S COMME SCOLARITÉ – Galerie d’images.

De la maternelle jusqu’au lycée. Ici et ailleurs. En classe, aux côtés des enseignants et surtout des enfants.

Révolution école, (1918 – 1939), Joanna Grudzinska.

L’histoire des pédagogies nouvelles. les thèses et les actions concrètes de ceux qui sont restés dans l’histoire de la pédagogie comme des pionniers, des visionnaires, des révolutionnaires

Dis maîtresse Jean-Paul Julliand.

La petite section de la Maternelle. La découverte de l’école pour les enfants. Devenir élève, le premier apprentissage

Récréations, Claire Simon.

Une cour de récréation où les enfants sont livrés à eux-mêmes. Leurs jeux et les relations interpersonnelles. Les petits peuvent être cruels entre eux.

Être et avoir, Nicolas Philibert.

Une classe unique à la campagne. Un modèle qui tend à disparaître. Un film qui connu un énorme succès populaire.

Les lucioles, Bérangère Jannelle.

La fin de l’école primaire. La mise en avant de la poésie et de l’art dans la formation des enfants.

L’école de l’impossible (fragments de vie). Thierry Michel et Christine Pireaux

En Belgique. les grandes questions que pose la scolarité des adolescents et la construction de leur identité personnelle

La chine est encore loin, Malek Bensmaïl.

En Algérie, la vie d’une école de campagne, quelque part dans les Aurès, pendant une année scolaire.

Examen d’Etat, Dieudo Hamadi.

En Afrique, en République démocratique du Congo, l’examen de fin de scolarité qu’il faut réussir à tout prix.

A kind of magic, Naesa Ni Chianain et David Rane.

Une école privée en Irlande, où l’accent est mis sur la relation quotidienne des enseignants et des élèves.

B COMME BELLEVILLE.

Les marches de Belleville, Brigitte Tijou, 2019, 60 minutes.

Vous vous souvenez du film de Laurent Cantet,  Entre les murs, Palme d’or à Cannes en 2008. Un film qui nous faisait entrer dans une classe d’un collège du nord de Paris, à Belleville. Et qui nous faisait rencontrer une bande d’adolescents, plus indisciplinés les unes que les autres, surtout les filles. Vous vous souvenez sans doute de deux ou trois de ces gamines impertinentes, qui menaient la vie dure aux profs, qui leur tenaient tête et qui n’hésitaient pas à les regarder droit dans les yeux lorsque elles faisaient l’objet de remarques, de remontrances et de rappel à l’ordre.

Entre les murs n’a jamais été présenté comme un documentaire. Mais il en avait tout l’air. Et pas seulement l’air d’ailleurs. Certes les élèves ados étaient considérés comme des acteurs. Mais ils jouaient leurs propres rôles – ou des rôles qu’ils connaissaient bien pour les côtoyer quotidiennement. Et ils « jouaient » particulièrement bien d’ailleurs, car ils n’avaient guère à se forcer. Quant au prof (le personnage principal interprété par François Bégaudeau), il retrouvait là une fonction qu’il avait occupée dans le passé. Il en avait fait un récit autobiographique dont le film est une adaptation. Bref on n’est pas loin du Jean Rouch de La Pyramide humaine (un film réalisé avec des lycéens africains) passé maître dans l’art d’appréhender le réel à travers une « fictionnalisation », elle-même fictive, de la réalité.

Que sont devenus ces adolescents, acteurs le temps d’un film, qui eurent l’honneur de fouler le tapis rouge de Cannes. Que font-ils 10 ans après. Leur vie a-t-elle été modifiée (bouleversée ?) par le cinéma. Et quels souvenirs – quelles impressions, quels ressentis – ont-ils gardés de cette expérience unique.

Brigitte Tijou a eu la lumineuse idée de partir à leur recherche et de les faire se retrouver entre eux. Dans son film elle leur donne la parole par petits groupes de deux ou trois. Et ce qu’ils ont à nous dire va bien au-delà de la simple évocation d’un beau souvenir de cinéma.

Tous reconnaissent d’abord que cette expérience du film  a  créé des liens entre eux, les avait «soudés » comme ils disent. Et si une partie a quitté le quartier, la majorité est restée à Belleville et  y reste très attachée.  Mais leur retrouvaille devant une nouvelle caméra est surtout l’occasion d’évoquer leur trajectoire, de se pencher sur ce qu’ils sont devenus à partir de leur sortie du collège et de l’orientation (fin de troisième donc) qui leur a été proposée – ou plus exactement imposée. Certes, le premier de la classe a pu poursuivre sa scolarité secondaire dans un lycée prestigieux, mais les autres, ceux qui n’ont pas été dirigés vers l’enseignement général ? Ils ont clairement le sentiment de ne pas avoir choisi leur avenir, de ne pas avoir été maître de leur destin. Néanmoins, le film n’est pas totalement pessimiste. Ces jeunes adultes ne sont pas désespérés. Et l’on a le sentiment que la force qu’ils ont pu ressentir un jour, dans une merveilleuse expérience cinématographique, rayonne encore en eux. Son évocation n’a rien de simplement nostalgique. Au contraire elle réactive en eux le dynamisme et la vivacité d’esprit qui les caractérisaient alors.

Incluant dans son déroulement quelques images du tournage d’Entre les murs – en particulier les essais devant la caméra des élèves qui en deviendront les acteurs et actrices – Les marches de Belleville est aussi un hommage au cinéma.