I COMME INVITE.

Guest, José Luis Guerin, Espagne, 2010, 127 minutes.

De festivals en festivals, José Luis Guerin fait la promotion de son dernier film. En partant de Venise, pour revenir à Venise après avoir voyagé dans le monde entier, de Vancouver à Bogota, de Sao Paulo à La Havane, de Mexico à New York, de Paris à Lisbonne, de Hong-Kong à Macao et Séoul, de Varsovie à Jérusalem. Un tour du monde qui privilégie les pays hispanophones et qui semble éviter l’Afrique. Mais ce circuit est quand même suffisamment diversifié pour provoquer des contrastes

Un voyage pour rencontrer d’autres cinéastes, Jonas Mekas ou Chantal Akerman par exemple, pour rencontrer son public sans doute, pour découvrir des villes, des pays et filmer des rues, des places, des maisons, des gratte-ciels. Mais, avant tout, faire des rencontres, des femmes et des hommes loin des fastes des festivals, des femmes et des hommes du peuple rencontrés au hasard des pérégrinations dans les lieux que le cinéma ne fréquente que très rarement. Des personnages qui attirent l’œil du cinéaste par ces visages marqués par la vie et qui suscitent sa curiosité par ce qu’ils ont à dire de leur vie, de la vie.

Le film de José Luis Guerin est donc un journal de voyage. Réalisé au jour le jour, pendant une année entière, les dates de chaque étape s’inscrivant sur l’écran. Des séjours plus ou moins longs, avant de reprendre l’avion et atterrir dans un hôtel de luxe, invité d’un festival oblige, mais que le cinéaste ne filmera jamais, préférant s’évader dans d’autres lieux, moins fréquentés, et surtout pas par les producteurs, les stars et autres membres des jurys. Des escapades en solitaire, une caméra à la main.

Le résultat est un film en noir et blanc avec des images d’une beauté sidérante. Un film où visiblement (c’est le cas de le dire) le cinéaste prend son temps pour faire des images, mais aussi pour filmer, souvent en gros plan – pour être plus près du visage – ceux qu’il rencontre, qu’il interroge et dont les paroles, les cris et les chants retentissent avec force dans le tumulte des villes.

En Amérique latine surtout, c’est Jésus Christ qui est le plus souvent le sujet de discours enflammés, pour affirmer sa foi, ou menacer les incrédules et les impies. La menace du déluge, d’un nouveau déluge, aussi. A Cuba, on parle politique. En Asie on chante l’amour. Et à Venise, de retour au point de départ, Guerin filme l’orage, les trombes d’eau qui éclaboussent la caméra et qui finissent par envahir l’écran.

Avant ce déluge, la dernière parole captée est celle de Chantal Akerman dénonçant l’opposition entre fiction et documentaire. Dans Guest, le voyage de festival en festival finit par prendre une tournure fictionnelle mais les rencontres filmées à chaque étape nous ramènent inexorablement au réel.

A COMME AVANCA

Du 24 au 28 juillet 2019

23° édition du festival international du film d’AVANCA – Portugal

Voici la sélection officielle section documentaire

  • “Juan Brito: Tamia” de/by Alfonso Palazon (Espanha)
  • “Desvio” de/by Tiago Afonso (Portugal)
  • “Tahiti” de/by Latifa Said (Argélia)
  • “Raiz Ancestral” de/by Marcia Paraiso (Brasil)
  • “Little America” de/by Marc Weymuller (França)
  • “Standardized Synchronized” de/by Kaisu Koski (EUA)
  • “8 Poems of Emigration” de/by Kurtulus Ozgen (Turquia)
  • “The traffic separating device” de/by Johan Palmgren (Suécia)
  • “We waited until nightfall” de/by Wendy V. Muñiz e/and Guillermo Zouain (República Dominicana)
  • “Unexpected” de/by Mateusz Buława (Polónia)
  • “I believe. I wait. I pray” de/by Katerina Strelchenko (Ucrânia)
  • “Stuka” de/by Ricardo Machado (Portugal)

 

V COMME VIE DOC #4

Vie doc, une fois par semaine, l’actu du doc, les festivals, les événements, les sorties, les surprises…

7 Avril 2019

Festivals :

DU 5 AU 13 AVRIL 2019

Vision du réel. 50° édition

Nyon, Suisse.

vdr 2019

Les chiffres de l’édition 2018 :

+40’000 entrées, 174 films en provenance de 53 pays, 78 premières mondiales, 23 premières internationales, 2 premières européennes, 42 premières suisses, 139 réalisateurs présents.

Visions du Réel rend hommage lors de sa 50e édition à Werner Herzog à qui sera décerné le Sesterce d’or Prix Raiffeisen Maître du Réel.

Le cinéaste donnera une Masterclass

La majeure partie de ses documentaires seront projetés au cours du festival, dont son dernier long métrage, Meeting Gorbachev (co-réalisé avec André Singer).

 

Du 10 au 14 avril 2019

FIDÉ • Festival international du documentaire émergent

Paris

fide 2019

Séance spéciale : Is it a true story telling ? Clio Simon

Projection suivie de débat avec Jean-Louis Comolli, réalisateur, scénariste et écrivain. « Chère Clio, j’ai vu ton film que je trouve (évidemment) très remarquable et étonnant. La bande-son (qui est là pour que l’on s’y raccroche) est fort belle. Les quelques plans où tu montres des bâtiments, des coursives, etc. sont également très beaux. Je ne dirai rien de plus des longues plages de noir, qui se suffisent à elles-mêmes et dont, si nous nous voyons un jour, je discuterais la pertinence. Que faire de ce l’on ne veut ou ne peut pas montrer ? Du cinéma, par pitié ! Il s’agit toujours un peu de frustrer le spectateur. De lui réapprendre son infirmité au coeur de la puissance illusoire du « voir ». Ta logique est donc juste. J’espère qu’on en reparlera. Très amicalement, je t’embrasse. JL Comolli »

Sorties :

J’veux du soleil de François Ruffin, Gilles Perret

Une jolie vallée de Gaël Lépingle

Rembrandt de Kat Mansoor

Météors de Gürcan Keltek

Les arbres remarquables, un patrimoine à protéger de Jean-Pierre Duval, Caroline Breton

 

 Livre

geste politique

Qu’est-ce qu’un geste politique au cinéma ?

de Sylvie Rollet (Auteur), Marie Martin (Auteur), Véronique Campan (Auteur)

PUR (Presses universitaires de Rennes), 2019.

Présentation de l’éditeur :

« L’attention portée aux gestes confirme le tournant anthropologique que connaissent depuis quelques années les études cinématographiques. Le geste filmé, le geste de filmer, le geste de recevoir un film et de lui répondre sont les vecteurs d’une expérience partagée : repris, détaillé, le geste filmé s’offre comme réalité sensible et adresse à l’autre. Loin de toute assignation de sens comme de toute obligation de résultat, le geste s’impose ainsi, selon Agamben qui est le fil rouge de ce volume, comme l’une des dernières formes d’expression du politique. L’expérience du film rendrait ainsi possible une nouvelle définition de l’être-ensemble qui constitue le politique : un passage de relais où personne filmée, cinéaste, spectateur, tour à tour s’exposent et (se) regardent. Les textes de ce volume cernent les points de tension où s’impose, dans l’éclat et l’éclair d’un geste, cette dimension politique, entre emprise et émancipation, action militante et mise en scène de soi. C’est surtout dans les formes libres du film-essai ou du documentaire de création, de Pasolini à Godard, de Kiarostami à Kawase, de Farocki à Wang Bing et de ´ilnik à Klotz et Perceval que s’illustrent ces oscillations. Les contributions de trois cinéastes passeurs, Xavier Christiaens, Sylvain George et Sothean Nhieim, perpétuent le geste politique dont est ici proposée l’analyse. »

V COMME VIE DOC #1

 VIE DOC #1

18 mars

Vie doc, une fois par semaine, l’actu du doc, les festivals, les événements, les sorties, les surprises…

Les festivals.

Cette semaine, ouverture du Cinéma du réel, Paris, Centre Pompidou.

41° édition, la première sous la direction de Catherine Bizern,  nouvelle Déléguée générale.

Une soirée d’ouverture remarquée avec la projection du dernier film de Yolande Zauberman, M. Le film doit sortir en salle dans toute la France

La sélection française est, sur le papier, particulièrement relevée :

Amara de Pierre Michelon ; Berlin Based de Vincent Dieutre ;  Brise-lames de Hélène Robert et Jeremy Perrin ; Capital retour de Léo Bizeul ; Forbach Swing de Marie Dumora ; Green Boys d’Ariane Doublet ; Le Bon grain et l’ivraie de Manuela Frésil ; Niblock’s Sound Spectrums – Within Invisible Rivers de Thomas Maury ; Paris Stalingrad de Hind Meddeb et Thim Naccache ; Sankara n’est pas mort de Lucie Viver

A noter dans les sections non compétitives :

Une rencontre avec Kevin Jerome Everson pour une masterclass et la projection de plusieurs de ses films

Fabriquer le cinéma propose des films sur le cinéma, AK de Chris Marker, Journal d’un montage d’Annette Dutertre ; Notre nazi de Robert Kramer ; Où gît votre sourire enfoui ? de Pedro Costa ; Scénario du film passion de Jean-Luc Godard ; Travaux sur Rapports de classes de Harun Farocki ; Un tournage à la campagne d’Alain Fleischer, entre autres.

On retrouve d’ailleurs Robert Kramer avec deux autres films, Dear Doc et Maquette

Un hommage sera rendu à Henri Stork, dont on verra au Centre Wallonie-Bruxelles Misère au Borinage coréalisé avec Joris Ivens qui sera accompagné du film de Patric Jean Les enfants du borinage, lettre à Henri Storck

Enfin cette très riche section propose deux films de Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville Reportage amateur (maquette expo) et Soft and Hard.

Autre événement important, le focus Yolande Zauberman, à l’honneur avec son dernier film, M, en soirée d’ouverture et la projection de Classified People ; Un Juif à la mer ; Would You Have Sex With an Arab?

Comme il n’est pas possible de tout mentionner, on se reportera au site du festival pour consulter l’ensemble de la programmation (la compétition internationale, la section Premières fenêtres et les séances spéciales) et la grille horaire des projections. http://www.cinemadureel.org/

La soirée de clôture propose Ne croyez surtout pas que je hurle de Frank Beauvais.

cinéma du réel

Du 20 au 26 Mars :

36e édition des Rencontres du Cinéma Latino-Américain

Cinéma Jean Eustache Pessac Gironde

La thématique de cette édition : « Les femmes et leurs luttes en Amérique-Latine ».

Pour la soirée d’ouverture le 20, la programmation qui fait la part belle aux documentaires propose Sexe, prêches et politique en présence du coréalisateur Michael Gimenez

Notons aussi dès à présent la séance du 25 mars avec la projection de Le Grain et L’Ivraie de Fernando Solanas suivie d’une rencontre avec le réalisateur

Les sorties de la semaine :

Depuis Médiapart de Naruna Kaplan de Macedo. Critique ici : https://dicodoc.blog/2019/03/11/m-comme-mediapart/

McQueen de Ian Bonhôte, Peter Ettedgui.

Quand je veux si je veux de Susana Arbizu, Henri Belin, Nicolas Drouet

Un lien qui nous élève de Oliver Dickinson

Wall de Moran Ifergan

Les yeux de la parole de Moran Ifergan

Souviens-toi de ton futur d’Énora Boutin. Critique ici :

https://dicodoc.blog/2018/01/15/a-comme-agroecologie/

médiapart affiche

Revue

Images documentaires n°94/95 (mars 2019

Archives, matière et mémoire

Sommaire

Introduction par Catherine Blangonnet-Auer

Dans l’atelier du montage, entretien avec Henry Colomer

Andrei Ujica, l’archiviste en autobiographe, par Arnaud Hée

Bill Morrison, entre le feu et la glace, par Raphaël Nieuwjaer

Jean-Gabriel Périot, une histoire visuelle de la violence, par Jessica Macor

Films

  • La Bataille d’Alger, un film dans l’histoire, de Malek Bensmaïl
  • Chjami è rispondi, d’Axel Salvatori-Sinz
  • Comme elle vient, de Swen de Pauw
  • Dans la terrible jungle, de Caroline Capelle et Ombline Ley
  • D’ici là, de Matthieu Dibelius
  • Le Loup et les Sept Chevreaux, d’Elena Gutkina et Genrikh Ignatov
  • M, de Yolande Zauberman
  • Quelle folie !, de Diego Governatori
  • Les Révoltés, de Jacques Kebadian et Michel Andrieu
  • Santiago, Italia, de Nanni Moretti
  • Les Yatzkan, d’Anna-Célia Kendall

Sorties DVD (sélection)

Trajectoire : A la recherche d’un pays qui n’existe plus, entretien avec Mila Turajlic

images docs

Evénement :

Le 19 mars

20h30. Eglise Saint-Merry Paris 4°.

Rencontre avec LARRY GOTTHEIM, grand nom du cinéma expérimental américain des années 70.

Projection de CHANTS AND DANCES FOR HAND (1991-2016, 45 min).

Le 25 mars

Dans le cadre des Documentaires du lundi, au MK2 Quai de Loire

Avant-Première Still Recording, Organisé par Arizona Distribution et PCMMO – Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient

En présence du réalisateur Ghiath Ayoub

H COMME HISTOIRE – Festival.

Le Festival international du film d’histoire de Pessac (en Gironde) en est cette année à sa 29° édition, du 19 au 26 novembre. C’est dire la longévité de cette manifestation dont le succès – le public est toujours au rendez-vous- ne se dément pas au fil des années.

Chaque année, une thématique spécifique permet l’organisation de la programmation. Celle de cette édition, « 1918 – 1939 la drôle de paix », permet certes de revenir sur la « grande guerre » et de ne pas ignorer la célébration du centenaire de sa fin, mais en même temps d’ouvrir sur ces années de « l’entre-deux-guerres » si riches historiquement et cinématographiquement parlant.

Car, et c’est là la principale originalité de ce festival, il s’agit tout autant de faire le point sur la connaissance historique de cette période que de dresser un bilan sur une production cinématographique mondiale foisonnante et particulièrement diversifiée, marquée en particulier par l’arrivée du cinéma parlant.

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Des dernières réalisations du muet nous pourrons revoir des films soviétiques (Arsenal et La Terre d’Alexandre Dovjenko, Les Aventures extraordinaires de Mister West au pays des Bolcheviks de Lev Koulechov, L’Homme à la caméra de Dziga Vertov, et La Ligne générale d’Eisenstein), mais aussi Berlin, Symphonie d’une grande ville de Walter Ruttman ou Métropolis de Fritz Lang, Le cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene et La rue sans joie de G W Pabst pour les films allemands. Du côté des années 30 et 40, retenons les Chaplin (Les temps modernes et Le Dictateur), L’Age d’or et Terre sans pain de Buñuel, Ninotchka de Lubitsch, L’Opéra de quat’sous et La tragédie de la mine de Pabst. Des films plus récents évoquent aussi dans un regard rétrospectif la période de référence : Le Jardin des Finzi-Contini de De Sica Le Conformiste de Bertolucci et Vincere de Marco Bellochio, Land et Freedom, Jimmy’s hall et Le Vent se lève de Ken Loach et côté films français, 1929 deWilliam Karel, Indochine de Régis Wargnier, La Banquière de Francis Girod, Mayrig d’Henri Verneuil, Staviski de Resnais. Et il n’est pas possible de tous les citer…

De même pour les débats et rencontres où sont abordés entre autres la Guerre d’Espagne, Le Front populaire, la crise de 29 et bien sûr la naissance des fascismes. Des conférences où dominent les interventions d’historiens universitaires ou d’écrivains. Côté cinéma et culture le programme est tout aussi chargé : Chaplin et Keaton, le cinéma de la grande dépression, Kiki de Montparnasse et autres égéries des années 20, Damia, Mistinguett, Chevalier, Trenet…le temps du music-hall et des chansons réalistes, Joséphine Baker a deux amours sont des titres bien alléchants. Et bien sûr tout au long du festival on pourra rencontrer des réalisateurs, des producteurs et des distributeurs présents dans les salles à l’occasion des projections.

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Pour les documentaires, il existe à Pessac trois compétitions : La compétition documentaires proprement dite qui présente dix films inédits (Les aventures de Histoire du soldat de Michel Van Zele, Triptyque russe de François Caillat, Ma vie dans l’Allemagne d’Hitler de Jérôme …) ; Le panorama du documentaire qui sélectionne des films marquants en particulier diffusés à la télévision ( 68 sous les pavés les flics de David Korn-Brzona et Mai 68, les coulisses de la révolte d’Emmanuel Amara) ; et la Compétition documentaires d’histoire du cinéma  qui présente des films sur Jeanne Moreau (de Virginie Linhart), Anna Karina (par Dennis Berry) ou Kiyoshi Hurosawa ( Alain Bergala et Jean-Pierre Limosin).

Enfin (car il faut arrêter cette déjà longue énumération malgré son incomplétude), comme tout festival qui se respecte, Pessac offre un choix important d’inédits (une compétition fiction en propose une dizaine) et avant-premières : Edmond d’Alexis Michalik en ouverture et Colette de Wash Westmoreland en cloture. Et parmi les séances spéciales signalons la séance hommage à Marceline Loridan-Ivens avec le film d’Yves Jeuland, La vie Balagan de Marceline Loridan-Ivens.

Au total, un ensemble de films et de manifestations si important qu’il n’est pas possible d’être partout (le cinéma Jean Eustache où se déroule le festival offre 5 salles et donc 5 séances en parallèle !). Des choix souvent bien difficiles pour le public ! Mais que de découvertes à faire…

E COMME ENTRETIEN – Salina Crammond

A propos de  DOXA Documentary Film Festival .

Vancouver, BC Canada.

 

DOXA is a small, non-profit organization based in Vancouver, BC Canada that is devoted to the art of documentary. We screen a wide range of films – from the conventional issue-driven documentaries to films created auteurs and support artist-driven. DOXA is presented by The Documentary Media Society, which was founded in 1998. There’s been a number of highlights over the years, one of which was the retrospective of Claire Simon in 2016, as well as last year’s retrospective of Chris Marker both of which were a part of our French French program.

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Highlights of our next edition include the North American premeiere presentation of Alain Cavalier’s beautiful portraits series (which Thierry describes eloquently in his essay found here): https://www.doxafestival.ca/essay-thierry-garrel-certain-art-portrait

Other highlights include our dual spotlight program Quietude and Press Play. The first spotlight Quietude features a brilliant batch of films that are pushing the boundaries of documentary cinema, including Penny Lane’s The Pain of Others, which is constructed entirely using the YouTube confessional footage. This film provides some of the most relevant philosophical questions related to truth, technology and illness. These themes are also present in two other films in our Quietude program this year, including God Straightens Legs (World Premiere), in which  director Joelle Walinga crafts a beautiful work of cinematic art centered around her mother’s relationship to God and religious hope as means of combating her breast cancer.

Pour la quatrième année consécutive, DOXA accueillera en 2018 une section FRENCH FRENCH, dont le curateur est Thierry Garrel. Essentiellement axée sur une défense et illustration de la « politique des auteurs » (« le plus beau cadeau de la France au cinéma mondial »), FRENCH FRENCH présente à chaque fois une sélection de films documentaires récents – sortis en salle ou remarqués dans les grands festivals internationaux, qui sont projetés en présence de leurs auteurs – ainsi qu’une rétrospective choisie.

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Thierry Garrel:

Après Cinéma, de notre temps avec André S. Labarthe en 2015, une rétrospective Claire Simon en 2016 et 7 fois Chris Marker en 2017, DOXA confrontera cette année 6 films de la collection des Portraits réalisés par Alain Cavalier en  1987 et les Six Portraits XL que le cinéaste vient de composer trente ans plus tard. Les films récents de Sophie Bredier, Marie Dumora, Ruth Zylberman, Julie Bertuccelli et Michèle Smolkin complèteront cette édition centrée autour d’un nouvel art du portrait.

Selina Crammond

Director of Programming

DOXA Documentary Film Festival

Unit 110 – 750 Hamilton Street

Vancouver, BC Canada | V6N 2R5

Coast Salish Territory

Office: 604.646.3200 ext. 104

www.doxafestival.ca | Facebook | Twitter

Doxa

17th Annual DOXA Documentary Film Festival | May 3-13, 2018

Support DOXA: Make a tax-deductible donation

 

P COMME PROJECTION.

Projections, Dorine Brun et Julien Meunier, 2017, 45 minutes.

Des films hors-champ, mais avec son off (musique, bruitage, dialogues), c’est encore du cinéma. C’est du moins ce que nous propose Projections, de Dorine Brun et Julien Meunier. Car le cinéma c’est aussi des spectateurs, et ce sont justement les spectateurs que ce film a choisi de nous montrer, pendant le déroulement du film. Des spectateurs filmés donc plein cadre, en gros plans, des visages attentifs, qui regardent cet écran que nous ne voyons pas, qui regardent ces films que nous ne pouvons qu’imaginer. Filmer les spectateurs ce cinéma pendant la projection du film, une idée somme toute originale.

Ces spectateurs que nous montre Projections, qui sont-ils ? A vrai dire il ne s’agit pas vraiment de spectateurs lambda, pris au hasard dans une salle de cinéma. Nous sommes en fait dans un festival, Cinéma du réel, qui se tient tous les ans au Centre Pompidou à Paris, lors de l’édition de 2017, la 39° édition de ce festival consacré au cinéma documentaire. Et les spectateurs filmés font partie du jury « jeune » de ce festival. Cela implique bien sûr des conditions de visionnage bien particulières. D’abord ces jeunes vont devoir assister à pas mal de projections, quatre par jour en moyenne, pendant toute la durée du festival, à savoir plus d’une semaine. Ils vont devoir regarder des films qu’ils n’ont pas choisis. Et puis ils vont devoir décerner, collectivement, un prix. Ce qui implique discussions, confrontations, argumentations. Ils vont devoir soutenir leur point de vue. Composer avec celui des autres. Tout  cela doit être fascinant à suivre. Mais le film ne prend pas en compte cette dimension, pourtant essentielle, de l’expérience de jury. Une expérience à n’en pas douter passionnante. Et qui nous apprendrait beaucoup sur la relation de jeunes spectateurs au cinéma, en particulier documentaire.

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En dehors des séances nous retrouvons bien les jeunes membres du jury chez eux, discutant avec un ami ou un parent de cette expérience unique et des films qu’ils ont vus dans la journée. Bien sûr, il leur est difficile de prendre du recul et de se situer au niveau de l’analyse. Mais on pouvait attendre qu’ils expriment au moins leur ressenti, autrement qu’en mentionnant l’ennui suscité par un film qui semble-t-il n’a pas fait l’unanimité dans la salle. De l’expérience de jury, il en ressort surtout la dimension marathon, donc épuisante. D’où un plan insistant sur un jeune spectateur endormi !

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Les membres du jury jeune de cette 39° édition du festival Cinéma du réel on aimerait mieux les connaître. Pas forcément rentrer dans leur intimité ou découvrir leur vie personnelle. Mais pénétrer un peu plus dans leur vécu de spectateur de cinéma, pendant le festival et en dehors du festival. Sont-ils déjà des cinéphiles ? Deviendront-ils des cinéphiles ? Et que restera-t-il de cette expérience de cinéma intensif ? Des documentaires. Rien que des documentaires. Venus du monde entier. Une expérience qui ne doit sûrement pas laisser indifférent.