H COMME HOUSTON – Rap

Ghost song. Nicolas Peduzzi, 2021, 76 minutes.

Un cyclone annoncé sur la ville. Le plus violent jamais enregistré. Les éclairs illuminent le ciel pendant tout le film. Et celui-ci se termine par les trombes d’eau qui bousculent les voitures et le vent qui arrache les toitures.

La ville en question, c’est Houston, Texas.

Une ville filmée sous toutes ses coutures. Avec une insistance particulière sur les gratte-ciels et autres buildings. Sur les autoroutes aussi. Des images souvent filmées la nuit. Avec des jeux de lumières donc. Une nuit souvent inquiétante.

Une grande partie du film se passe dans la banlieue de Houston. C’est là que vivent les personnages que nous suivons dans leur quotidien. Un quotidien sous le signe de la musique et de la chanson, le rap en l’occurrence.

Comme son titre le laisse entendre ; Ghost song est un film musical. Son personnage principal, Alex, est une rappeuse dont les chansons reflètent parfaitement sa vie. Une vie faite de drogue et de violence. Elle a quitté le gang dont elle faisait partie. Mais cela ne lui donne aucune sécurité. Un de ses amis a été éliminé par un gang rival. Alex n’est pas à l’abri de subir le même sort.

La facture du film, son montage et son filmage, est parfaitement en accord avec le milieu qu’il décrit. Et avec la musique qui nous est proposé. Des images souvent hachées, heurtées, comme le rap. Comme la vie d’Alex et ses comparses. Comme l’ouragan qui se déchaine. On a l’impression qu’il va tout détruire sur son passage. Que restera-t-il de la ville après lui ? Ce qui est sûr c’est qu’une chose au moins survivra : le rap.

Festival International du Film Indépendant de Bordeaux 2021.

A COMME ABECEDAIRE – Sabrina Van Tassel

Antisémitisme

La Tribu de Rivka

Amour

La Tribu de Rivka

Armée

Les Soldats perdus de Tsahal

Banlieue

La Cité muette

Camp

La Cité muette

Déportation

La Cité muette

Drancy

La Cité muette

Drogue

L’État du Texas contre Melissa

Etats-Unis

L’État du Texas contre Melissa

Famille

La Tribu de Rivka

Femme

L’État du Texas contre Melissa

Mariées pour le pire

Guerre de 39-45

La Cité muette

La Tribu de Rivka

Immigration

La Tribu de Rivka

Mariées pour le pire

Inde

Les Soldats perdus de Tsahal

Israël

Les Soldats perdus de Tsahal

Justice

L’État du Texas contre Melissa

Mariage

Mariées pour le pire

Palestine

Les Soldats perdus de Tsahal

Pauvreté

L’État du Texas contre Melissa

Peine de mort

L’État du Texas contre Melissa

Portrait

L’État du Texas contre Melissa

Prison

L’État du Texas contre Melissa

Texas

L’État du Texas contre Melissa

Violence

Mariées pour le pire

R COMME RACISME.

Sud. Chantal Akerman. Belgique – France, 1999, 70 minutes.

         Voyageant dans le sud des Etats Unis, Chantal Akerman va consacrer le film qu’elle tourne au Texas au crime raciste particulièrement odieux qui vient d’être commis à Jasper. James Byrd jr, un noir connu de tous, a été battu par trois blancs qui l’on ensuite attaché derrière leur camionnette et trainé sur la route pendant plusieurs kilomètres. La cinéaste se situe clairement du côté de ceux qui condamnent sans appel de tels actes. Mais son film, s’il dénonce le racisme, n’est pas un réquisitoire en bonne et due forme. Il ne cherche pas non plus à expliquer. Il rend simplement compte des faits. Ils sont suffisamment parlants en eux-mêmes.

         Akerman plante d’abord le décor. Des plans fixes, lents comme ce train de marchandises interminable vu depuis le passage à niveau avec un lac en arrière-plan .Ou ses travellings le long des maisons en bois, ou des arbres et de la végétation environnante. Tout semble calme, paisible. On n’entend que des bruits d’insectes et quelques véhicules hors-champ.

         La première rencontre, c’est une femme noire, assise chez elle, avec un bébé dans les bras, entourée d’un garçon et de deux fillettes. Elle parle du rapport entre les blancs et les noirs, du temps de l’esclavage où ils n’avaient rien. Maintenant les choses ont bien changées, répète-t-elle à plusieurs reprises. « On a des maisons à nous ». Ce sont ces quartiers où vivent les noirs que la cinéaste filme, avec cette succession de travellings le long des rues et de plans fixes, sur un homme assis devant sa maison par exemple. Elle pose quelques indices qui anticipent peu à peu sur la suite du film, la sortie du temple, le récit d’un homme qui, alerté par le bruit, a vu dans la nuit un camion qui zigzaguait sur la route. Le lendemain, il y avait des policiers partout.

Le lendemain, c’était le 7 juin, et le journal local titre sur le crime. Un homme blanc donne les détails. Il n’y a aucun doute sur sa nature raciste. Un des suspects appréhendé déclare seulement qu’ils voulaient faire peur aux noirs. Le film va alterner les plans fixes sur la nature comme figée (un long plan cadre un arbre mort dans un pré), les travellings sur les maisons et les récits des violences faites aux noirs, les lynchages et les assassinats. Les arbres portent encore la trace des pendaisons. Lors d’un concert de Nat King Cole, à Buckingham en 1956, des blancs sont montés sur la scène et l’ont frappé avec des chaînes. Le chanteur a nettoyé le sang en coulisse et est revenu sur scène terminer son concert. Cette affirmation sereine de la dignité humaine, nous la retrouvons tout au long de la séquence consacrée à l’hommage rendu par la communauté noire à la victime, dans le temple, en présence de sa famille. Nulle haine ne marque les prises de parole affirmant toutes que James Byrd jr restera à jamais vivant dans les cœurs et que c’est pour cela que sa mort ne sera pas inutile. Les prières collectives et les chants sont filmés avec une grande simplicité pour laisser s’exprimer l’émotion.

La fin du film apporte deux éclairages opposés sur l’existence du racisme dans la région. Le shérif d’abord, dans une sorte de discours officiel (il est assis à son bureau devant le drapeau américain), minimise les problèmes raciaux. Pour lui, s’il y a des problèmes dans le comté, ils sont de nature économique, comme partout. Par contre un autre homme, blanc lui aussi, constate l’augmentation du nombre d’organisations style Ku Klux Klan qui développent des thèses sur la suprématie de la race blanche et demandent l’expulsion du pays de tous les hommes de couleur. C’est de manière cinématographique que Chantal Akerman prend position. Elle termine son film par un long travelling sur la route où a été assassiné James Byrd jr, la caméra faisant défiler sous nos yeux le bitume sur lequel il est mort.

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