Festival, mai 2026
Le festival marocain Caméra kids, piloté par l’Amdate (Association marocaine pour le développement de l’audiovisuel et du théâtre éducatif) en est à sa 10°édition. Il est composé uniquement de courts métrages. Cette année, le thème était le mariage. Sous-entendu, le mariage précoce, des jeunes filles, très jeune même. Elles sont encore des enfants. Mariées dès 10, 12 ans. Un véritable fléau. Une véritable catastrophe pour celle qui sont concernées
Tous les films sélectionnés dans le festival ne peuvent que dénoncer sans hésitation une pratique traditionnelle d’une autre époque. Ils nous montrent tous des jeunes filles désespérées devant un rêve brisé. Si elles sont mariées, elles n’iront plus à l’école ? Ou pourtant elles réussissent souvent parfaitement. Toutes rêvent d’avenir. Devenir médecin ou ingénieur ? Ne pas rester prisonnières d’un vieux mari, enfermées dans les tâches ménagères.
Les jeunes actrices des films sont toutes émouvantes et particulièrement convaincantes dans leur rôle. Les films montrent aussi les pères. Incarnation d’un pouvoir patriarcat bien réel. Leurs filles sont habituées à obéir. Mais peuvent-elles faire autrement ? Les mères peuvent parfois se ranger à leur côté. Mais elles aussi n’ont guère le pouvoir de changer le cours des choses.
Les mariages forcés sont d’abord une transaction financière. Dans certains cas ils représentent la seule manière d’échapper à la misère. Mais est-ce une justification acceptable ?
Les films présentés à Rabat se présentent comme des fictions. Mais ils ont tous une dimension documentaire évidente. Ils mettent en scène les rites du mariage. Les chants et la musique du groupe de femmes qui accompagnent la mariée vêtue de la traditionnelle robe blanche à dentelle.
Sans faire une longue analyse sociale et politique, ces films de dénonciation dévoilent le fondement du patriarcat dominant. Les filles sont d’abord une valeur marchande. Leurs rêves, leurs aspirations, leurs désirs ne sont jamais pris en compte.
Des films contestataires, donc, qui véhiculent, des idées très positives sur l’éducation, présenté comme nécessaire et indispensable. Surtout pour les filles. Pourtant, le message s’arrête là. On ne trouve pas de véritable analyse politique et le rôle de la religion est entièrement passé sous silence.
Reste que ce festival représente un véritable acte de courage. Souhaitons que ses films soient diffusés à grande échelle au Maroc, et au-delà.
Petite sélection
Juste un cauchemar de Ahmed Chatrati
Le dernier examen de Samir Azzaf
Malle de chagrin de Imad Mahjoub
Voix de Layla de Mouad Erramani
Mariage à l’aube de Alaaeddine Kharaz
Avant que tu grandisse de Marquane Boualy
Atig de Quafae Ouberka
