attentif aux problèmes de son pays. Il a beaucoup de présence devant la caméra comme devant les foules et sait parfaitement jouer de son charme. Un personnage qui tranche fortement par rapport aux dictateurs africains que le cinéma nous a montré jusqu’à présent, de Bokassa à Amin Dada.

         Pourtant le film n’est pas le simple récit d’une success story économique et politique. La première partie pourrait laisser croire que l’homme et son action sont au-dessus de tout soupçon. Mais il donne très vite la parole aux critiques et aux opposants, hommes politiques, journalistes ou défenseurs des droits de l’homme. Ils tiendront d’ailleurs une place de plus en plus importante dans le film. Sont ainsi fortement soulignées la collusion entre les affaires publiques et les intérêts privés et surtout les promesses non tenues, en particulier celles faites aux mineurs ou aux ouvriers lorsqu’il s’agit de ne pas s’opposer aux investisseurs et aux multinationales. La dérive autoritaire est aussi nettement pointée à propos de l’occasion du saccage de la résidence du principal opposant par une foule mobilisée et encadrée par une milice privée. Si Katumbi pouvait ainsi apparaître au début du film comme échappant aux maux de la politique du continent africain, sa dernière grande « opération » révèle sa nature mégalomane et quasi dictatoriale. Annonçant qu’il ne se représentera pas aux prochaines élections, il encourage en même temps le lancement d’une pétition lui demandant de ne pas prendre sa retraite politique. Si sa popularité n’est en rien entamée, il n’en reste pas moins qu’il s’est fait aussi beaucoup d’ennemis. La fin du film reste ouverte. Moïse Katumbi fera sûrement encore beaucoup parler de lui au Congo.

F COMME FLEUVE – Congo.

Congo river. Thierry Michel. Belgique-France, 2006, 116 minutes.

         Le Congo, un fleuve mythique, le deuxième du monde avec plus de 4000 kilomètres de long, un fleuve qui est la vie de tout un pays, de tout un peuple. Thierry Michel nous propose de le parcourir sur plus de 1200 kilomètres dans sa partie navigable. Il s’embarque sur une barge qui effectue ce voyage, seul moyen de traverser le pays, avec toute une population, hommes, femmes, enfants et toutes sortes d’animaux et toutes sortes de marchandise. Un voyage plein de dangers, car le fleuve recèle bien des pièges. Pour les éviter il faut être un navigateur expert et surtout connaître parfaitement chaque banc de sable et surveiller sans répit ces étranges matelots dont la tâche consiste à mesurer à chaque mètre parcouru la profondeur de l’eau. C’est le cas du capitaine de notre embarcation, véritable héros du film, après le fleuve lui-même cependant. Voyager sur cette véritable ville flottante, une ville africaine pour sûr, nous permet d’appréhender cette vie africaine si diverse et toujours surprenante pour un européen. Et chaque escale permet d’entrer encore plus dans la vie de ce pays que le réalisateur connaît bien et dont il nous exposera les enjeux actuels à partir de l’évocation des grands moments de son histoire. Comme il le dit dans l’ouverture de son film, remonter le fleuve Congo, c’est effectuer « un voyage à travers la mémoire ».

         Le film débute par un extrait de film hollywoodien, où Stanley est envoyé en explorateur en Afrique. C’est lui qui découvrira le fleuve et qui sera le premier à le suivre jusqu’à sa source, le même parcours que nous effectuons avec le cinéaste. Le film alterne les vues du fleuve et de ceux qui effectuent ce long voyage avec des images d’archives tirées essentiellement des actualités du cinéma belge. Ces séquences en noir et blanc d’une autre époque, commentées sur ce ton grandiloquent si caractéristique, renvoient toutes au colonialisme et sont systématiquement mises en perspective avec sa situation actuelle. S’agit-il de l’exploitation, par le travail des congolais réduits à un quasi-esclavage, des richesses du pays ? On continue aujourd’hui à abattre les grands arbres au bois précieux. Quant aux richesses minières, une séquence montre ces enfants très jeunes qui fouillent dans les restes des mines à ciel ouvert pour récolter quelques fragments de minerai de cuivre ou de cobalt, dont la vente leur permettra d’apporter quelques maigres revenus à leur famille. Le cinéaste n’a pas besoin de faire explicitement le procès du colonialisme. Ces images le font pour lui. 

         Tout au long du parcours, ce sont les vestiges de l’époque coloniale qui attirent l’attention, de grands bâtiments devenus inutiles ou tombant en ruine par manque d’entretien. Les manifestations religieuses sont aussi nombreuses, de l’évocation des pratiques traditionnelles de sorcellerie à ce grand meeting où un prédicateur en costume jaune des plus voyants récolte des fonds. La maladie du sommeil dû à la mouche Tsé Tsé n’est toujours pas éradiquée et continue de tuer. Et puis il y a ces aléas du voyage lui-même, l’annonce par le capitaine de la naissance de son troisième fils (il offrira à boire à tous les passagers), l’arrivée sur les lieux du naufrage d’une barge (les corps des 400 victimes sont encore sur la berge) ou cette autre barge échouée sur un banc de sable, surchargée de bois et de passagers et qu’il sera impossible de remorquer (elle restera trois mois dans cet état, attendant que les eaux du fleuve veuillent bien remonter). Avant la fin du voyage, un terrible orage éclate, inondant l’embarcation. Mais tous ces tracas n’empêchent pas la présence continue de la musique, des chants et des danses, sur les bateaux ou sur les rives. La bande son du film est ainsi particulièrement riche en chants traditionnels.

         Lorsque le fleuve n’est plus navigable, à cause des rapides et des cascades que seuls les piroguiers peuvent approcher, le voyage continue par voie des airs, avec de magnifiques vues aériennes, ou par la terre. Cette dernière partie sera consacrée au malheur du pays. C’est d’abord la dictature de Mobutu qui est évoquée à travers la visite des restes du château qu’il voulait faire construire et qui reste inachevé. Mais il est surtout question des guerres qui ont ravagé un pays qui a bien du mal à s’en remettre, comme toutes ces femmes violées et blessées dans leur organes sexuels qui sont soignées tant bien que mal dans des hôpitaux surpeuplés. Reste-il une note d’espoir en l’avenir ?

         Remarquable par la beauté des images du fleuve qu’il nous propose, ce film l’est aussi par la rigueur de son approche du continent africain. Une Afrique martyrisée par le colonialisme et par toutes ces guerres récentes interminables. Une Afrique qui reste une terre de mystère que le cinéma peut aider à mieux connaître.

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