P COMME PALLECA

présentation d’un film.

k éditeur
presente – présente
Gran’ ritratti : I tistimonii di u nosciu tempu
Grands portraits : Témoins de notre Temps

Palleca tandu – C’était Palleca
Rina Sherman
Vissutu da – Vécu par
Abel Gény & Rina Sherman

83 min, 2014-2021
Virsioni corsa & francesi – Version française & corse
Rifarentiin lingua corsa Référente en langue Corse
Thérèse Ferri-Santoni


Ce documentaire de création, réalisé par Rina Sherman et vécu par Abel Gény et Rina Sherman est produit par k éditeur dans le cadre de la collection :
Gran’ ritratti : I tistimonii di u nosciu tempu – Grands portraits : Témoins de notre Temps, en coproduction avec The Prod, et avec le soutien de la Cullittività di Corsica – Collectivité de Corse en partenariat avec le CNC.


Le film est présenté en version bilingue sous-titré : Virsioni corsa & francesi – Version française & corse.
Pour ce travail de sous-titrage, réalisé sur une période de plusieurs mois (transcriptions, traductions, adaptation et réalisation), nous sommes particulièrement heureux d’avoir pu bénéficier du concours de connaisseurs et de linguistes de l’expression locale de Palleca, de ses environs et du Haut-Taravu, notamment Thérèse Ferri-Santoni, notre référente pour la langue corse.


Comment était la vie autrefois à Palleca ?
Pour répondre à cette question, nous avons retrouvé les anciens, à Paris, à Ajaccio, à Palleca et dans quelques villages environnants. Chacun d’entre eux, à sa façon, relate les joies et les épreuves de son enfance dans le village, à la plage, en famille ; les codes, les interdits, l’entraide et les inimitiés, le travail, la cuisine, les récoltes, la politique, la culture, la vie aux colonies, la transhumance entre la montagne et plage. Et ainsi est sculptée, phrase par phrase, par un regard, un rire, une hésitation, leur identité de pallecais et de Corse.


Ce sont des conversations libres filmées, la mise en scène de la parole.
Ce film s’inscrit dans un attachement à la transmission, la continuation et la restitution : de la langue, de la mémoire, des traditions, des lieux, d’une façon de vivre et d’une manière de penser.
Notre collecte de données s’étendait sur la trajectoire de la transhumance, le paysage, la toponymie des lieux, les lieux marqueurs tels que présents dans la mémoire, les raccourcis de bergers, la chanson, et rare pour un film d’anthropographie, la poésie.

Rina Sherman.

E COMME ENTRETIEN- Valérie Deschêne.

E COMME ENTRETIEN – Valérie Deschêne.

Comment êtes-vous devenue cinéaste ? Quelle est votre formation ?

Lorsque j’étais en première, au Lycée d’état d’Evreux, notre prof d’anglais nous faisait des cours de cinéma, que je buvais sans espérer faire des films un jour. Ceci dit, j’ai été cinéphile très tôt, les westerns du dimanche AM, les ciné-clubs du dimanche soir, m’ont nourrie : Dreyer, Bunuel, Renoir … puis les films d’art et essai m’ont ouverte au cinéma d’auteur : Tanner, Delvaux, Téchiné, Altman, Saura …
Je n’ai tenté l’IDHEC qu’après une licence de psycho à Rouen, un diplôme d’études
Cinématographiques à Censier, des stages 16mm dans le monde des mineurs dans le Nord de la France grâce à l’INEP. Puis vint l’entrée à l’IDHEC, des court-métrages, quelques années de montage, La Casa Velasquez à Madrid, mes premiers documentaires …

 Pouvez-vous nous présenter vos différents films. Ont-ils connu des conditions de
production et de réalisation particulières. Comment ont-ils été diffusés.
Hormis quelques reportages pour TF1, j’ai réalisé des documentaires pour France 3, KTO, TV5 Monde, avec de petits budgets, de petites équipes, faisant le montage moi-même d’un tiers de mes films

 Vous réalisez des documentaires. Quelles sont les raisons de ce choix ? Etes-vous tentée par la fiction ?
Si la fiction a été mon premier désir de cinéma, j’ai vraiment aimé le documentaire, la rencontre. Avec un sujet de société, un lieu, un métier, un savoir-faire, la mémoire, l’itinéraire humain des personnages qui habitent mes films. J’aime donner la parole à l’Autre, témoignant aussi bien d’un passé révolu pour en garder trace, que d’initiatives porteuses d’un monde à re-construire sans fin.

 Vous avez vécu et travaillé en Normandie. Cet ancrage régional a-t-il des répercussions sur votre travail cinématographique ?
Je vis à Paris, mais suis normande. Née à Evreux, étudiante à Rouen, j’ai gardé de beaux liens dans cette région et c’est tout naturellement que j’aime y puiser des idées de films, au gré de rencontres, d’opportunités, de découvertes ou d’un désir de renouer avec mes racines.

Valerie Deschêne 2

 

 Pouvez-vous nous parler plus précisément de votre dernier film  « des tissus en mémoire » et de vos projets.

Intéressée par la sauvegarde du patrimoine, la mémoire ouvrière, la réhabilitation industrielle, le parcours des populations, j’ai eu envie de garder trace de cette industrialisation textile qui avait façonné ces villes normandes en bord de Seine, de manière souvent impressionnante si l’on en mesure l’étendue immobilière (Elbeuf par exemple). Écouter les témoignages d’anciens ouvriers textiles sur l’ambiance d’alors, les conditions de travail, les luttes contre la fermeture des usines, filmer les lieux de leur histoire, mais aussi comprendre ce qui a résisté et découvrir les initiatives textiles d’aujourd’hui, en Normandie.
Après ce documentaire, j’ai réalisé une fiction de 22mn, toujours en Normandie, légèrement autobiographique.
Je viens de terminer l’un des dix films d’une collection pour TV5 Monde sur des chefs cuisiniers étrangers ayant fait le choix d’officier en France.
J’espère tourner en 2019, un nouveau documentaire pour France 3 Normandie, sur la culture rockabilly, à partir du travail photographique remarquable et unique d’un ami de lycée d’Evreux, qui a commencé à rechercher les jeunes rockers qu’il avait immortalisés en 1982 … un sujet bien intéressant car il ouvre des fenêtres sur plusieurs aspects : sociétal, historique, musical, psychologique.
Puis, je reprendrai l’écriture d’une fiction, long métrage cette fois, sur une histoire qui réunira des problématiques rencontrées dans mon travail de documentariste. Parce qu’un film nourrit l’autre et ce qui nous émeut ou nous passionne reste inscrit, tricotant des trames sur lesquelles viennent se poser nos émotions, passées ou à venir, avec l’idée de les partager … puisque les films, c’est fait pour ça 🙂

Valérie Deschênes