I COMME IMAGE- de la France.

L’image qu’on s’en fait, Seb Coupy, 2018, 75 minutes.

Visiter la France en suivant son circuit autoroutier n’est sans doute pas le meilleur moyen d’en découvrir les paysages et d’en apprécier la diversité. Pourtant, ce peut être une façon d’appréhender la façon dont chaque région, -chaque ville, chaque curiosité, chaque moment –  entend donner une image de soi, une image qui la caractérise sans hésitation possible, une image dans laquelle ses habitants – ou ses amoureux, voire ses élus et autres responsables – se reconnaissent, bref une image qui dise sa vérité et qui mette en évidence – et en valeur- son âme. Car les autoroutes sont jalonnées de grands panneaux,  qui se démarquent par leur forme et la couleur des panneaux publicitaires traditionnels des entrées de villes, mais qui ont bien quand même une fonction publicitaire à portée touristique. Seb Coupy a constitué un répertoire – on pourrait presque dire un atlas – de ces panneaux dans un film qui nous promène – sans aucun excès de vitesse, son rythme étant plutôt lent – du nord au sud et d’ouest en est de l’hexagone. Une façon de découvrir ou de repérer toute une mythologie française, tant ces images renvoient aux stéréotypes les plus courants, définissant certes une identité locale, mais sans écarter les clichés rabattus.

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Ainsi on va passer à proximité de quelques villes (Carcassonne et Dijon), de monuments célèbres (on évite le Mont saint Michel mais pas la Baies des Anges), de spécialités locales (le camembert et les vaches limousines) et même de hauts lieux historiques (Gergovie par exemple pour la victoire des gaulois sur les romains, ou Le Mont Mouchet pour les combattants de la résistance). Et ainsi de suite. La liste est relativement longue, même si elle est loin d’être exhaustive et bien des français regretteront sans doute de ne pas retrouver le quelque part où ils sont nés !

Entre les plans cadrant depuis le bord de l’autoroute ces panneaux, le cinéaste nous fait rencontrer ceux qui les ont conçus, ceux qui les financent et ceux qui se sentent concernés par eux, ceux justement qui sont du coin. Les avis sont dans l’ensemble plutôt positifs, sauf pour Nice où les dames qui sont conviées à en parler se déchainent contre leur laideur. Tout ceci met en évidence que rien n’y est laissé au hasard et que dans le fond leur message est bien reçu.

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Le film se termine par Paris et la Tour Eiffel. Avec en fond sonore un couplet de la Marseillaise, les touristes étrangers mitraillent le monument illuminé avec leur téléphone portable. Ils pourront ramener chez eux une image de la France.

 

V COMME VILLE – Filmographie.

La ville dans le cinéma documentaire.

Des capitales surtout. Des Mégalopoles. Pour la foule dans les rues ou les transports, et la hauteur des immeubles. Mais aussi des villes plus petites, plus humaines, ou souvent on prend le temps de vivre, dans des quartiers où on retrouve une vie de village.

Comme on le dit souvent, une ville peut-être un personnage de film. C’est-à-dire qu’elle n’est pas simplement un décor, un lieu ou un espace. Elle a une vie. Et elle donne vie à d’autres personnages. C’est évident pour des films de fiction (oh combien nombreux). Dans le cinéma documentaire la ville peut-être filmée pour elle-même bien sûr (Berlin ou Nice pour les films muets). Mais elle peut aussi faire partie du film à côté d’autres préoccupations. Mais souvent c’est elle qui donne sens au film. S’il se passe dans tel ou tel ville, il ne pourrait pas se passer ailleurs.

Beaucoup de cinéastes documentaristes hésite souvent à vouloir donner une vue globale de la cité (n’est pas Van der Keuken qui veut et son Amsterdam, global village est un cas presque unique). Beaucoup préfère se limiter (se donner une limite) à un quartier, avec sa spécificité, son atmosphère propre. S’il s’agit d’un quartier appelé à disparaître (beaucoup de ville s’agrandissent – ou se rénovent – au détriment de ce qu’elles ont de plus ancien, de plus historique), alors le documentaire fait œuvre de mémoire en gardant trace de ce qui a été et qui n’est plus. Mais alors c’est la quête des plus petits détails qui peut devenir la démarche filmique, pour percer un peu de ces secrets qui risquent de se perdre. Le cinéma de la ville est alors nécessairement intimiste. C’est dans la vie privée de ses habitants qu’il faut aller chercher la spécificité urbaine de leur existence. Et bien souvent ils ne quittent qu’à regret leur habitation, même si elle est devenue insalubre, même si elle n’est qu’un bidonville (c’est ce que nous montre avec force Wang Bing dans la deuxième partie de A l’ouest des rails). Filmer ses habitants, c’est bien sûr filmer la ville. L’un ne va pas sans l’autre. On ne peut filmer une ville sans filmer ses habitants. Et filmer les habitants d’une ville c’est filmer la ville elle-même, comme le fait si bien Denis Gheerbrant pour Marseille.

Petit tour du monde.

Abidjan

Moi un noir de Jean Rouch

 

Accra

Les Maîtres fous de jean Rouch

maîtres fous 1

 Alexandrie

Mafrouza d’Emmanuelle Demoris

 Alger

Bienvenue à Madagascar de Franssou Prenant

 Amsterdam.

Amsterdam, global village de Johan van der Keuken

Bagdad

Homeland : Irak année zéro de Abbas fahdel

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 Barcelone

En construcción de  José Luis Guerin

Bénarès

Le Passeur de Gianfranco Rossi

Berkeley

At Berkeley de Frederick Wiseman

Berlin.

Berlin, symphonie d’une grande ville de Walter Ruttmann

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 Bologne

Bologna centrale de Vincent Dieutre

Buenos Aires

Avenue Rivadavia de Christine Seghezzi

 Después de la revolucíon de Vincent Dieutre

 Calais

Qu’ils reposent en révolte de Sylvain George

 Calcutta

Calcutta  de Louis Malle

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Chongqing

Derniers jours à Shibati de Hendrick Dusollier

 Clermont-Ferrand

Le chagrin et la pitié de Marcel Ophuls

Clichy

Clichy pour l’exemple d’Alice Diop

 Detroit

City of dreams. Detroit une histoire américaine de Steve Faigenbaum

Forbach

Retour à Forbach de Régis Sauder

Gênes

La bocca del lopo, Pietro Marcello

 Kinshasa

Kinshasa Makambo de Dieudo Hamani

 La Nouvelle Orléans

 Tchoupitoulas de Bill et Turner Ross

 Le Caire

Tahrir, place de la libération de Stéphano Savona

Lisbonne

Dans la chambre de Vanda de Pedro Costa

 Los Angelès

Mur Murs d’Agnès Varda

Marseille

La République Marseille de Denis Gheerbrant

Marseille contre Marseille de Jean-Louis Comolli

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 New York

In Jackson Heights de Frederick Wiseman

Taxiway d’Alicia Harrison

 Nice.

À propos de Nice de Jean Vigo

a propos de Nice 9

 Odessa.

L’homme à la caméra de Dziga Vertov

 Ouagadougou

Ouaga girls de Thérésa Traore Dahlberg

Paris

Amour rue de Lappe de Denis Gheerbrant

Daguerréotypes d’Agnès Varda

Paris de Raymond Depardon

Carnet de notes sur vêtements et villes de Wim Wenders

Jaurès et Bonne-Nouvelle de Vincent Dieutre

Géographie humaine de Claire Simon

Place de la République de Louis Malle

Le joli mai de Chris Marker

Chats perché de Chris Marker

Paris est une fête de Sylvain George

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Pékin

Dimanche à Pékin de Chris Marker

Comment Yukon déplaça les montagnes de Joris Ivens et Marceline Loridan

Perpignan

Cas d’école de Christophe Coello

 Phom Penh

S 21 de Rithy Panh

 Rio de Janeiro

Edificio Master de Edouardo Coutinho

Rome

Rome désolée de Vincent Dieutre

Sacro Gra de Gianfranco Rosi

 Sao Paulo

Le rêve de Sao Paulo de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana

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Santiago

La bataille du Chili de Patricio Guzman

Sarajevo

Sarajeviens de Damien Fritsch

Sarajevo film festival de Johan Van der Keuken

 Sète

Les plages d’Agnès d’Agnès Varda

Tel Aviv

Là-bas de Chantal Akerman

Tokyo

Sans soleil de Chris Marker

Valparaiso.

À Valparaiso de Joris Ivens

Savador Allende de Patricio Guzman.

Vienne

Vienne avant la nuit de Robert Bober